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Jeudi Chouard n°2 (Sud Radio)

A quoi servent les journalistes ? Didier Maïsto reçoit Etienne Chouard et Viktor Dedaj.

Tags : Journalisme Etienne Chouard




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226 réactions à cet article    


  • 1 vote
    PumTchak PumTchak 23 mars 12:57

    @Zarata

    Et voilà...


    • vote
      Zatara Zatara 23 mars 13:54

      Rappel : une excellente conférence de Viktor Dedaj sur les médias et la mal-information ici


      • 1 vote
        Belenos Belenos 23 mars 14:38

        Il existe une méthode pour assurer l’indépendance des médias qui consiste, non à leur distribuer comme c’est le cas actuellement, des aides publiques décidées par des fonctionnaires ou des politiques, mais à distribuer au citoyen des "tickets ou chèques-information" que celui-ci pourra utiliser (ou pas) pour aider le média ou les médias qu’il aura lui-même choisis.

        Ainsi, au lieu de se voir prélever des impôts pour financer obligatoirement le salaire de Pujadas invitant BHL sur France 2 ou pour financer des journaux privés possédés par des milliardaires, chacun pourra, sans que cela coûte plus cher au contribuable, disposer de la possibilité de financer le journal papier ou la radio, ou la chaîne d’information de son choix. Ce "ticket d’information" lui permettra de payer un abonnement à la chaîne de Vincent Lapierre, par exemple (au lieu de financer contre son gré France 2, Le Monde, France-Inter, Libération, etc.) Ce chèque information ne serait pas convertible en autre chose, bien sûr.

        Ceci permet d’assurer un service public sans les inconvénients d’un contrôle étatique, ou même d’une administration publique qui sans cette précaution est par nature uniformisante. Chacun conserve ainsi le droit de choisir un média d’information qui ne plaît pas forcément à une majorité et de le financer à la hauteur de son droit au chèque-information. Cette méthode dépasse la dualité privé/public, elle est démocratique sans nuire à l’entreprise personnelle. Elle est déjà employée avec succès dans d’autres domaines de l’activité culturelle : 

        http://www.cheques-cadeaux-culturels.com/ou-utiliser-cheque-culture.html

        N’oublions pas aussi que c’est de cette manière que nous choisissons relativement librement notre médecin même si nous sommes remboursés en partie du prix de sa consultation et que c’est encore de cette manière que nous choisissons relativement librement notre logement même si nous touchons une allocation logement. Pourquoi n’en serait-il pas de même pour l’information ? 

        Cette voie me semble aussi plus évidente, plus facile à mettre en oeuvre, moins dangereuse pour la liberté d’expression et l’indépendance intellectuelle que celle qui repose sur le contrôle doublé d’un contrôle des contrôleurs dans une dynamique de poupées russes finissant par ressembler à une usine à gaz inquiétante et stérilisante ou chacun contrôle tout le monde. 


        • vote
          Belenos Belenos 23 mars 14:54

          Bien entendu, pour voir l’intérêt de la méthode de financement de l’information exposée ci-dessus, il faut renoncer à la volonté de contrôler la production et l’accès à l’information... des autres. Il faut accepter l’idée que vous n’avez pas le droit de choisir à la place des autres leur manière de s’informer, même si vous êtes très nombreux, même si vous trouvez que le choix des autres est mauvais, que les journalistes que les autres veulent financer sont stupides ou fous, etc. Vous aurez juste le droit de choisir votre propre média d’information, pas le droit de choisir pour les autres


        • vote
          Zatara Zatara 23 mars 18:36

          @Belenos
          ... avec ce système, dans un pays dont la population est dite ""multiculturelle"", on verrait directement une polarisation au niveau des médias. Et donc, les frictions de type ethnico-culturelle seraient inévitables si il n’y a rien qui transcende ce rapport de force (ex des EUA, dans une certaine mesure...).


        • vote
          Belenos Belenos 23 mars 19:09

          @Zatara
          Je n’ai pas compris. 


