Le gros du problème avec la démocratie, c’est qu’elle ne repose pas sur une définition précise, mais sur ce flou slogan "Le pouvoir du peuple".
Mais ça se gâte dès qu’on rentre dans le détail de la constitution du pouvoir, car, puisqu’il faut bien répartir les pouvoirs entre des personnes réelles, choisies d’une certaine manière (élection ou tirage au sort), on n’y trouve jamais le peuple nul part, étant donné que le peuple n’est pas une personne réelle, mais l’ensemble des personnes gouvernées par le pouvoir...
Que des marins élisent leur capitaine, ou bien que le capitaine soit tiré au sort parmi les marins, il n’empêche que le navire à toujours un capitaine et un seul. Il en faut bien un (principe de raison nécessaire), et un seul suffit (principe de raison suffisante).
Bref, la démocratie est intrinsèquement un faux-mot, puisque le peuple n’étant pas une personne réelle il ne peut incarner le pouvoir en pratique, et donc il faut se perdre en approximations théoriques pour se donner l’illusion qu’un système serait démocratique.
Bref, la notion de peuple, vue comme une entité personnelle en mesure d’incarner un pouvoir, est fausse.
Ce genre de conception a une forme typique des doctrines ésotériques (notion d’égrégore), ce qui achève bien de montrer l’idéologie à l’origine de la révolution, une pensée magique issue des sectes gnostiques.
Maintenant, nos anciens ont fait face comme ils pouvaient pour donner du contenu à ce concept intrinsèquement incohérent à la base. Ils ont donc choisi d’approximer la démocratie par une représentation politique élue par le peuple. Bon, au vu de la situation du pays, cela ne semble pas vraiment marcher...
Mais rien ne dit que le tirage au sort ne soit une approximation de la démocratie qui soit plus apte à améliorer la situation (rétablir le plein emploi, éradiquer la dette, ...).
Le gros problème de la position de Chouard, c’est sa trouille du pouvoir, et donc sa volonté de l’affaiblir. Cependant, la conséquence de cette position, c’est qu’alors le pays est trop faible pour se défendre, et qu’il finit par être soumis par des puissances étrangères (ce qui est le problème actuel).
Personnellement, je pense qu’il faut un pouvoir humaniste (dans un sens où la dignité des hommes est reconnue). Mais rien ne prouve que les diverses approximations possibles de la démocratie permettraient par magie de parvenir automatiquement à ce genre de pouvoir humaniste. En revanche, il me semble que rendre une place prééminente aux humanités dans tout ce qui a trait à l’éducation, comme ce fut le cas en France depuis qu’il y est fait de l’instruction, est le préalable essentiel à une politique humaniste, ceci, quel que soit la forme de son régime de gouvernement.