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Accueil du site > Tribune Libre > Anne-Cécile Robert : « L’influence de la France dans le monde »

Anne-Cécile Robert : « L’influence de la France dans le monde »

Anne-Cécile Robert est une journaliste, spécialiste des institutions européennes et de l'Afrique, membre du comité de rédaction et du directoire du Monde diplomatique. Elle s'intéresse particulièrement aux systèmes politiques et institutionnels et à la démocratie, ses limites et fonctionnements.

Docteur en droit européen, elle est également professeur associé à l’Institut d'études européennes de l’université Paris-VIII.

Elle s'est opposée au projet de constitution européenne.

Elle est vice-présidente de l'association pour une constituante.

https://www.pouruneconstituante.fr/

 

Tags : France Economie International




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12 réactions à cet article    


  • vote
    PumTchak PumTchak 23 octobre 14:12
    Difficile de réagir, car elle aborde plein de sujets tout autant intéressants les uns les autres qui méritent autant de débats.

    Au moins, elle s’interroge quoi faire de la France. Ce qui est inhabituel avec les politiques qui se contentent de flatter, ou de brailler, et qui savent très bien qu’ils n’ont rien d’autre à proposer que la dilution du pays dans l’économique mondiale et des instances diverses et lointaines.
    .
    A la place de puissance dans le monde, j’emploierais plutôt le mot rayonnement. Devant la Chine, puis l’Inde et d’autres puissances montantes, on sait qu’on perdra le poids économique et industriel. Elle l’a évoqué, la France est surtout une image : son prestige diplomatique issu des idées de la révolution française, une certaine culture, un art de vivre s’il en reste, etc... c’est là dessus que le pays peut encore être écouté.
    .

    Sauf les derniers propos à la fin de la vidéo, où elle déclare que l’assemblée ne pourrait être formée que d’élus communaux, je suis un peu sceptique sur une constituante. Celle de 1789, ou celle bolivarienne de Chavez, n’ont été possibles que parce qu’il y avait un moment d’enthousiasme particulier, où le souffle de l’histoire revient. En l’état, en France, il y a tellement d’antagonismes, de contentieux, sujets clivants et revanches à prendre, que je doute que l’intelligence revienne pour l’imagination d’une nouvelle constitution dont le pays a besoin.

    A vue de nez, je vois un retour de balancier, vers un pouvoir parlementaire. Sauf que les français sont encore trop idéologisés, trop conceptuels, la France n’a pas la tradition parlementaire d’un Royaume Uni ou d’une Allemagne. C’est avec un état qui s’occupe des grandes entreprises et des biens sociaux que le pays est en bonne santé, donc un exécutif fort (et souverain).

    Sur le sujet de la démocratie, je verrais plutôt l’autonomie des communes, y compris en partie législative. Les habitants auraient enfin le pouvoir sur les réalités locales et la vie quotidienne, ils apprendraient l’exercice des concertations et des décisions, ils en mesureraient aussi les effets sur lesquels ils pourraient agir. 
    .
    Sinon, à première vue, je pourrais très bien voter pour elle si elle est candidate.

    • vote
      pegase pegase 23 octobre 16:19

      @PumTchak

      Au moins, elle s’interroge quoi faire de la France.


      La France est l’Israël du nouveau testament, et elle doit le rester quoi qu’il arrive, message aussi bien valable pour les judaïsants que pour les mahométans !


      Ce qui est inhabituel avec les politiques qui se contentent de flatter, ou de brailler, et qui savent très bien qu’ils n’ont rien d’autre à proposer que la dilution du pays dans l’économique mondiale et des instances diverses et lointaines.


      Pour le moment il y a toujours des taxes d’imports pour faire rentrer des marchandises dans l’espace économique de libre échange européen EEE (qui inclue également l’AELE, sauf la Suisse), il n’y a que l’article 63 du TFUE qui pose quelques problèmes ...

      Donc on est pas encore dans une économie mondialisée smiley

      (je connais une boite qui vient de se ramasser 400 000 euros de redressement fiscal en tentant entre autre de s’affranchir des taxes douanières Vietnam => UE, leur production se fait au Vietnam).


    • 1 vote
      Joe Chip Joe Chip 23 octobre 23:49

      @PumTchak

      A la place de puissance dans le monde, j’emploierais plutôt le mot rayonnement. Devant la Chine, puis l’Inde et d’autres puissances montantes, on sait qu’on perdra le poids économique et industriel. Elle l’a évoqué, la France est surtout une image : son prestige diplomatique issu des idées de la révolution française, une certaine culture, un art de vivre s’il en reste, etc... c’est là dessus que le pays peut encore être écouté.