        • vote
          Zatara Zatara 23 mars 19:31

          @Belenos
          A propos de ce passage :

          Ainsi, au lieu de se voir prélever des impôts pour financer obligatoirement le salaire de Pujadas invitant BHL sur France 2 ou pour financer des journaux privés possédés par des milliardaires, chacun pourra, sans que cela coûte plus cher au contribuable, disposer de la possibilité de financer le journal papier ou la radio, ou la chaîne d’information de son choix. Ce "ticket d’information" lui permettra de payer un abonnement à la chaîne de Vincent Lapierre, par exemple (au lieu de financer contre son gré France 2, Le Monde, France-Inter, Libération, etc.) Ce chèque information ne serait pas convertible en autre chose, bien sûr.

          Le ticket d’information est en fait un chèque, dont le montant est le total des impôts alloués à l’information, divisé par le nombre de citoyen... C’est bien cela ?

          Dans un pays qui est "multi-culturel" et ou il n’y a pas de fierté patriotique, ou de transcendance politique, chaque citoyen votera pour un média qui reflètera sa propre culture ou même sa religion.

          (Je trouve que c’est une excellente idée, sur bien des aspects.... mais je cherchais juste à souligner une tendance, un effet secondaire, qui se dégagerait dans le cadre franco-français...)


        • vote
          Belenos Belenos 23 mars 19:46

          @Zatara
          On ne peut pas libérer quelque chose en imposant un mode d’emploi de la liberté. Chaque citoyen français fera lui-même le choix de l’entreprise, l’association ou la coopérative d’information, domiciliée en France et en langue française, qu’il voudra soutenir. 


        • vote
          Zatara Zatara 23 mars 20:26

          @Belenos
          ça, c’est dans l’absolu... mais quand "on" est dans une optique d’équilibre, aussi larvé fut il, on se satisfait d’un ersatz de paix, aussi frelaté qu’il soit....


        • vote
          Zatara Zatara 23 mars 20:29

          ... l’économique se satisfait d’une paix frelaté....


        • vote
          Belenos Belenos 23 mars 21:27

          @Zatara
          Pourquoi parlez-vous de paix ?? 
          De plus, il existe déjà des médias religieux ou communautaires, donc je ne vois pas ce que la méthode de financement que je décris changerait à cet aspect de la question. 


        • vote
          Zatara Zatara 23 mars 22:20

          @Belenos
          Pourquoi parlez-vous de paix ??
          Je parle de "paix" non pas dans le sens absolu et glorieux du terme mais plutôt comme un terme qui recouvrirait toutes les nuances situationnelles qu’on ne peut pas appeler guerre.... Une fausse paix, en quelque sorte, en écho à ce que quelqu’un comme Jean Michel Vernochet décrit comme une guerre civile larvé.
          De plus, il existe déjà des médias religieux ou communautaires, donc je ne vois pas ce que la méthode de financement que je décris changerait à cet aspect de la question.
          Je vois un paquet de point positif à la mesure que vous proposez, et ce que j’expose ici n’a absolument pas pour but de la dénigrer en l’état. Simplement, je fais la remarque que dans la situation actuelle et par rapport à ce qui a de très grande chance de se passer dans les 10/15 prochaines années, on peut se demander si le communautarisme ou l’ethnocentrisme n’y trouverait pas là, aussi, un sacré booster. En ce sens, je me demande si cette mesure ne serait pas un bâton de dynamite dans le mur idéologique du "vivre ensemble" (de toute façon en carton-pâte), et un sacré accélérateur vers un regroupement communautaire du style anglo-saxon. En faisant sauter une partie du Big Brother à la papa (ces vieux merdias), ça laisserait toute une multitude d’idéologies faisant fondamentalement partie de l’anti-France, avoir un accès à des revenus réguliers légaux. Sans parler de la diffusion. Donc sur le principe, c’est parfait. Mais vu le contexte, j’ai quelques doutes.


        • vote
          Zatara Zatara 23 mars 22:32

          @Belenos
          Il me semble qu’il y a un système équivalent pour le choix d’une école par les parents en Suède (ou peut être Norvège, je ne me rappelles plus exactement)... Ce sont des écoles privés qui, une fois choisi par les parents, reçoivent un chèque de l’état par élève...


