Je sais que les libéraux conçoivent uniquement la liberté comme une notion absolue.
Mais il est une question qu’il convient de poser : "libre de qui ou de quoi ?".
Exemple : je suis un grand industriel et souhaite délocaliser l’ensemble de mes usines françaises au Bangladesh. Auparavant j’aurais du demander l’autorisation au ministre qui me l’aurait accordé, ou pas.
Aujourd’hui, en vertu des articles 63 et 32 du TFUE, je suis libre (vis à vis de l’Etat Français) de gérer mon business comme bon me semble.
Mais la liberté de cet industriel ne va-t-elle pas à l’encontre de votre estimée liberté de travailler, pour le petit contremaître qui y bossait depuis 15 ans ?
En effet, si l’ensemble des industriels disposent de cette même liberté (check : ça c’est bon, c’est fait !), et que l’on rajoute les entreprises de service (en cours), pourquoi se priveraient-ils de l’exercer ? Je ne leur en veux même pas, ça se comprend...
Si tout ce petit monde fait de même, mécaniquement, le marché de l’emploi se réduit comme peau de chagrin. Dès lors, que reste-t’il comme "liberté" à notre petit contremaître ?
- crever, non seulement c’est pas interdit, mais avec l’euthanasie il y aura bientôt un marché pour ça
- toucher des allocations, mais... non, vous voulez les supprimer parce que ça fait des taxes ! Je vous prie de bien vouloir excuser ce langage hérétique...
- s’expatrier là où le marché a besoin de lui. En espérant qu’il parle la langue et n’ait pas trop le mal du pays (ne vous en faites pas amis libéraux : le mondialisme vous a déjà trouvé une solution à ce problème. Nul doute que vous apprécierez)
- rester au pays, mais accepter à terme d’aligner son salaire sur celui du bangladeshi.
- la prostitution - il en faut dans tous les pays - si tant est que votre physique soit plus avantageux que celui de la p*te des pays de l’est, sinon il faudra aligner votre tarif au sien, marché oblige !
- autre option si vous êtes une femme, louer votre ventre et devenir mère porteuse. ( je reprend vos arguments sur les deux derniers points cher Guidmoz.. Comme quoi votre raisonnement n’est pas dénué de cohérence : "Chacun a le droit de faire ce qu’il veut avec ce qu’il a, avec ce qu’il possède, avec son corps aussi")
Tout ceci pour dire que la liberté absolue, in fine, c’est avant tout la liberté des plus puissants au détriment des plus humble et... c’est logique !
Au nom de la liberté, c’est pourtant une forme assez perverse de tyrannie qui s’exerce ici.
Est-ce à dire que nous sommes contre la liberté ? Ce serait là une tournure d’esprit des plus binaires. Mais pour beaucoup, la liberté n’a de sens que dans la mesure où elle est relative, limitée, réglementée.
Il faut donc accorder suffisamment de liberté aux entrepreneurs pour qu’ils aient l’envie de créer, tout en en protégeant leurs salariés des abus éventuels (tentations normales d’un mec qui s’est dévoué des années à sa boîte et exige que ses employés smicards en fassent au moins autant que lui à l’époque). Du reste, c’est ce que la République Française s’attachait à faire autrefois.
"La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres", qu’est-ce que vous, amis libéraux bien intentionnés, ne comprenez pas dans cette phrase ?
J.