Oui, ce sont bien deux positions divergentes.
Le modèle gnostique entrevoit toute pluralité en tant que division de l’unité de rang supérieur.
En cela, la conséquence est contenue dans la cause. La pluralité hérite une partie des qualités de l’unité supérieure. Satan est alors vu comme une division de Dieu.
En christianisme, la pluralité est conçue comme le fruit d’un acte de création du créateur à l’extérieur de lui-même. En cela la conséquence est hors de sa cause. Elle n’hérite pas des qualités du créateur lui-même, mais elle a ses qualités propres. C’est la causalité moderne. Tout ange a été créé doté de la capacité de comprendre et de vouloir, avec son intelligence et sa volonté propre. Il était donc possible qu’un ange règle sa volonté contre Dieu, mais ce n’était pas nécessaire.
L’univers des créatures gnostiques est un univers de créatures dépendantes de l’unité, une pluralité d’êtres issus de l’unité divisée.
L’univers des créatures chrétien est un univers de créatures indépendantes et autonomes, une pluralité d’êtres juxtaposés (des monades).
Bref, gnose et christianisme ont une conception totalement divergente de la causalité.
Personnellement la conception chrétienne me semble plus sensée : de fait, dans ce monde, chaque homme a sa volonté, sa sensibilité, son intelligence propre à lui-même, chaque petit bout de matière réagit selon les causes qu’il perçoit.
L’idée de se diluer dans l’Un, la conscience universelle, n’y a aucun sens.
Cela n’a de sens que dans un contexte gnostique nostalgique de l’unité perdue.