        • vote
          Belenos Belenos 23 mars 22:34

          @Zatara
          Ok, je crois que je comprends mieux. Vous voulez dire qu’un effet indésirable de ce mode de financement des médias pourrait être un repli informationnel de chaque communauté sur elle-même. 

          Mais actuellement on est tous repliés de force sur la doctrine gouvernementale-oligarchique-médiatique. C’est encore plus sinistre. Je préfère une floraison de points de vue et d’approches différentes. Et puis si les platistes peuvent ainsi financer une chaîne de télé, finis les samedis soirs ennuyeux en famille ! 


        • vote
          Belenos Belenos 23 mars 22:41

          @Zatara
          "Il me semble qu’il y a un système équivalent pour le choix d’une école par les parents en Suède (ou peut être Norvège)"

          C’est une tendance qui s’affirme dans le monde pour tout ce qui touche à la culture, parce que c’est celle qui combine le mieux les exigences de liberté et d’égalité, d’indépendance et de cohésion sociale. 


        • vote
          Zatara Zatara 23 mars 22:56

          @Belenos
          Ok, je crois que je comprends mieux. Vous voulez dire qu’un effet indésirable de ce mode de financement des médias pourrait être un repli informationnel de chaque communauté sur elle-même.
          Exactement.
          Mais actuellement on est tous repliés de force sur la doctrine gouvernementale-oligarchique-médiatique. C’est encore plus sinistre.
          Oui. Mais c’est secondaire par rapport à ce que j’essaye d’expliquer... En réalité, c’est même pire, puisque personne n’est dupe et que chacun se politise ou se radicalise suivant les "nouveaux" clivages, en réaction. Il y a donc, à ce niveau, de mon point de vue un "marché" qui est presque mature (encore une fois, rapport de force à l’anglo-saxonne)....
          Je préfère une floraison de points de vue et d’approches différentes. Et puis si les platistes peuvent ainsi financer une chaîne de télé, finis les samedis soirs ennuyeux en famille !
          Moi aussi mais c’est oublié un peu vite que France 2 pourrait aussi être une chaine qui diffuse en arabe, et qui donne des cours de salafisme quiétiste...


        • vote
          Zatara Zatara 23 mars 23:04

          @Belenos
          ...et je me dois de préciser ici pour les mous de bulbe que ce n’est pas la religion qui m’emmerde. Je me fou des croyances personnelles. Chacun est libre de suivre sa religion et il y a des pays pour chaque religion. L’inverse est faux. C’est l’aspect culturel et social de ce que ça implique dans un pays comme la France au regard de ses propres mœurs


        • vote
          Belenos Belenos 23 mars 23:41

          @Zatara
          "Moi aussi mais c’est oublié un peu vite que France 2 pourrait aussi être une chaine qui diffuse en arabe, et qui donne des cours de salafisme quiétiste..."

          Le système de financement de l’information dont je parle ne financerait pas les médias en langue étrangère... ni les "cours" de ceci ou cela. Il est question ici d’information (et non de formation religieuse ou linguistique). Même si, par ailleurs, je n’ai rien contre le fait que des gens apprennent ce qu’ils veulent (ce qu’ils font déjà), le chèque-information ne concerne que l’information. 


        • vote
          Belenos Belenos 23 mars 23:49

          Mais c’est probablement ma blague sur la télé platiste qui vous a enduit d’horreur. En réalité je ne sais pas ce que les platistes pourrait proposer comme genre d’informations. N’oublions pas non plus que ce mode de financement n’affranchirait pas les journalistes des lois sur la publication et des poursuites en cas d’infraction. 


        • vote
          Zatara Zatara 24 mars 10:11

          @Belenos
          Il est question ici d’information (et non de formation religieuse ou linguistique).

