Toug :
"Donc je crois, comme le dit l’Andalou, qu’il faut toujours respecter
les
auteurs, au moins pour tenter de comprendre leur pensée fidèlement."
Certainement. C’est bien une fois qu’on voit qu’il y a rien derrière si
ce n’est qu’illusion et sophisme qu’on peut les mettre au feu comme dit
Hume.
Hume est vraiment de mauvaise foi pour le coup, puisque derrière la scolastique, il y a les antiquités juives, grecques et romaines : elle contient les fondements même de toute la science et la philosophie classique. C’est un énième épisode de la querelle des anciens et des modernes...
Mais du coup, tenant les anciens en très grand mépris, il est fragile sur les définitions de bases. Or, en philosophie, il faut être précis sur les définitions de base. Plus pour débattre, il faut définir les mots identiquement, sinon c’est un dialogue de sourd... En fait Hume est certainement un feignant, il ne veut pas apprendre les définitions de base et il préfère se lancer dans un Newtonisme philosophique (l’analyse des forces en l’homme).
Sur la Volonté :
"L’alternative que pose Hume est la suivante : ou bien nous n’avons
aucun motif lorsque nous voulons, ou bien la volonté est toujours
déterminée. La première partie de l’alternative se révèle absurde, car
elle a pour conséquence que, si notre volonté est libre, alors nos
volitions sont le fruit du hasard : ainsi serions-nous fous ou
irresponsables"
En fait, il pose mal le problème. Il pose l’homme en tant qu’objet inerte. Un objet inerte subit. Il change d’état en fonction des forces qui lui sont externes. On peut donc le décrire par des propriétés internes, caractérisant son état, propriétés qui seront uniquement des fonctions des influences externes.
Certains sont devenus maboul avec cette loi de l’inertie newtonienne...
Mais l’homme est un sujet. En tant que sujet, il n’est pas un objet inerte, mais un être "artiste" ( "iners, inertis" en latin étant le contraire de "ars, artis"...). Par conséquent, en tant que sujet, son état interne ne dépend pas que des influences externes à lui (monadologie, Leibniz : "les monades n’ont point de fenêtre par où quelque chose puisse entrer").
L’homme se détermine (verbe pronominal).
C’est cela qui fait sa volonté.
Cette détermination lui appartient en propre.
Or celui qui est déterminé par autrui est esclave, tandis que celui qui se détermine est libre.
Comme l’homme se détermine, sa volonté est donc libre.
En fait, Hume, ici, Hume prend certainement la contingence dans le sens de hasard, alors qu’il faudrait la prendre dans le sens de circonstance.
-> L’homme convient aux circonstances comme il l’entend nécessaire. Telle est sa liberté. (Réfection compact de Leibniz, monadologie 46)
-> Note : si un homme est circonvenu constamment, il peut être asservi.