Je pense que Montebourg est sincère. Il a certes suivi le programme "young leader" en 2000, ce qui lui a sûrement permis d’entrer au gouvernement. Mais depuis qu’il a tenté de bloquer la vente d’Alstom, il s’est fait black-lister.
C’est toujours intéressant de l’écouter. Maintenant, je ne la trouve pertinente au sujet des sciences dures. La science moderne est devenue très nominaliste. Pour s’en convaincre, il suffit de comparer entre les termes forgés à l’époque classique et ceux forgés aujourd’hui : conservation de la quantité de mouvement, théorème de l’énergie cinétique, principe de moindre action, pression, masse vs fonction d’onde, tenseur d’Einstein, équation de Maxwell, équation d’Hamilton-Jacobi, équation de Dirac, paires de Cooper, quantum de Planck, constante d’Einstein.
Autant à l’époque classique les concepts étaient dénommés avec des termes qui donnaient déjà l’intuition de leur contenu, autant à l’époque moderne, les concepts tendent à rendre hommage.
Comme si le terme par lequel on désigne une chose n’avait pas d’importance : c’est bien du nominalisme...
Las, cela rend la science moderne particulièrement obscure et permet tous les délires. La physique moderne a perdu le fil.
Du délire... Voici l’intro de la monadologie (Leibniz, au XVIIe). On ne fait pas plus classique...
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1. La Monade, dont nous parlerons ici, n’est autre chose qu’une substance simple, qui entre dans les composés ; simple, c’est-à-dire sans parties (Théod., § 10 3). 2. Et il faut qu’il y ait des substances simples, puisqu’il y a des compo- sés ; car le composé n’est autre chose qu’un amas ou aggregatum des simples. 3. Or là, où il n’y a point de parties, il n’y a ni étendue, ni figure, ni divisi- bilité possible. Et ces Monades sont les véritables Atomes de la Nature et en un mot les Éléments des choses.
On peut distinguer 3 sortes de biens issus de l’action humaine :
— les Biens matériels, issus de l’assemblage des choses, par construction.
— les Biens idéels, issus de l’assemblage des idées, par conception.
— les Biens sociaux, issus de l’assemblage des hommes, par association.
Une société équilibrée implique qu’elle produise simultanément ces 3 biens.
Des biens matériels, pour la prospérité de la vie physique. Des biens idéels, pour justesse des idées dans l’esprit. Des biens sociaux, pour la stabilité politique.
L’ennui de la société actuelle est que, si elle vise en effet la production de biens matériels et de biens idéels, cette production se fait trop souvent au dépend du bien social, car les rapports de production sont d’abord fondés sur la domination.
Ce rapport de domination est d’ailleurs parfaitement assumée par l’élite, qui pratique l’ingénierie sociale furtive, qui est l’art de faire consentir les choses au peuple par des moyens subliminaux.
Admettons que l’IA soit en capacité de produire des biens idéels.
1. Son infrastructure est-elle vraiment un Bien matériel ? Elle nécessite une consommation électrique considérable, des km de câbles et des tonnes de matériel informatique. Est-il donc vraiment pertinent pour la société d’investir dans une telle infrastructure ?
2. Sa génération aboutit-elle à un bien social ? Si son résultat se traduit par une dissolution des liens sociaux, non.
3. Même du point de vue des biens idéels, si l’usage de l’IA provoque un déclin des capacité intellectuelles des hommes, l’IA sera condamnée :
3.1 Sans homme compétent, il serait impossible de maintenir l’infrastructure d’une « IA ».
3.2 Une « IA » qui s’éduquerait par les textes produits par des hommes ayant perdu en compétence intellectuelle, perdrait en intelligence. Bientôt viendra le temps des « précepteurs d’IA », une élite intellectuelle chargée de l’éducation des IA. Parallèlement, l’éducation du peuple deviendra inutile.
3.3 L’IA est donc une nouvelle extension du rapport de domination social à la sphère des biens idéels. Nous sommes bien dans la continuité du XIXe siècle.