je n’utilise pas gratuitement les mots, j’ai parlé plus haut du "saint Ramadan", un autre mot "marabout" lui convient. Le transfert dont il s’agit c’est que les gens ne refléchissent pas, mais réagissent à l’émotion, un peu comme quand nos souvenirs reviennent à la suite d’une odeur ou d’une image. Et bien pour beaucoup de Maghrébins, c’est le souvenir des marabouts, des saints, des hommes qui ont un pouvoir magique etc.
Mais il y a une différence notable, ils ont moins honte de faire référence à un type qui porte une cravate et qui est apatride, ou si vous voulez cosmopolite, il parle plusieurs langues, a un accent suisse, cela fait chic, très tenance. Le fond est le même mais sous emballage moderne, au lieu d’un marabout avec djellaba et parlotte désuette, un Maghrébin avec un très fort accent commen on en voit à Barbes (Paris), ils ont un Suisse d’origine égyptienne, (en plus le complexe face au Machrek, tout y est, l’Egypte le centre du monde comme ils disent, alors que les Maghrébins ce sont des ploucs), d’où l’engouement des jeunes de banlieues, il y a de quoi faire une étude sociologiquepsychiatrique de ce phénomène. Les Maghrébins qui veulent à tout prix (une prétention stupide) garder leur racine, mais en aliénant leurs traditions (le voile des femmes ressemble plus à un uniforme qu’à un vêtement, comme à l’armée tous pareil) et en subissant une vraie colonisation des esprits par les wahabite, venant d’une région qui n’a rien à voir avec l’Afrique du nord et son histoire bien particulière.