Bonjour à vous tous,
Passionnant article qui, bien que je le découvre un peu tard, me donne envie d’y prendre part même si j’arrive un peu après la bataille.
Vous m’excuserez d’avance de ne pas avoir eu le courage de lire les 234 commentaires ayant précédé le mien et peut-être que ce que je vais énoncer maintenant a déjà été évoqué.
Mais il me semble que la dichotomie agoraphilie/agoraphobie est principalement liée à l’idée que l’on se fait de la notion "d’égalité".
Pour ma part, je vais d’emblée faire amende honorable en reconnaissant, tout comme Morphéus, ne pas avoir lu Madison mais j’ai lu en revanche l’un de ses plus fameux successeurs ’spirituels’à savoir Tocqueville.
Je suis donc à peu près de l’avis d’Eric Gueguen car j’avoue ne pas croire en l’égalité des hommes et donc ne pas croire à ce que j’appellerais "la démocratie cardinale" (ou directe) qui en découle. Par conséquent, le fait d’endosser le qualificatif d’agoraphobe me convient parfaitement. D’ailleurs à ma connaissance, il n’y a aucun homme politique, ni même aucun intellectuel aujourd’hui en France qui oserait remettre en cause le principe même de démocratie. Donc pour schématiser, je dirais que la démocratie repose sur 3 piliers :
- la liberté individuelle
- l’égalité
- Le nombre
---> Après avoir lu Tocqueville (et un peu Sieyès) j’en déduis que ces 3 facteurs associés deviennent, en quelque sorte, les catalyseurs de 2 types de sociétés totalitaires possibles qui, au final, finissent par converger :
1 - Une société de type individualiste, soumise à un marché Tout-puissant
2 - Une société très collectiviste de type marxiste-léniniste ou national-socialiste
Et il se trouve qu’aujourd’hui, nous nous situons à la croisée des chemins entre ces 2 types de sociétés, à l’instar de la Chine qui constitue un capitalisme d’état tout en développant une économie ultra-libérale. La vision mondialiste telle que certains la préconisent (il suffit d’écouter un Jacques Attali pour s’en convaincre) avec son paradigme d’individualisme, d’égalitarisme et d’uniformisation de toutes les nations, via un gouvernement mondial, représente en quelque sorte la quintessence de tout ceci.
Je pense que se contenter de dénoncer les lobbies ou les réseaux d’influence est bien évidemment juste mais ce n’est que la toute petite partie immergée de cet iceberg appelée "démocratie". Là est la cause racine qu’il faudrait analyser de front !
En résumé, il me semble que partir du postulat démocratique qui consiste à dire : "tout le monde vaut tout le monde", que cela soit du point de vue de la vertu ou des compétences propres à chacun, est une erreur majeure et peut mener au pire. A cet égard, je conseille, moi aussi, la relecture de La République de Platon où il est clairement rappelé l’adage suivant : "chacun a sa place et les vaches seront bien gardées "
Cordialement,
Micnet