@ micnet, Machiavel1983 :
----------------------------------
Salutations et merci pour vos vœux.
Vis-à-vis de Tocqueville, j’ajouterais une précision qui a son importance : ce qu’il dit de l’Amérique n’est pas rigoureusement vrai en France, et il s’en explique lui-même très bien, comme à son habitude.
Les États-Unis ont dû soutenir une guerre d’indépendance vis-à-vis de leur métropole, ce qui explique leur attachement indéfectible à la liberté et, j’ajouterais, leur patriotisme quelque peu outrancier mais néanmoins bienvenu car compensant l’individualisme démocratique (même de façon hypocrite lorsqu’il s’agit d’envoyer au casse-pipe de jeunes soldats latinos exaltés).
La France, elle, a vu en son sein une guerre civile de classes, une guerre menée au nom de l’égalité, d’où cette obsession pour celle-ci. Lorsque Tocqueville parle des maux de l’égalitarisme démocratique, c’est là qu’il est visionnaire car, il a beau en parler pour les USA, la plus belle expression de ce phénomène interviendra en France, bien après ses propres études.
---
Bref, ces particularismes historiques expliquent aussi que l’on ne puisse pas instituer tous les pays de la même manière (cf. droit naturel d’Aristote, imparable). Par ailleurs, ils expliquent également que la France soit à ce point engluée dans l’égalitarisme, qu’elle soit plus schizophrène que la moyenne en ne sachant jamais sur quel pied danser : la défense des libertés individuelles, ou l’intervention de l’État pour faire régner toujours plus d’égalité ?
Chose inédite : il semblerait que plus l’on poursuit l’égalité (entre autres dans des domaines où elle n’a pas lieu d’être et où il n’est même pas souhaitable qu’elle advienne), plus les inégalités se manifestent, tout ceci au détriment des libertés, donc des responsabilités. Nous perdons sur tous les tableaux, et on aura un mal de chien à l’expliquer aux Français car critiquer l’égalité, c’est être forcément un salaud de première, un agent du mal, un suppôt du complot judéo-maçonnique !