          Quand les communautés auront fini leurs transhumances vers leurs pâturages ethno-religieux... Quand le marché de l’information s’adaptera et servira finalement de clôture idéologique pour chacune d’entre elle, je ne vois pas pourquoi l’information ne servirait pas (ô surprise) d’un point de vue politique.... puis qu’elles trouvent, comme par magie, une vocation religieuse pseudo civilisationnel...

          Même si, par ailleurs, je n’ai rien contre le fait que des gens apprennent ce qu’ils veulent (ce qu’ils font déjà), le chèque-information ne concerne que l’information.

          Et bien justement, donnez, s’il vous plait, une définition de l’information qui serait valable dans un pays religieux...


        • vote
          Zatara Zatara 24 mars 10:12

          @Belenos
          N’oublions pas non plus que ce mode de financement n’affranchirait pas les journalistes des lois sur la publication et des poursuites en cas d’infraction.

          Dans quel cas les "journalistes" "platistes" pourraient faire l’objet de poursuites ?


        • vote
          PumTchak PumTchak 24 mars 11:44

          @Belenos & Zaratara

          L’idée du chèque information semble plus séduisant, plus sain que celui d’un quelconque comité de surveillance. Quand on sait que le sanguinaire BHL est président du Conseil de Surveillance d’Arte depuis plus de 25 ans, il y en a vraiment plus que marre. On peut simplifier : au lieu du chèque, tout simplement accorder des subventions en fonction des abonnements pris auprès de tel journaliste ou telle agence d’information. Avec un plafond par rapport au C.A. : une subvention servant à soutenir le développement d’une activité, pas à ajouter du bénéfice.
          Après il faut voir la mise en forme : qu’est ce qu’un journaliste/une agence d’information et qu’est-ce qui ne l’est pas ? Dans quelle mesure un bénéficiaire de subvention peut aussi avoir d’autres financement externes, ou privés, ou pas ? Etc...

          Pour la question de Zatara, est-ce que cette subvention selon la préférence des individus est un gage de régulation démocratique des points de vues ou au contraire le chemin vers l’isolement des bulles idéologiques et communautaires, je n’ai pas de réponse certaine là-dessus.
          Si on prend l’islam, un comité quelconque de citoyens qui surplombe les pratiques du journalisme aura, par souci de cohésion et effet collectif de raboter le droit de critiquer le Coran. Et le Coran ne sera plus critiquable en raison du padamalgam, de la liberté de religion et bla et bla. Avec l’approche de Belenos, il y aura des journalistes tendance islamique qui tendront à démontrer que le Coran est un merveilleux livre d’amour, de paix et de bonheur, et des journalistes tendance anti-islam qui pointeront les versets de mort, d’oppression et de malheurs et l’histoire barbare des conquêtes musulmanes.
          Je crois que la réponse est déjà donnée : il faut que le Coran, comme tous les sujets soient accessibles à la critique, même désordonnée. Dit autrement : aucune communauté ou idéologie n’aura de droit de préemption à exister dans le pays en raison d’un tabou quelconque qui s’impose à tous. Les frictions entre communautés sont sans doute moins graves que les angles aveugles au fonctionnement de l’intérêt général.


        • vote
          Belenos Belenos 24 mars 11:56

          @PumTchak
          Ces remarques et propositions sont intéressantes et apportent des éléments de construction


        • vote
          Belenos Belenos 24 mars 12:03

          @Zatara
          "Dans quel cas les "journalistes" "platistes" pourraient faire l’objet de poursuites ?"

          Dans les cas prévus par la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse (mais pas plus que n’importe quel autre journaliste "sphériste"). 
          https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=LEGITEXT000006070722


        • vote
          Zatara Zatara 24 mars 12:40

          @PumTchak
          excellent post, très clair.

          Les frictions entre communautés sont sans doute moins graves que les angles aveugles au fonctionnement de l’intérêt général.

          Et bien c’est exactement le biais libéral et communautaire à l’anglo saxonne, qu’on pousse sous l’appellation de progressisme en France (bien que le "progressisme ne saurait se réduire à cela, évidemment)... et c’est précisément la remarque que je fais (avec tes mots) :

          pas sûr que les frictions entre communautés soient moins grave dans le contexte spécifique français au regard de son histoire et de ses mœurs...
          ...
          parce que l’analogie avec les EUA ne marche plus dés lors qu’on introduit l’Islam dans l’équation...