      Conneries. Ces propos sont recevables comme analyse politique subjective mais ne valent rien en termes factuels, pourquoi les Chinois, encore à l’heure actuelle, consacreraient encore autant de moyens humains et de ressources à espionner nos entreprises, amadouer nos fonctionnaires, voler nos technologies ? 

      La France reste un des pays les plus en pointe dans un certain nombre de secteurs clés en termes de souveraineté : nucléaire, aéronautique... même sur le plan militaire, nous sommes un des seuls pays au monde à posséder une armée "complète" capable de projeter ses forces sur tous les théâtres d’opération du monde (même si cela devient compliqué avec nos moyens en baisse). En dehors des USA la France est le seul pays à posséder un porte-avion nucléaire et nous serions déjà déclassés face à l’Inde dont les trois quarts des habitants vivent encore dans des bidonvilles ? 

      Et les sous-marins qu’on a vendus l’année dernière en Australie dans le cadre du "contrat du siècle" à 34 milliards ? C’est quoi ? De l’art de vivre ? 

      On ne peut pas nier l’affaiblissement progressif et significatif de la France sur le plan économique et industriel dans un monde "mondialisé", mais dire qu’il ne resterait comme armes à la France qu’une "certaine culture" (j’adore cette formulation maso bien condescendante qui ne veut rien dire du tout en plus) et un "art de vivre (s’il en reste)" est une monumentale connerie qui ne fait que traduire le défaitisme et le narcissisme contrarié d’une partie des "Français"C’est tout simplement indéfendable sur le plan factuel et cela constitue non seulement une injure envers les millions de gens dans ce pays qui se cassent encore le cul mais aussi une injure à tous les habitants des autres pays qui rêveraient d’avoir nos moyens (demandez à un Argentin par exemple).  

      Il faut arrêter avec ce misérabilisme condescendant et voir la réalité française comme elle est, c’est à dire celle d’une puissance moyenne à vocation mondiale qui conserve encore quelques atouts maîtres dans sa poche.

      A vue de nez, je vois un retour de balancier, vers un pouvoir parlementaire. Sauf que les français sont encore trop idéologisés, trop conceptuels, la France n’a pas la tradition parlementaire d’un Royaume Uni ou d’une Allemagne. C’est avec un état qui s’occupe des grandes entreprises et des biens sociaux que le pays est en bonne santé, donc un exécutif fort (et souverain). 

      C’est la fête à La Palice, la foire aux idées reçues chères à Flaubert ! Ah ma pauvre dame, nous sommes "trop idéologisés" en France - ça ne veut rien dire mais c’est pas grave - "trop conceptuels", et puis nous ne sommes ni Anglais, ni Allemands - c’est vrai que la "tradition parlementaire" des Allemands on se l’est bien prise dans la gueule par trois fois - ah ! Quel grosse malheur que d’être né Français  !

      Et puis c’est vrai qu’il n’est pas du tout contradictoire de vouloir un parlementarisme à l’anglaise associé à un "exécutif fort" et un Etat planificateur qui s’occupe "des grandes entreprises et des biens sociaux" (Vichy quoi), c’est qu’en plus le Français est cohérent ! smiley


    • vote
      Zatara Zatara 24 octobre 00:19

      @Joe Chip
      Et puis c’est vrai qu’il n’est pas du tout contradictoire de vouloir un parlementarisme à l’anglaise associé à un "exécutif fort" et un Etat planificateur qui s’occupe "des grandes entreprises et des biens sociaux" (Vichy quoi), c’est qu’en plus le Français est cohérent !

      L’occident est donc Vichyste. Merci pour l’info... Comme si l’exécutif avait déjà était indépendant des plus grandes entreprises nationales, ou que ce soit, depuis la naissance des industries....


    • vote
      PumTchak PumTchak 24 octobre 07:26

      @pegase

      La France est l’Israël du nouveau testament

      C’est une jolie formule, mais je n’ai pas compris de que vous voulez dire.

      .

      Pour le moment il y a toujours des taxes d’imports

      Je le constate moi-même en payant plus cher les droits de douane que les fournitures elles-mêmes que j’achète à des artisans. Ce qui me pousse à renégocier les prix à mes petits fournisseurs alors que ce n’est pas mon état d’esprit.

