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Commentaire de ffi sur Le démontage point par point du FN à Hénin Beaumont le 9 mars - Agoravox TV

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Commentaire de ffi

sur Le démontage point par point du FN à Hénin Beaumont le 9 mars


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ffi 11 mars 2012 17:35

Quel est donc le rapport entre la fraternité et l’amour ?
 
Si tu parles des frères du Carlton à Lille, moi je n’y vois pas d’amour, j’y vois des petites combines fraternelles pour baiser des prostituées.
 
"L’humain d’abord". C’est vrai, c’est joli. Mais là, on en reste à des généralités. Après, dans les détails, la catégorie générale "humain" est divisée en deux catégories, qui varient selon le thème du discours
En économie, nous avons deux classes.
- les "bons" (les prolétaires), les "méchants" (les patrons)
En politique, nous avons deux partis :
- les "bons" (la gauche), les "méchants" (la droite).
 
Puis le front de gauche de nous servir inlassablement la même forme rhétorique :
Au nom de la lutte des bons contre les méchants, faire ceci, faire cela,...etc.
Toute une série impressionnante d’avantages sociaux pour tous, qu’on se demande bien comment c’est possible.
 
Petite analyse, vite fait :
Ca commence assez mal :
"La France est plus riche que jamais"
Peut-être en Euros, mais l’Euro ne vaut plus grand-chose.
 
Reprendre le pouvoir au marchés financiers
En quelques années, la finance a conquis des pouvoirs exorbitants ...
Premières mesures :
- Adoption d’une loi portant création d’un pôle public financier transformant notamment la politique et les critères du crédit.
Commentaire : En quoi créer un pôle public financier, remet-il en cause le pouvoir de la finance ? Faire ceci, ne consiste-t-il pas à continuer de donner le primat sur l’organisation économique aux financiers. Qui sera nommé à la tête de ce pôle économique ? Un homme, spécialiste de la finance ? Un ancien du crédit Lyonnais ? En fait, c’est une mini-réforme, car la logique de la financiarisation n’est pas remise en cause par elle-même dans cette mesure : après la financiarisation du capitalisme privé, c’est promettre que l’état va adopter à son tout la technique de la financiarisation.
 
- Blocage des échanges de capitaux avec les paradis fiscaux.
Note : Interdit par l’UE.
 
- Création d’un Fonds national et de fonds régionaux pour l’emploi et la formation
Toujours la technique de financiarisation (attention à la corruption).
 
- Transformation des missions, de la politique monétaire et de la gouvernance de la Banque centrale européenne
Note : dépend des autres pays de l’UE, car ceci fut fixé dans le traité de Maastricht. Mélanchon était d’ailleurs le porte-parole pour la campagne du Oui à ce traité... Cherchez l’erreur.
 
- Transformation des missions, de la politique monétaire et de la gouvernance de la de la Banque de France.
Note : interdit par les traités européens. La mission actuelle de la banque de France a été mise en place sous Mitterrand.
 
- création d’un Fonds européen de développement social, écologique et solidaire pour
l’expansion des services publics, de l’emploi et des qualifications.
Note : encore un "fond". La pensée économique du front de gauche est encore une fois axée sur la financiarisation de la politique.

Notons encore l’expression extraordinairement floue des mesures envisagées. C’est bien beau la "Transformation des missions, de la politique monétaire et de la gouvernance de [...]", mais ce qui m’importe c’est surtout de savoir quelle sera la nouvelle forme "des missions, de la politique monétaire et de la gouvernance de [...]".
 
- Création de pouvoirs nouveaux pour les salariés et leurs représentants dans la gestion de leur entreprise, ainsi que des citoyens dans les institutions bancaires et les collectivités territoriales.
Note : c’est encore extrêmement flou. Ca me rappelle le programme commun de 1981, lorsque Mitterrand affirmait qu’il allait créer la démocratie en entreprise. Ca a donné quoi ? Une poignée de prérogatives en plus pour les comités d’entreprises, ces comités où ne peuvent être élus que les membres d’un syndicat, ces syndicats ayant été fixés par l’Etat pour l’éternité à la fin du XIXème siècle... De mon point de vue, la démocratie implique que chacun soit éligible...
 
L’Argent public.
- contrôle des mouvements de capitaux aux frontières de l’Union européenne.
Par conséquent : liberté des mouvements de capitaux dans l’UE.
 
- possibilité que les banques centrales contribuent directement au financement des biens et des services publics.
Possibilité où ça ? Dans les traités de l’UE ? Donc ça ne dépend pas du Président de la République Française, mais de tous les membres de l’UE.
 
