Point de désaccord avec Zemmour : au sujet de l’idéologie fatalement inhérente à tout travail historique. L’ambiguïté, une fois de plus, vient d’un mauvais emploi des mots, et ce de manière générale, pas seulement chez Zemmour.
L’idéologie, au sens propre, est l’étude menée sur la vie des idées. En ce sens, elle peut tout à fait tendre vers l’objectivité (j’ai bien dit tendre vers...).
L’idéologie au sens où on l’entend de nos jours est beaucoup plus connotée : il s’agit là plutôt de tenter de rallier un public à une cause. Et là encore, rien de mal à cela... à partir du moment où on a l’objectivité en vue. Autrement dit on peut tout à fait avec un objectif et ne pas fausser la route qui y mène. La cause de Deutsch peut très bien être de susciter l’intérêt pour l’histoire de ses concitoyens. Mais si Deutsch, sous couvert de ceci, a en vue de rallier ses lecteurs à la cause du monarchisme sans que ceci doit dit explicitement dès la première page, on tombe là dans la malhonnêteté.
Eh bien je crois que c’est ce caractère dissimulé que Zemmour a en tête en parlant d’idéologie inhérente à toute étude historique, et si c’est bien ça, je ne suis pas d’accord, du moins ferais-je une distinction entre celui qui, sciemment, induit son lecteur sur un chemin particulier, quitte à lui masquer certains points inadéquats, et celui qui sait se montrer totalement honnête.
En bref, même si l’objectivité totale n’est pas possible, je crois à l’honnêteté en histoire. Exemple personnel : je ferai toujours tout pour détromper les malotrus qui identifient Napoléon à Hitler, mais sans oublier de mettre en exergue les erreurs dont le petit tondu s’est véritablement rendu coupable aux yeux de l’histoire.