      Mais quand je parle mondialisation, je parle de confusion entre la vente à l’étranger des biens productifs, pour produire moins cher ou chercher du cash pour alimenter les caisses de l’état, au lieu de protéger et valoriser les biens productifs pour vendre les productions.


    • vote
      PumTchak PumTchak 24 octobre 07:41

      @Joe Chip 

      .

       

       pourquoi les Chinois, encore à l’heure actuelle, consacreraient encore autant de moyens humains et de ressources à espionner nos entreprises. Cela fait 40 ans qu’ils le font, c’est leur mode d’activité économique. Ils copient jusqu’à maîtriser la technologie, puis la développent eux-mêmes. Ils font ça à tous les pays. Quand ils négocient un contrat industriel, ils imposent à chaque fois le fameux "transfert de technologies". Dans les années 80, j’étais avec un viet dans la rue, arrivé en boat people avec ses parents. Il est resté en arrêt devant un magasin de vêtements, à regarder une veste en cuir pendant 5mn. Une semaine après, il avait la même sur lui : elle n’était pas tombée du camion, mais confectionnée dans sa chambre.

       

      .

       

      La France reste un pays en pointe... Oui, "reste"... Parce qu’on vit encore de l’héritage d’une politique industrielle passée. C’est tout. Et aujourd’hui, on se contente de privatiser, en guise de politique économique. On vend maintenant la Française des Jeux, et puis les aéroports, et puis les barrages : on attaque le dur. ...dans un certain nombre de secteurs clés en termes de souveraineté : nucléaire, aéronautique. Vous savez bien qu’Alstom a été vendu à General Electric, qui fabrique maintenant nos réacteurs nucléaires, si précieux à notre indépendance énergétique, stratégique et même à notre argument commercial, d’où les derniers déboires avec les chinois et les indiens pour des installations de centrales (en mettant de côté l’opinion qu’on peut avoir sur le nucléaire)... J’y reviens au post suivant.

       

      .

       

      Son rayonnement. La France est le premier pays touristique au monde, depuis des décennies. C’est comme ça, elle attire. La France n’est pas un pays qui se passionne pour défendre ses intérêts, mais pour la veuve et l’orphelin : ça vient de son histoire et de sa culture (le siècle des lumières, la révolution française et les droits de l’homme). Vous l’avez rappelé vous-même récemment : c’est Christopher Soasme qui a dit que le français est celui qui défend le mieux l’intérêt général dans les instances internationales. C’est cette attitude là qui a permis au Liban de se maintenir et de se refaire après dix ans de guerre civile à Beyrouth, avec les camps antagonistes devenus parties-prenantes au gouvernement du pays (président toujours maronite, premier ministre sunnite, président de l’assemblée chiite). On n’est pas des gros malins, comme les ricains à faire des contrats pour entuber les autres, ce n’est pas notre tempérament. On ne joue pas au poker où on a le droit de tricher, on joue au tarot où à la belote où c’est le meilleur qui gagne selon les règles. On préfère réconcilier plutôt que vaincre : c’est en ce sens qu’on est mieux respectés et qu’on entretien les meilleurs rapports, culturels et commerciaux.


    • vote
      PumTchak PumTchak 24 octobre 08:15

      @Joe Chip

      .

      nous sommes "trop idéologisés" en France (…) un Etat planificateur qui s’occupe "des grandes entreprises et des biens sociaux" (Vichy quoi). Eh bien oui, vous êtes idéologisé…

      .

      La question de la richesse en France a été traitée avec l’école des physiocrates, la première école économique moderne : elle vient des productions agricoles, puis de celle des industries. C’est ce qui est comptabilisé. C’est le pays de Richelieu, Colbert, Vauban, des anciennes écoles de génie civil, des ponts et chaussées, de polytechnique, de l’aménagement du territoire, de la gestion des moyens de productions et des biens communaux, qui datent de la France gallo-romaine. L’idée de richesse, chez les anglais, puis américaine, vient de l’échange, du commerce, c’est la monnaie qui fait l’économie. C’est une autre construction de l’idée de richesse.

      .

      La révolution française a décidé la société des égaux et la détestation des castes, des privilégiés, des rentiers. C’est la raison de la loi Le Chapelier, de 1791, votée contre les castes de métiers, les corporations : elle est logique. Mais elle a aussi freiné durablement le syndicalisme jusqu’à la loi Waldeck Rousseau de 1884, après l’éruption de la Commune de 71.