        • vote
          Zatara Zatara 24 mars 12:41

          @PumTchak
          erratum.. la deuxième phrase aurait dû apparaitre en italique


        • vote
          Zatara Zatara 24 mars 12:53

          @Belenos
          Y’a un truc qui vous ne prenez pas en compte, si vous me permettez... ou qui ne ressort pas dans ces derniers posts. La loi dont vous mettez le lien n’est en rien éternelle...

          Ce n’est pas pour rien que la première bataille avec des officines islamiques est d’ordre judiciaire... Il faut comprendre que c’est la clé de voute d’une stratégie à long terme.

          Si on se base sur le même système politique, avec le même système d’élection dans le futur (peu ou prou), de par l’évolution de la démographie, le type de candidats élus, en tant que président, en tant que députés, feront que de nouvelles lois feront inévitablement leur apparition.

          Ainsi, il faut comprendre qu’au delà de la seule démographie, il y a 2 axes principaux : 1 axe idéologico-religieux et 1 axe politico-médiatique.

          Comment l’axe idéologico-religieux peut se developper en attendant de faire évoluer les lois ? Par un progressisme permettant un communautarisme de plus en plus fermé.... des medias spécifiques et légaux, financé par les impôts de toute une nation, permettraient d’acclérer ce qui me semble être une dynamique inévitable au bout du compte.


        • vote
          Belenos Belenos 24 mars 13:12

          @Zatara
          "des medias spécifiques et légaux, financé par les impôts de toute une nation, permettraient d’acclérer ce qui me semble être une dynamique inévitable au bout du compte."

          Les médias sont déjà financés par les impôts :

          https://droit-finances.commentcamarche.com/faq/33224-aide-a-la-presse-les-journaux-les-plus-aides-par-l-etat

          Dans le système actuel, dès demain matin, un journal musulman pourrait aussi bénéficier d’une subvention égale à celle de La Croix. 

          Je pense qu’on ne peut durablement abolir les pratiques culturelles liberticides qu’avec des mesures en faveur de la liberté, ce qui implique de laisser les individus faire "de mauvais choix" dans le domaine privé. La loi devant rester un garde-fou pour tout ce qui pourrait nuire à l’intérêt général ou porter atteinte aux libertés fondamentales.  


        • 1 vote
          PumTchak PumTchak 24 mars 14:03

          @Zatara

          Oui, je vais essayer, mais ce n’est pas facile à poser.

          L’intention du "vivrensemblisme’ selon la mode, est bonne : c’est la nécessité d’une cohésion nationale. Mais c’est sa façon de faire qui ne va pas.

          Le vieux principe de l’époque des lumières : la liberté consiste à faire tout ce qui ne nuit pas à autrui, est un principe qui ne suffit plus à notre gestion sociale.
          Parce qu’on butte maintenant sur le paradoxe de Popper : Si nous étendons la tolérance illimitée même à ceux qui sont intolérants, si nous ne sommes pas disposés à défendre une société tolérante contre l’impact de l’intolérant, alors le tolérant sera détruit, et la tolérance avec lui. Il s’est passé entretemps des mélanges à grandes proportions des populations dans le pays et l’ouverture à toutes les mondialisations : l’ancienne colle culturelle, ou le sens commun du pays est en train de se dessécher.

