J’ai omis de vous répondre et je dois le faire, étant donné que vous ne m’avez pas pris au sérieux.
Je vous ai opposé la croyance d’un panthéiste (que je ne suis pas) et vous avez pris ça à la rigolade. Pourquoi ? Votre Steiner lave plus blanc ? J’entends par là qu’à partir du moment où nous sommes dans la pure spéculation, pourquoi un panthéiste attaché au cycle de vie des Dieux de l’Olympe serait-il plus stupide qu’un anthroposophe ?
Vous ne cessez de poser des questions de plus en plus abstraites - ce que j’apprécie, rassurez-vous -, questions dont ni moi ni vous n’avons les réponses, et vous me reprocheriez presque de ne pas en donner des réponses conformes aux vôtres.
Je vais donc répéter et approfondir ce que j’ai dit, afin que vous réfléchissiez une minute à cela : pourquoi serait-il sot de penser que chaque âme individuelle soit accouchée d’un tout spirituel surplombant ? Ainsi auraient-elles un "début". Vous qui partez du principe, si je vous suis bien, que toutes les âmes existent avant la naissance de leur véhicule corporel, sauriez-vous nous dire de combien d’âmes dispose l’espèce humaine en réserve ? Ce que je veux dire, c’est qu’en l’espace d’un siècle, la population mondiale a augmenté de plusieurs milliards. Les âmes de ces milliards d’êtres humains supplémentaires ne demandaient qu’à s’incarner. Est-il raisonnable de penser qu’un système aussi complexe soit assujetti à la morne reproduction des bipèdes que nous sommes ? Et lorsque le monde viendra à disparaître, qu’est-ce qui différenciera les âmes qui auront eu le temps de s’incarner de celles qui en auront été empêchées ? Ce qui nous amène en définitive à cette question cruciale : que gagne une âme à s’incarner ? N’a-t-elle pas mieux à faire ailleurs ?
Bien à vous.