• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV Mobile

Signaler un abus

Conférençovore (---.---.7.147) 22 mars 10:58
Conférençovore

"BS s’interroge sur le volte-face de Macron le lendemain de sa sortie au théâtre par exemple."


Disons qu’elle pense qu’il n’y a pas de réflexion derrière et que Macron s’est entêté dans une voie sans jamais la questionner. Il me semble que c’est en partie juste mais à nuancer. Le fait que Macron et le gouvernement se soient entêtés est évident mais il y a d’autres éléments à prendre en compte et qui donnent une vision de la situation plus complexe que la simple incompétence ou obstination. D’abord il y a l’opacité : qui a déjà lu un rapport du fameux Conseil Scientifique ? Personne. Ils ne sont pas publics alors que nous sommes censés faire face à une grave crise sanitaire et que les décisions reposeraient dessus. A l’évidence rien n’est transparent et depuis le début. Tout ce à quoi nous assistons ce sont des exercices de communication anxiogènes (pour ceux qui les regardent avec des décomptes macabres et sujets à caution). On ne peut également écarter l’opacité qui a régné quant aux morts, ces témoignages indiquant qu’il existait des consignes de mettre sur le dos du covid tout un tas de décès. On ne peut non plus occulter le fait inédit dans l’histoire de la médecine que fut et est encore l’interdiction aux médecins de prescrire et plus largement le fait que les généralistes aient, pour la première fois, été complètements écartés du parcours de soins. On ne peut également occulter les études de certaines revues (la plus célèbre étant ce scandale du Lancet), le fait d’avoir délibérément écarté certains traitements et enfin toutes ces mesures liberticides. 


A mon sens, ce qui s’est passé c’est qu’au niveau de Macron (au-dessus, je laisse les complotistes qui savent déjà tout détailler) a seulement saisis la fabuleuse opportunité que constituait cet épisode. Souvenons-nous des GJ... Alors que fin 2018, la répression sanglante était pointée à l’international et que la contestation battait son plein, début 2020, à deux ans de l’échéance, débarque cette épidémie mondiale. L’aubaine était fabuleuse pour lui. Aux prétextes sanitaires, il a pu (comme d’autres pays d’ailleurs... cela n’a pas arrangé que notre Mozart de la politique à nous) restreindre tout un tas de libertés et notamment celles de manifester, de circuler, sachant que celle de s’exprimer est déjà bien restreinte depuis les années 70 par vagues successives. Il a donc l’occasion formidable d’un Président très contesté d’avoir une population sous cloche. Tout ce qu’il a autorisé (au nom de "l’émotion qui passait avant le droit" selon Castaner) fut les gesticulations de la fratrie malienne anti-française Traoré.

Restreindre ces libertés, c’est aussi désorganiser les mouvements politiques opposés. Empêcher les militants de se réunir est un très bon moyen de les affaiblir. Mieux encore, pour éviter la claque électorale, l’idéal est tout simplement de pouvoir reporter les élections ou instaurer un climat de peur qui garantit que bcp ne se déplaceront pas. Le covid a également été une formidable opportunité pour mettre sous le tapis toute la question sociale, la question de l’insécurité, les problèmes de logement, etc. Seules les énormes difficultés de l’Hôpital n’ont pas pu être planquées mais globalement, à part des restaurateurs qui font des vidéos désespérées sur certains réseaux sociaux, il n’y a plus de lutte commune, plus de manifestations, plus d’attroupements, ne serait-ce que pour discuter. Il n’y a plus que eux qui parlent via les médias aux gens qui veulent bien les écouter et le reste. Il n’y a plus que la machine étatique et les gens qui la contrôlent et le reste, suspendus à leurs décisions de réouverture ou pas de ceci ou cela, d’aides accordées ou pas, d’attestations à produire ou non. 


Certains diraient que le pouvoir s’est renforcé mais à titre personnel, je pense que c’est tout à fait temporaire et que si cela a pu tenir un an, cela ne le peut davantage. Ils voulaient nous caser de nouveau un confinement localisé mais ont du partiellement reculer sachant parfaitement qu’il ne serait pas accepté. Et désormais, ils parlent bien d’une sortie de crise, sortie qui leur permettra (à l’instar de Sarko qui s’est présenté en sauveur de la France suite à la crise de 2008) de vanter leur bilan pourtant catastrophique en mode "cela aurait été pire avec d’autres que nous".


La démocratie a-t-elle reculé ? Déjà nous sommes en démocratie très relative (représentative). Ensuite, avant la crise, la France n’était déjà plus une nation souveraine sur le plan monétaire, juridique, territorial et en bonne partie diplomatique et militaire. Avec la crise, notre niveau de dépendance par la dette a littéralement explosé rendant notre pays encore moins souverain. Est-ce que le poudré a obtenu plus de pouvoir à son niveau à lui ? Nous sommes obligés de répondre que lui et sa clique en ont eu assez pour mettre le pays sous cloche... mais au-delà de cela, cela n’a rien d’évident. Ruffin dit lui-même qu’à l’A.N., ils ne voient pas passer grand chose. Cette chambre d’enregistrement était déjà ce qu’elle était avant la crise. Bref, sans doute que là où toute cette histoire a eu le plus d’impact, c’est principalement sur une bonne partie de la population. Et cela tout le monde peut l’observer. Qu’est-ce qu’il y a de rationnel de se masquer alors qu’on est seul au volant de sa voiture ou en extérieur avec très peu de monde autour ? A mon sens, c’est cela le plus inquiétant : ce climat de terreur et aussi d’abattement qui n’est pas non plus généralisé mais a frappé une partie de la pop et avec probablement des effets durables. 




Palmarès