          Pour que les communautés puissent prendre place dans notre société, il faut qu’elles ouvrent dans leur besace culturelle ce qu’elles traînent avec elles d’intolérance. Et que la libre expression démocratique puisse l’examiner : moi je ne suis pas adepte du Coran, mais puisqu’il est maintenant dans mon pays, j’ai plein droit de l’examiner avec celui qui est adepte et de dire ce qui me dérange, ou pas. Et même chose avec les spécificités juives : la version juive totalitaire du CRIF me dérange, celle tolérante de l’UJFP ne me dérange pas. Un juif qui développe les arts et les sciences dans mon pays me convient, un juif qui capte toutes les banques de mon pays ne me convient pas.
          A remarquer que ce sont les deux communautés dont on parle tout le temps, on ne parle jamais des autres : on peut accepter le pragmatisme démocratique de parler de ce qui gène et laisser faire ce qui ne gène pas.
          Il faut aussi examiner ses propres intolérances : aller péter d’autres pays parce qu’ils nous conviennent pas, ce serait bien aussi d’admettre que nos "principes universels" ont quelques bugs. Parler de démocratie libérale en est une autre : la démocratie est une liberté de choix convenus ensemble, le libéralisme est un dogme économique qu’on a le droit d’accepter comme de rejeter.
          C’est en ce sens que je parle de tabous, angles morts, abcès purulents : il faut savoir regarder les Gorgones.

          Une fois cette pleine capacité démocratique acquise, sans tabou, permettant des choix communs les mieux convenables on peut alors remplacer le vieux principe : la liberté consiste à faire tout ce qui ne nuit pas à autrui

          par : les intérêts particuliers et communautaires sont limités par l’intérêt de cohésion national. Après examen partagé et compris des problèmes, donc, et non pas par tolérance, vivrensemblisme, ou humanisme béat qui va résoudre les choses de lui même les antagonismes.

          J’aurais voulu mieux aboutir l’argumentation, j’espère au moins que l’idée générale est lisible.


        • vote
          Zatara Zatara 24 mars 14:20

          @Belenos
          Je pense qu’on ne peut durablement abolir les pratiques culturelles liberticides qu’avec des mesures en faveur de la liberté, ce qui implique de laisser les individus faire "de mauvais choix" dans le domaine privé.

          Je suis d’accord avec cela aussi. Mais j’y vois une séparation acté communautaire avant que les effets bénéfiques puissent s’en ressentir.... Pourquoi ? parce que l’économique (pour en revenir à ma première remarque quelque peu abscons en l’état) donnera des raisons supplémentaires, dans les prochaines années (et sans parler d’un crack en particulier, c’est une prévision d’ensemble) à un recul qui prendra la forme social d’un repli communautaire. Ma remarque ne porte pas tant sur le principe, que sur la temporalité et la spécificité culturelle de l’Islam....


        • vote
          Belenos Belenos 24 mars 14:26

          @Zatara
          Peut-être, mais ce sont des spéculations et des extrapolations. Des événements futurs, des découvertes scientifiques, des innovations technologiques ou de brusques changements de mentalités chez les jeunes peuvent aussi complètement transformer nos prévisions. 


        • vote
          Belenos Belenos 24 mars 14:30

          Il importe donc en politique de faire ce qui nous semble collectivement juste ici et maintenant en tenant compte des conséquences proches et hautement probables. 


        • vote
          Belenos Belenos 24 mars 14:37

          @PumTchak
          "la liberté consiste à faire tout ce qui ne nuit pas à autrui"

          Je trouve ce principe toujours efficace. Pourriez-vous me donner un exemple de sa limite ?


        • vote
          PumTchak PumTchak 24 mars 14:59

          @Belenos

          L’excision, elle est pratiquée en France. C’est un droit familial. J’ai le droit de l’exercer dans ma famille et cela ne gène pas les autres familles qui s’y refusent.
          L’interdire contredit cette liberté familiale. Je suis évidemment pour l’interdit de cette mutilation, mais on voit déjà qu’il met à mal ce principe de liberté.
          Et puisque cette mutilation est interdite, pourquoi alors on accepte la circoncision ? On affronte une autre question, maintenant, qui nous éloigne de ce principe de liberté.

          Un sujet insoluble : le port du voile. Parce que cette question a des effets individuels comme collectifs, qui sont antinomiques et sur laquelle le principe : la liberté consiste à faire tout ce qui ne nuit pas à autrui

          n’opère pas, ou est insuffisant.

