"Une assemblée populaire a plus de vertu et de sagesse que tous les Princes et tous les sages réunis" : pour ma part, je considère que cette phrase, en l’état, n’a aucune valeur. C’est simplement du populisme. Ça peut être vrai comme ça peut être faux. Un Prince peut tout à fait n’être intéressé que par son intérêt personnel et le peuple peut très bien être uni dans un même but. Inversement, un Prince peut très bien être l’homme de la situation et un peuple n’être qu’un amas d’individus mus par leur intérêt propre.
Lorsque Aristote se montre, pour le coup, favorable à la démocratie (n’en déplaise à Morpheus), il a en tête un groupe de personnes réellement investies et réellement unies dans la perspective du bien commun (pas dans celle de la volonté des majorités), en conformité avec l’esprit de sacrifice au sein de la Cité ("comme les repas collectifs sont meilleurs que ceux qui sont organisés aux frais d’une seule personne" => ce qui implique un investissement, des devoirs...). Cela induit la recherche du meilleur régime, et celle de la vie bonne : la démocratie ne serait donc pas toujours le meilleur régime, et tous les styles de vie ne se vaudraient pas. Peut-on escompter une telle cohésion de nos jours d’un pays socio-libéral comme la France ? J’en doute fort... sauf à retrouver le sens du commun.
Et concernant votre question , je suis résolument confucéen : je ne peux concevoir que les esprits les plus brillants ne s’intéressent pas à la politique. Et vous finirez par sentir combien la philosophie politique que je brandis n’est pas idéaliste, mais belle et bien attachée à une complémentarité entre philosophie politique et pragmatisme raisonné.