Pauvre Soral et pauvre Dieudonné victimes innocentes d’une intolérance criminelle, dissidents relégués au fins fonds du goulag hexagonal, privé d’accés au PAF, torturés et menacés de mort par privation d’exposition télévisuelle :
"Le juif et Auschwitz sont chez Soral de véritables obsessions. Mais c’est, bien entendu, celui qui l’interroge sur ces questions qui est un obsédé. Son révisionnisme et son antisémitisme sont flagrants, mais à chaque fois que Naulleau lui demande de préciser sa pensée, Soral se réfugie derrière la loi Gayssot et la peur des poursuites en justice, ce qui paraît surtout un argument rhétorique, destiné à se poser en victime, plutôt qu’un argument sérieux, puisqu’il ne cache guère ce qu’il pense. Loi en effet contre-productive, qui sert principalement aux négationnistes à invoquer un mensonge d’état organisé contre les héros de la vérité. Pas besoin de loi Gayssot pour dénoncer leurs mensonges.
On a vite compris que toute discussion est impossible avec un Soral, sa doctrine fermée ne laisse place à aucune forme de doute ni de vraie discussion, la moindre remise en question est hors de sa portée. C’est pourquoi, contrairement à Eric Naulleau, dont je respecte l’idéalisme, je ne crois pas qu’on puisse discuter avec Soral. Et sans doute s’agissait-il aussi, pour Naulleau, de dépouiller Soral de son déguisement de victime, de mettre à nu ses obsessions. Certes il ne s’agit pas de l’interdire, mais il faut d’abord dire que sa « pensée », et celle du petit groupe de zélotes qui l’entoure, est criminogène. Elle justifie les crimes antisémites. Et lorsque ceux-ci ont lieu, il leur suffit d’affirmer qu’ils n’existent pas. Soral et ses amis sont des crapules dangereuses, dangereux comme peuvent l’être les obsédés du complot, les paranoïaques et les fanatiques.
Les bourreaux dégoûtent, parce qu’ils sont des bourreaux. Mais il y a une catégorie de salauds qui, personnellement, me dégoûte encore plus. Ceux qui viennent après les bourreaux, et dénient aux victimes tout ce qui leur reste : le fait d’avoir été des victimes. Ceux qui viennent pour déclarer que la victime n’a pas souffert, qu’elle n’a pas été tuée, que tout ça, c’est de la blague, et qui en plus en font des blagues. Marrons-nous sur les douleur mortes. Ils finissent le boulot, quoi. Ces ordures-là se nomment Dieudonné et Soral, elles puent le ressentiment, la cruauté, l’indifférence, la satisfaction ricanante, elles répugnent au-delà de tout."
http://pierre-jourde.blogs.nouvelobs.com/archive/2013/11/01/naulleau-vs-soral-511550.html