          Une femme qui se voile n’est pas mon problème. Mon voisin qui écoute du rap toute la journée non plus. Mais collectivement, quand le voile s’impose dans tout mon quartier, que ma fille aimerait bien le mettre car la plupart des filles de son école le mettent, le port du voile devient mon problème.

          Encore une fois, ce principe n’est pas mauvais, mais il n’est pas suffisant. Il nous manque maintenant un principe permettant de résoudre ou réguler les phénomènes collectifs coexistants dans la société.


        • 1 vote
          PumTchak PumTchak 24 mars 15:19

          @PumTchak

          Je précise : l’excision est illégale en France, même si elle est encore pratiquée. En Seine Saint Denis, entre 20 et 30 % des femmes que recoivent les gynéco et obstétriciens sont excisées.
          Il y a eu hésitation juridique durant les procès retentissants pendant les années 90 : respecte-t-on la liberté culturelle de ces migrants (donc le principe "la liberté consiste à faire tout ce qui ne nuit pas à autrui") ou impose-t-on l’interdit particulier décidé par notre pays : "on ne mutile pas" ?.
          Je suis heureux que mon pays ait décidé contre ce principe de liberté.


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          Zatara Zatara 24 mars 16:06

          @Belenos
          Des événements futurs, des découvertes scientifiques, des innovations technologiques ou de brusques changements de mentalités chez les jeunes peuvent aussi complètement transformer nos prévisions.

          Une nouvelle source d’énergie ne changerait rien aux fondamentaux d’un Islam politique en France maintenant qu’il est organisé....ni ne changerait la mentalité de "colons anti français" qui s’est développé dans certains quartiers.

          Mais libre à ceux qui préfèrent l’illusion de s’enfermer dans une auto censure anti-raciste pour crime de ""pensée""....ou qui se garde bien d’évoquer certains sujets, à bon compte, sous des apparences de sagesse ou de philosophie, parce que politiquement incorrect.


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          Zatara Zatara 24 mars 18:15

          @PumTchak
          les intérêts particuliers et communautaires sont limités par l’intérêt de cohésion national.

          oui, mais ça ne suffit pas, parce que sous le concept de cohésion nationnal, on peut aussi trouver des interêts privés qui usent fallacieusement de cette raison...Un peu comme le droit de l’hommisme ricain sauf que le thème est différent et qu’il s’applique à l’échelle de la nation.... Aussi, se méfier, faire très attention à ce qui est de l’ordre de la cohésion national, comme subterfuge pour faire passer des pillules...

          Encore un bon post par ailleurs.


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          Zatara Zatara 24 mars 18:18

          @Belenos
          j’ai écris :

          Mais libre à ceux

          ...

          Je ne parle évidemment pas de vous, mais de la logique inverse qu’inclus ce genre de positionnement pseudo "réfléchis" qui est une ode à la non-pensée en réalité


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          Belenos Belenos 24 mars 20:06

          @PumTchak
          "L’excision, elle est pratiquée en France. C’est un droit familial. J’ai le droit de l’exercer dans ma famille et cela ne gène pas les autres familles qui s’y refusent."

          Le seul cas où la formule "la liberté consiste à faire tout ce qui ne nuit pas à autrui" pourrait s’appliquer à l’excision serait le cas d’une femme adulte pratiquant l’excision sur elle-même. Pratiquée sur autrui, elle nuit à autrui puisque c’est une mutilation. (Je ne vois pas ce que "la famille" vient faire dans ce raisonnement... Pourquoi pas la tribu, l’entreprise ou je ne sais quoi d’autre ? "Autrui" signifie un autre individu.) 


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          Belenos Belenos 24 mars 20:18

          @PumTchak
          "respecte-t-on la liberté culturelle de ces migrants (donc le principe "la liberté consiste à faire tout ce qui ne nuit pas à autrui") ou impose-t-on l’interdit particulier décidé par notre pays : "on ne mutile pas" ?. "

          La question ne se pose pas du tout ainsi puisqu’une mutilation sexuelle irréversible imposée à autrui nuit à autrui. Il n’y a donc jamais eu en France aucun dilemme constitutionnelle ou éthique sur ce sujet. 



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