Je comprends que tu fonctionnes un peu comme Rousseau, qui ne savait pas réfléchir sans marcher dans la nature.
Et ma foi, je partage grandement cela avec toi : la contemplation de la nature m’apaise (j’aime bien la randonnée et la montagne). C’est un de mes rituels favoris...
De même, la prière, ce n’est pas autre chose : une contemplation de mes actes passés, ou de mes espoirs futurs, voire même une contemplation de mes espoirs passés en relation avec le présent effectif (la contemplation du futur antérieur en quelque sorte = j’aurais cru que j’eusse bien agi ainsi), pour éventuellement corriger ses erreurs.
Quand je prie pour quelqu’un, alors je pense à lui. Quand je prie Dieu de lui pardonner, alors je lui pardonne. Prier, ce n’est rien d’autre que penser consciemment.
Savoir prier, c’est savoir se penser. Savoir se penser, c’est avoir une vie intérieure, c’est être autonome moralement, c’est savoir gérer ses ressentiments, ses rancunes.
Prier, c’est parfois se voir envahit par la haine ou la passion.
Prier, c’est ce qui permet de prendre conscience de ses pensées secrètes.
Prier, c’est rendre l’inconscient conscient.
Prier, c’est le b.a.b.a du soin moral à la disposition de chacun.