- Nous proposons que la BCE (et les banques centrales nationales comme la Banque de France qui constituent ensemble l’Euro-système) finance directement, par création monétaire, un Fonds de développement social, solidaire et écologique européen.
Note : interdit par les traités de l’UE. Dépend donc de tous les membres de l’UE.
Mais c’est encore la méthode de financiarisation de l’économie ! Encore un "Fonds", celui-ci à visée idéologique avec des beaux mots bien ronflant ! Mais quel sera sa structure ? Comment seront affectées les sommes de ce fonds ? Qui sera à sa tête ? Avec quelle légitimité ?... C’est à nouveau extraordinairement flou.
 
- Des titres publics pour le développement social seront rachetés directement par la BCE et les banques centrales nationales. Cette création monétaire, allouée via le Fonds de développement, permettrait de répartir des masses volumineuses de financement, à taux d’intérêt nuls ou très bas, entre les pays membres de l’euro, en fonction de leurs besoins propres et, expressément, pour le développement des services publics nationaux et de leur coopération européenne...
Note : la notion de service public est une notion franco-française. La notion européenne est le "service économique d’intérêt général". Il faut noter, dans ce modèle, que ce ne sont pas les Etats, dont les institutions sont fondées sur la démocratie, qui sont en charge d’orienter les flux financier, mais, "le Fonds". C’est donc le Fond qui décide ? Mais comment ?
 
- ... Le Fonds financerait également des projets publics démocratiquement sélectionnés sur la base de critères précis de création et de sécurisation des emplois, de développement de la formation et de la recherche, de respect de l’environnement, d’élévation du potentiel de création de valeur ajoutée des territoires.
Ouf : le Fonds financerait aussi des projets publics démocratiquement sélectionnés. En revanche j’aimerais que l’on m’explique ce que signifie "des projets publics démocratiquement sélectionnés sur la base de critères précis... ". La sélection est-elle démocratique, ou ne l’est-elle pas ? La sélection se fait-elle sur des critères techniques ou pas ? Je sens déjà poindre la nouvelle oligarchie du "Fonds", la bureaucratie tatillonne du "Fonds", qui fait la pluie et le beau temps en Europe, grâce à ses "Fonds".
 
- Nous créerons un pôle financier public par la mise en réseau des institutions financières publiques ... Son action permettra de soutenir localement les luttes sociales.
Hé, Hé, Mélenchon toujours dans son manichéisme social à 2 balles la lutte des bons contre les méchants. Nous voilà à la financiarisation de la lutte des classes... Mélanchon incarne décidément la modernité marxiste, contaminée par la financiarisation à son tour...
 
- La « gouvernance » d’un tel pôle reposera sur des pouvoirs nouveaux exercés par les représentants de la nation, les représentants des salariés travaillant dans ces institutions et leurs usagers : les entreprises et collectivités territoriales, bien sûr, mais aussi les salariés, les chômeurs, les précaires et leurs représentants, les associations de consommateurs et les associations de défense de l’environnement.
Note : Quelle bouillie ! Voilà ce que c’est de réfléchir avec des catégories générales... Au sein des entreprises, il y a des intérêts contradictoires... Va servir simultanément les exploitations agricoles et les grandes surfaces, les producteurs locaux et les importateurs, les consommateurs et les producteurs. Rien n’y fait, il y a un moment, il faudra faire des arbitrages, et ce sera le rôle du "gouverneur"
En fait, Mélenchon, il est juste en train de vouloir dupliquer l’Etat, avec son "Pôle" financier !
 
C’est quand même plus simple de rétablir le rôle historique de la banque de France, de manière à ce qu’elle puisse prêter à l’Etat, afin d’une part de monétiser sa dette, puis d’utiliser ses services à des fins d’investissements. De cette manière, il n’y a pas de "Pôle financier public" à créer, ni encore besoin de lui adjoindre une "gouvernance" démocratique, et encore moins d’y créer des services d’experts en tout genre...
Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué...
 
- Création d’une monnaie commune mondiale alternative au dollar.
C’est idiot. Vu que la domination mondiale des US vient précisément du fait que le dollars est la monnaie mondiale commune, créer une monnaie mondiale commune alternative, c’est créer une domination mondiale alternative. Mélenchon est donc pour une domination mondiale alternative.
 
Voilà pour la partie économique. On voit que le programme du Front de gauche consiste essentiellement en la créations de "Fonds" financiers, dont la gouvernance propre ressemble à une sorte de doublon de celle de l’Etat. Le Front de gauche souhaite donc organiser la vie politique du pays autours de grand "Fonds" financiers.
 
Il s’agit donc d’un parti prônant la financiarisation du politique.
Il doit donc être désigné "parti de l’internationale socialo-écolo-démo-financialo-cratique", puisqu’il vise à établir une socialo-écolo-démo-financialo-cratie, à l’échelle d’abord de la Nation, puis de L’UE, puis du monde.


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