J’avais en effet les enclosures en tête en parlant d’expropriations, et c’est d’ailleurs l’exemple que l’on nous sert à chaque fois.
R / Et vous pensez qu’une masse de paysans
dans un souci de confort généralisé ont migré vers les grandes agglomérations pour participer fièrement à la révolution
industrielle en étant exploité plus de 14 heures par jours parfois pour
des salaires de misères ? Qu’est ce qui selon vous est à l’ origine de l’exode
rural ? Que leur descendant aient été content de leur sort par le biais
des augmentations salariales et de la société de consommation, oui bien sur, c’est
la phase suivante, celle de la séduction et du formatage culturel et de toute façon ils n’avaient plus d’autres
choix que d’être des prolétaires. Mais qu’est ce qui a produit les exodes
ruraux ? Et il faut noter que je ne parle même pas des peuples colonisés
qui ont vu débarquer chez eux des structures politiques, militaires économiques
chez eux avec une grande violence …
=> Je suis d’accord avec tout ça, mais vous ne pourrez pas me dire après ça que je focalise, comme tout homme de droite, sur des clichés bien ancrés dans le temps... Bien moins que vous en tout cas dirait-on, car moi j’analyse les événements au long cours, dans leur prolongement, leur logique continue. Vous, rivé à votre lecture schmittienne, vous vous retrouvez contraint de bondir d’instantané historique en instantané historique, afin de dénicher la violence. Or, cette violence, je ne la nie pas, elle intervient à certains moments, mais elle n’est qu’un moment d’un processus qui, lui, est résolument sournois. La plupart des gens ne le voient pas car ils ont besoin d’un ennemi matériel, concert et daté ; vous c’est simplement parce que vous avez besoin d’avoir recours aux rapports de force, et les rapports de force manquent de souplesse quand il s’agit d’expliquer le principe de servitude volontaire.
PS : la société de consommation apparaît en Angleterre, bien avant 1789.