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Orwell Orwell 9 juin 18:23

@bubu12

L’humour de Papacito & sa clique s’appuie sur la métapolitique. La métapolitique c un vieux mot qui vient au départ de la philosophie et dans son acception la plus moderne peut vouloir dire quelque chose comme "Influencer la politique, sans en faire". Si cette idée peut être utilisée pour décrire toutes sortes de phénomènes, elle a surtout été théorisée comme stratégie par le courant de la Nouvelle Droite française, dans les années 60, sur la base de sa réflexion sur l’hégémonie. L’idée : c dur de parler de leurs idées dans le contexte des années 60. Donc au lieu de parler de leurs idées, ce qui ne marcherait pas, il vaut mieux être ailleurs pour préparer, par distillation lente de celle ci. La stratégie métapolitique s’accompagne d’une obsession pour "le point de non-retour, ce moment où la culture au sens large aura suffisamment été influencée pour qu’on puisse révéler ses vraies couleurs sans risque. Vous pouvez prendre n’importe quel Youtubeur d’extrême-droite populaire, vous avez pas mal de chances que ce soit une ligne qu’il a utilisé à un moment ou à un autre : c pas *vraiment* de l’analyse, c *juste* des blagues.

La Nouvelle Droite a beaucoup influencé ce qui s’est mis à s’appeler l’alt-right aux Etats-Unis, et c’est de là que vient l’obsession de celle-ci pour l’idée de faire des convertis par "la guerre des memes", qui à une époque relevait dans leur esprit littéralement de l’idée qu’en faisant suffisamment de blagues sur 8chan à base de trucs de plus en plus random on finirait par convertir au néofascisme. C’est pourquoi l’ED s’investit tant dans les industries culturelles : on sait qu’un certain nombre d’espaces a priori pas politisés sont visés en ce sens, notamment ceux liés à la "culture geek", cf. Sad Puppies, GamerGate, etc. Au-delà des memes sur Pepe la Grenouille et sur les verres de lait (qui jouent un rôle, mais finalement servent plus à entretenir un in-group et à travailler son acceptabilité qu’à recruter) il n’y a pas qu’un but de provocation : il y a aussi un projet de se rendre sympathique et de changer ce qu’il est possible de dire en public.

Ça ne veut évidemment pas dire que toute personne qui fait de l’humour provocateur est forcément en train de faire un subtil travail d’endoctrinement. Souvent une blague est une blague. Mais parfois une blague répétée ad nauseam et dont on ne dit pas la chute n’est pas une blague. 





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