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Yves Nat - "La beauté n’est pas un hasard, elle se prouve"

« J'ai racheté tout le bizarre pour faire remonter le sublime »

 

Les images de l'immense pianiste, compositeur et professeur de piano français, Yves Nat (1890 - 1956), sont hélas assez rares (l'INA a un long film sur lui mais ce serait cracher au bassinet). Grand spécialiste de la musique romantique, il enregistra notamment les 32 sonates de Beethoven, l'intégralité du répertoire de Schumann, etc. 

Ce véritable petit prodige, benjamin des cinq enfants d'une famille de Béziers qui baladait ses mains sur l'orgue de la cathédrale dés l'âge de sept ans, donna son premier concert à peine âgé de onze ans. Dans la foulée il monta à Paris et éclaboussa l'assistance au conservatoire où il fût reçu sans peine. Travaillant au bar pour payer sa chambre, il étudia plusieurs années... mais dés son arrivée il était considéré comme un maître. Sans doute Les scènes d'enfants Op. 15 de Schumann (1838) sont-elles de circonstance...

  1. Gens et pays étrangers (Von fremden Ländern und Menschen)

  2. Curieuse histoire (Kuriose Geschichte)

  3. Colin-maillard (Hasche-Mann)

  4. L'enfant suppliant (Bittendes Kind)

  5. Bonheur parfait (Glückes genug)

  6. Un évènement important (Wichtige Begebenheit)

  7. Rêverie (Träumerei) en fa majeur

  8. Au coin du feu (Am Kamin)

  9. Cavalier sur le cheval de bois (Ritter vom Steckenpferd)

  10. Presque trop sérieusement (Fast zu ernst)

  11. Croquemitaine (Fürchtenmachen)

  12. L'enfant s'endort (Kind im Einschlummern)

  13. Le poète parle (Der Dichter spricht)

 

 

 

« Le toucher c'est le regard des doigts »

 

Repéré par Debussy, ce dernier l’emmènera en Angleterre pour jouer ses œuvres. Plus tard, il part en Amérique et commence une vie de concertiste de renommée mondiale. Il est accueilli en véritable héros en Argentine. "J'ai remporté des triomphes, mais, Seigneur, que d'efforts, que d'efforts !" confiera-t-il à un ami. Toujours un peu en retard sur la programation, c'est lors des longues traversées par bâteau qu'il travaillera son répertoire.

A l'âge de 45 ans et à l'apogée d'une incroyable carrière où il fut reçu par les plus grandes fortunes du monde, il se retirera de scène pour se consacrer à l'enseignement et à la composition. Son œuvre majeure jouée en 1942 est « L'enfer », une monumentale pièce en treize parties lui aura pris vingt années de sa vie. S'en suit la composition d'un concerto pour piano qui lui prendra dix années.

Son ultime récital eut lieu en 1953 au profit d'un œuvre caritative en présence du Président Vincent Auriol, concert qui se déroula dans une obscurité quasi totale rassurante pour le grand angoissé de la scène qu'il ne cessa d'être. Il n'avait plus joué depuis vingt ans...

Ses avis toujours très tranchés, lapidaires mêmes vis-à-vis de ses rivaux - le grand Alfred Cortot notamment - ont laissé des traces indélébiles dans la mémoire collective. Toute sa vie il cultiva l'idée que l'interprète aussi doué fût-il n'était pas le maître mais l'instrument au service de l'oeuvre. Il se moquait sans vergogne de ses contemporains qui en faisaient des tonnes. Dieu qu'il serait malheureux de nos jours...

 

« Il faut payer de sa mort le courage qu'on a de vivre »

 

 

 

 

Sources  : Chaîne YT de l'Abbé Thoven, cette courte biographie est inspirée du Dictionnaire amoureux du piano d'Olivier Bellamy.

Tags : Musique






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