      C’est Napoléon (je parle du réformateur, pas du massacreur) qui a reconstitué les institutions et l’administration de l’état français, gestionnaire et centralisateur, porteur des idéaux non plus de la monarchie mais de l’égalité des hommes. Il a créé la Banque de France en 1800, le franc fort, stable qui deviendra républicain, avec les 200 actionnaires les plus riches au Conseil d’Administration. Mais c’est aussi cette banque qui a agrégé les grandes dynasties françaises (Wendel, Peugeot, Schlumberger, Boussac, Seillière, Rothschild, Schneider, Worm, etc…) : les deux cents familles, le mur d’argent, la nouvelle caste, qui a concentré les moyens productifs du pays. C’est pourquoi le paternalisme de morale catholique a prévalu dans les industries (quand il existait), en guise de droits sociaux.

      Le socialisme économique ET social de Proudhon, Fourier, Considérant, coopératif, autogestionnaire, qui a des racines dans les corporations, n’a pas pu prendre greffe en dépit de la Commune, dans un pays devenu dual entre les revendications sociales des nouveaux dépossédés CONTRE la nouvelle caste des possédants des biens économiques. Le droit syndical est revenu dans une société devenue entretemps industrielle, des ouvriers et des bourgeois, c’est le socialisme marxiste qui a pris, l’Internationale et la SFIO qui a fracturé le Radical Socialisme, héritier républicain de la Révolution.

      C’est dans ce contexte qu’est née l’école publique de Ferry, gratuite, accessible à tous, émancipatrice, avec l’état jacobin. Mais aussi loin des activités économiques, avec les CAP et BEP en rebut pour les moins bons, l’apprentissage pour parent pauvre. Le prestige des intellos, le mépris des manuels en écho des possédants et des dépossédés. Les compagnons du Devoir et du Tour de France, de tradition corporative, qui ont failli disparaître plusieurs fois n’ont aujourd’hui que des CAP ou des BEP, ils sont pourtant disputés par les employeurs, tant pour leur savoir faire que leur savoir être.

      Les idéologies françaises ne sont toujours pas sorties de la tabula rasa de 1789 : ancien-mal-réactionnaire, nouveau-bien-progressiste, qui ont fini par rendre antagonistes l’économique et le social.

      .

      On ne va pas s’étendre sur de Gaulle : l’économie mixte, les plans quinquennaux (c’est communiste ou colbertiste ? Z’avez 4 heures), l’état pépinière des grandes industries nationales, où s’exprime l’ingénierie française, qui entretiennent les commandes et la vie des PME (le « miracle japonais » après la guerre est du même procédé : le capitalisme d’état).

      Le programme de Pétain, pendant la guerre, en a été très proche, j’ai mis le lien le 20 octobre à 00 :55 : https://www.liberation.fr/societe/2012/10/19/marechal-nous-y-revoila_854540. Je ne vais pas « réhabiliter Pétain », on s’en fout, aujourd’hui c’est un tas d’os. Pétain a géré la France qui a perdu, de Gaulle a fait de la France envahie, un pays vainqueur : tant mieux pour le vainqueur, tant mieux pour nous. Mais c’est plus facile de faire de Pétain un bouc émissaire, que de constater la proximité des deux personnages qui se croisés dans l’histoire, soucieux de maintenir les acquis de la tradition et de profiter des progrès possibles, de réconcilier l’économique et le social. C’est aussi en respectant les vaincus qu’on tire les leçons utiles de son histoire.


    • vote
      Joe Chip Joe Chip 24 octobre 10:41

      @Zatara

      Et puis c’est vrai qu’il n’est pas du tout contradictoire de vouloir un parlementarisme à l’anglaise associé à un "exécutif fort" et un Etat planificateur qui s’occupe "des grandes entreprises et des biens sociaux" (Vichy quoi), c’est qu’en plus le Français est cohérent ! 

      L’occident est donc Vichyste. Merci pour l’info... Comme si l’exécutif avait déjà était indépendant des plus grandes entreprises nationales, ou que ce soit, depuis la naissance des industries....

      C’est amusant comme certains ne tolèrent que leurs propres sarcasmes.


    • vote
      Joe Chip Joe Chip 24 octobre 12:09

      @PumTchak

      Vos anecdotes personnelles sur les "viets" n’ont aucun rapport avec le sujet. Non, les Chinois ne le font pas avec tous les pays, ils le font seulement avec les pays qui ont un capital intellectuel et technologique.à protéger.

