Cherfaurrisson, vous vous enfoncez :
Associer Fabius à la loi dite Gayssot vous trahit plus surement que vos protestations énervées :
"Seuls les négationnistes appellent ainsi cette loi. En général on dit « loi Gayssot ». Mais les négationnistes aiment à lui apposer le nom de Fabius. Il convient de s’attarder sur cette appellation qui constitue en fait un topos antisémite, le plus souvent implicite. Il a été explicité par Faurisson dans une interview en anglais datant de 2002, accordée lors d’un rassemblement négationniste de l’IHR. « Nous l’appelons parfois "loi Gayssot", d’après le nom d’un communiste, mais parfois nous l’appelons également "loi Fabius-Gayssot". Fabius est un juif très riche, un socialiste mais extrêmement riche. Ainsi, la loi anti-révisionniste de 1990 est une loi judéo-socialo-communiste » (Robert Faurisson, « Interview with Phil Sanchez », 22 juin 2002. Jean-Claude Gayssot, à l’orgine de la proposition de loi faisait partie du groupe communiste à l’Assemblée). On est pas loin de la dénonciation (hitlérienne) du « judéo-bolchevisme », d’autant plus savoureuse que Faurisson insiste sur la « richesse » de Fabius. De fait, le syntagme « juif riche » signale un vieux poncif antisémite associant les Juifs à l’argent, ici repris sans vergogne par un Faurisson dont l’antisémitisme s’est exprimé de plus ouvertement au fil des ans. On a ici une manifestation très intéressante d’un antisémitisme radical de facture nazie. En effet, la dénonciation simultanée d’une part de la collusion des Juifs et des communistes et d’autre part de la « richesse des Juifs » est une constante de la propagande antisémite du IIIe Reich. Caractériser, comme le fait Faurisson, Fabius avant tout par sa judéité (qui plus est sa judéité et sa richesse) constitue donc bien un puissant marqueur de la haine antisémite de Faurisson. Ce qui est véritalement intéressant, c’est que Laurent Fabius n’est pas juif. Son père, né dans une famille juive, est converti au catholicisme. La mère de Laurent Fabius est catholique et lui-même, baptisé, a été élevé dans la religion catholique. Et bien évidemment Fabius n’a jamais excipé d’un quelconque sentiment d’appartenance à un groupe ou à une culture juive. Seule une reprise de critères nazis et une singulière paranoïa antisémite permet à Faurisson de présenter Fabius comme juif. Chaque fois que l’expression loi « Fabius-Gayssot » est utilisée, on a affaire à un message pernicieusement, mais très violemment antisémite."