Voltaire était inconséquent tandis que Rousseau était emprunt d’une majestueuse et délicate pureté qui étreignait religieusement son âme jusqu’à élevée au niveau du firmament. J’ai ressorti Lagarde et Michard pour relire les extraits recueillis dans le manuel destiné aux lycéens des classes de première en section générale. Sur le discours de l’inégalité il écrit ce qui suit : " Le premier qui ayant enclos un terrain s’avisa de dire : ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. Que de crimes, de guerres, de meurtres, que de misères et d’horreurs n’eût point épargnés au genre humain celui qui ; arrachant les pieux ou comblant le fossé, eût crié à ses semblables : Gardez-vous d’écouter cet imposteur ; vous êtes perdus si vous oubliez que les fruits sont à tous, et que la terre n’est à personne (c’est une idée chrétienne) ! " Mais il y a grande apparence qu’alors les choses en étaient déjà venues au point de ne pouvoir plus durer comme elles étaient : car cette idée de propriété, dépendant de beaucoup d’idées antérieures qui n’ont pu naître que successivement, ne se forma pas tout d’un coup dans l’esprit humain : il fallut faire bien des progrès, acquérir bien de l’industrie (activité) et des lumières (propagande), les transmettre et les augmenter d’âge en âge, avant que d’arriver à ce dernier terme de l’état de nature..." (avec la propriété privée va en effet commencer l’ère de la société civile. Rousseau va appuyer la contestation de la propriété privée en évoquant les lois que les puissants imposteurs vont mettre en oeuvre pour garantir le principe et réprimer les opposants.