      Vous décriviez un pays réduit à vendre de la bouffe et une culture au rabais pour tout "prestige" alors que la France était l’année dernière le troisième exportateur d’armes dans le monde : il y a donc un décalage grotesque entre cette description complaisante et la réalité matérielle (vous savez ce qui "est" indépendamment de ce que vous pouvez en penser, cf. matérialisme dialectique). Je vous ai fait remarquer que cette vision fantasmée des choses traduisait surtout votre humeur personnelle et ne correspondait pas à la réalité, en vous soumettant des faits, ensuite vous êtes libre d’en penser ce que vous voulez, cela ne m’intéresse plus.

      Le but de me propos n’était pas du tout de nier ou de minimiser les problèmes structurels et conjoncturels que rencontrent l’industrie française dans un monde qui a considérablement évolué depuis les années 50, mais pour cela il faut poser les bons diagnostics sont tomber dans l’angélisme ou le misérabilisme souverainiste à deux balles. 

      La question de la richesse en France a été traitée avec l’école des physiocrates, la première école économique moderne : elle vient des productions agricoles, puis de celle des industries. C’est ce qui est comptabilisé. C’est le pays de Richelieu, Colbert, Vauban, des anciennes écoles de génie civil, des ponts et chaussées, de polytechnique, de l’aménagement du territoire, de la gestion des moyens de productions et des biens communaux, qui datent de la France gallo-romaine. L’idée de richesse, chez les anglais, puis américaine, vient de l’échange, du commerce, c’est la monnaie qui fait l’économie. C’est une autre construction de l’idée de richesse.

      Merci pour ce cour d’introduction à l’histoire de France, mais outre le fait que je connais bien toutes ces généralités qu’il faudrait par ailleurs nuancer sur le "pays de Richelieu", je ne vois pas le rapport avec le sujet ni avec le caractère péremptoire et erroné de certaines affirmations. Voilà, il y a juste des choses vraies et des choses fausses, ensuite la manière dont vous rationalisez tout ça en allant chercher des articulations dans votre manuel d’histoire de France c’est votre problème. J’ai quand même bien rigolé sur "la gestion des moyens de productions qui datent de la France gallo-romaine". La France gallo-romaine, déjà, cela n’existe pas d’un point de vue strictement historique et chronologique où la France ne précède et ne procède pas du monde "gallo-romain" : cela n’existe ou ne peut exister qu’à travers le regard que vous jetez à rebours sur l’histoire dans le but d’établir une linéarité entre le monde gallo-romain et le "pays de Richelieu". Je pourrais vous citer quantité de batailles ou de simples faits dynastiques qui auraient pu totalement modifier cette trame et faire aboutir à un pays qui aurait été bien différent. Une partie de notre découpage territorial (routes, villages) provient effectivement de la Gaule romaine mais on pourrait appliquer le même type de raisonnement à de nombreux pays et tout particulièrement aux zones incluses dans l’Empire Romain : il n’y a pas de typologie spécifiquement "française" à ce niveau permettant de définir une "essence" historique qui la distinguerait radicalement d’autres pays. Idem pour l’Angleterre, leur "idée de richesse" a beaucoup plus à voir avec le caractère insulaire et la climatologie (environnement moins favorable à l’agriculture) qu’avec une soi-disant "construction de l’idée de richesse" qui découle en réalité de ces conditions matérielles. Il vaut mieux être "libéral" et favorable au commerce quand on est amené à dépendre de l’extérieur pour nourrir sa population, cette idée n’a rien "d’anglaise". Les choses auraient pu tourner très différemment si les souverains anglais avaient par exemple réussi à s’emparer du trône de France (guerre de cent ans). Le pays aurait conservé grosso modo le même organisation rationnelle du territoire héritée de l’époque gallo-romaine mais serait sans doute très différent de la France actuelle. A l’inverse si Phlippe Auguste n’avait pas vaincu le roi d’Angleterre et ses alliés germaniques et impériaux à la bataille de Bouvines, ce dernier aurait été couvert de prestige et aurait sans doute pu mater son aristocratie remuante (comme l’a fait le roi de France) et étouffer ce parlementarisme naissant issu de la fameuse Magna Carta. 

