@ Mach :
"Comment estimerez-vous la volonté de ces personnes ?"
=> Sur ce point, Chouard a dit quelque chose de très réfléchi. Pour synthétiser ce qu’il a dit et le restituer "à ma sauce", je crois qu’il faut en passer par des filtres. Gueniffey dans son livre Le nombre et la raison montre très bien que le gouvernement représentatif a été instauré pour éviter tout risque oligarchique... même si dans les faits, il a échoué. Il s’agissait d’inciter les gens à pousser ceux qu’ils estimaient les plus aptes d’entre eux à poser leur candidature. En fait, le "candidat" doit avoir été sollicité, il ne doit pas solliciter. C’est un premier filtre. Façon Chouard, ça donne : demandons à tous ceux qui se sentent concernés de dresser une liste de gens autour d’eux susceptibles d’être des citoyens "actifs".
Ensuite, parmi ceux-ci, il faut trier entre ceux qui sont intéressés et ceux qui ne désirent pas prendre de telles responsabilités. Voilà un deuxième filtre, celui de la volonté.
J’ajoute enfin un filtre qui m’est cher, et que Chouard à le tort de négliger, celui de la capacité. Il faut que soient rédigés des questionnaires assez vastes pour s’assurer du minimum requis de connaissances des personnes sollicitées : science politique, droit, économie, histoire et même géographie. D’autres matières pourraient être demandées si certains désiraient se spécialiser et apporter leur connaissance professionnelle à la résolution des problèmes relevant du bien commun : biologie et sciences dures, commerce, urbanisme, industrie, instruction, santé, etc.
Les Grecs appelaient ceci la docimasie.
Nous aurions alors, par le biais de trois filtres successifs, trié quelque peu pour obtenir un échantillon - quelqu’en soit le nombre - de personnes plébiscitées dans leur entourage pour leur probité, leur sens du juste ou leur intérêt pour la politique, ensuite désirant réellement s’investir en ayant évalué ce à quoi elles s’engagent, enfin pourvues du minimum syndical en ce qui concerne les connaissances de base pour mener à bien leur mission.
Reste alors à dégager du temps pour ces personnes, de leur demander à hauteur de quel pourcentage de leur temps hebdomadaire ils désirent s’impliquer, et les indemniser en conséquence. À chaque employeur concerné de jouer le jeu et d’œuvrer avec l’État pour permettre à ces gens de mener de front un mandat public et un tiers-temps, quart-temps ou autre.
Qu’en dites-vous ?