      Même aux USA, pays "neuf", toutes les villes principales sont en réalité situées sur d’anciens sites autochtones ou français dont leurs noms sont souvent dérivés (Chicago, Détroit...). Les peuples construisent sur l’existant, c’est à la fois logique et économique. Il y a même quelques économistes originaux qui considèrent que le libéralisme américain doit au moins autant aux idées européennes qu’à la vision "naturaliste" et "passe-frontières" de l’échange qu’avaient les amérindiens. Dans cette théorie, les colons français auraient adopté au contact des indiens cette pratique concrète et naturaliste de l’échange, ce qui leur aurais permis de tisser un réseau commercial et stratégique informel finissant par recouvrir un bon tiers du continent nord-américain (ce que les gens ont totalement perdu de vue aujourd’hui) et poser les bases de l’Amérique actuelle. Cette vision alternative de l’histoire n’est peut-être pas totalement rigoureuse ou démontrable, mais elle a au moins le mérite de poser un récit différent du canon officiel de l’histoire anglo-américaine. 

      En ce qui me concerne je me contente d’utiliser l’histoire pour mettre en perspective des évènements ou les réinscrire dans une chaîne de causalité historique. Cette causalité permet de comprendre la manière dont se sont cristallisées des identités historiques mais elle ne permet pas de donner un sens objectif à ces "constructions" à travers l’étude de l’histoire, qui ne viserait plus alors qu’à démontrer la nécessité de ce qui existe : c’est ce que font aujourd’hui les partisans de la mondialisation avec l’histoire "mondiale", en cherchant à prouver que le flux historique nous conduirait de manière organique vers une "gouvernance mondiale" alors qu’il s’agit bien entendu d’une vision idéologique de l’histoire. Le même raisonnement s’applique aux partisans de l’identité figée.

      Quand l’histoire est mise au service d’une idéologie ou d’une pseudo-démonstration, elle devient fantaisiste.


    • vote
      PumTchak PumTchak 24 octobre 13:19

      @Joe Chip

      Non, les Chinois ne le font pas avec tous les pays. Oui, c’est gentil de me préciser qu’ils ne pratiquent pas l’espionnage industriel au Yémen ou en Papouasie Nouvelle Guinée. Mon anecdote est pertinente car les asiatiques, en tout cas de l’Est, sont en général doués pour reproduire, industrieux et minutieux. J’en ai suffisamment rencontrés pour pouvoir le dire et les "clichés" ne sont pas nécessairement des pensées stupides. L’espionnage, de fait, est une extension, pour eux de leur aptitude à observer.

      Mon commentaire était long, à gros traits, pour simplement dire qu’un peuple ne peut pas être ce qu’il n’est pas. Il peut évoluer, adopter de nouveaux comportements, mais c’est tromper les français que de leur dire qu’ils sont aptes à une société libérale où chacun est sa propre aventure économique. L’étudiant qui invente dans son garage un procédé qui en fait l’homme le plus riche du monde, c’est américain, mais pas français. Même si on peut trouver çà et là des exceptions, des Roland Moreno, notre culture n’est pas faite ainsi. C’est la raison ma vue d’ensemble qui s’arrête à de Gaulle, car il me semble que la France n’est plus elle même, depuis. Je suis d’accord avec la colère d’Anne-Cécile Robert contre Mitterrand, ses deux présidences ont été une imposture.

      alors que la France était l’année dernière le troisième exportateur d’armes dans le monde. C’est sûr que ça fait bander les français. Voilà la France en force qu’on aime. Fabius et Le Driant sont nos champions de l’export et de la technologie française...

      J’en reste là, vous aimez trop l’insulte et le sarcasme.


    • 1 vote
      pegase pegase 23 octobre 16:56
      "L’aveuglement de la classe politique française"



      Ils ne sont pas aveugles, ils collaborent avec une puissance étrangère, c’est très différent !

      • vote
        Le Celte Le Celte 24 octobre 09:39

        L’ère du rayonnement Français de surcroît occidental est bel et bien révolu, Trump l’a bien compris et semble étriquer souverainement son pays pour le consolider face aux géants en développement qui attirent de plus en plus la lumière, suivez mon regard vers le soleil levant et ne regardez pas le doigt !

        l’Europe quant à elle est fragilisée par le pompage des banques américaines, et fait face à une montée du populisme, qui sont des mécontents choqués par la réalité du grand courant d’air. Bruxelles ne lâchera rien et ils seront prêts à instaurer la loi martiale s’il le faut, ach ! pour protéger leur institution technocratique, les Teutons sont têtus !

        En attendant j’ai constaté une prolifération de corvidés dans les secteurs habités, serait-ce un présage ? Bof ! ... la science avance, la mort recule, les pulls s’emmanchent, les téléphones s’enfilent et les températures augmentent.....on va tous crever et il est certainement là ! le véritable progrès sociétal ! smiley



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