Salut Gaspard.
Tout d’abord je tiens à signaler une mini-révolution dans le paysage politique hexagonal : la reconnaissance, cette semaine, du vote blanc. J’ai enfin un parti à moi. 
Ça n’a l’air de rien, mais si le vote blanc devient le premier parti de France (faisable avec disons 20 à 25% de voix exprimées, sachant le nombre de mécontents...), chaque élection sera invalidée... et ainsi de suite, jusqu’à ce que la classe politique, tous partis confondus, demande à ses ouailles : "que voulez-vous au juste ?" Réponse : la fin de la représentation.
Bref, à condition que tout le monde prenne conscience que le vote blanc est le vrai parti du changement, il reste un petit espoir avant le bain de sang.
Pour rappel, jusqu’à présent, quand on votait blanc (ce qui est mon cas), on n’était pas pris en compte du tout, ou seulement dans l’abstention.
Sinon, Gaspard, c’est une question fondamentale que vous soulevez là : en gros, comment légitimer l’autorité autrement que par le principe de vote majoritaire, et sans tomber dans le choix au doigt mouillé dans le bottin ?
Et je suis en partie d’accord avec la réponse que vous fournissez, en partie seulement. Je crois d’une part qu’il faut en effet exhorter les gens à s’élever, à se développer, à s’extraire de leur gangue, et à ce titre une totale liberté de pensée doublée d’une totale liberté d’expression me semblent fondamentales. Mais d’autre part - et c’est, je trouve, ce que vous négligez dans l’histoire - il faut aussi, en parallèle, promouvoir le commun, et le commun c’est quoi sous nos latitudes ? La nation.
Gaspard, êtes-vous capable de reconnaître que tel individu mérite telle place que vous ambitionniez d’occuper parce qu’il est plus doué et mieux à son aise dans cette partie que vous ? Même si vous ne l’avouez pas verbalement, en serez-vous néanmoins convaincu dans votre for intérieur ? Êtes-vous capable d’une telle objectivité ? Il y a de fortes chances que vous me répondiez "oui", et je vous croirai sur parole. Le problème, c’est que tout le monde n’en est pas capable, que ceux qui en sont capables ne le seront pas toujours non plus, et qu’une personne objective, noyée dans le relativisme actuel, se dira légitimement : à quoi bon être honnête si la majorité de mes semblables n’est pas capable du même effort ? C’est une goutte d’eau dans un océan. Et en effet, je pense que la paresse, la couardise, l’injustice, la bêtise, la facilité ou l’insouciance sont bien plus contagieuses que l’effort, la volonté de se dépasser, le sens du devoir, l’humilité ou bien encore la responsabilité et le courage. Or, notre régime politique se fonde sur le nombre, sur ce qui agglutine sans le moindre jugement de valeur, autrement dit sur la contagion, quelle qu’elle soit.
Alors comment diable faire en sorte que chacun sorte de son pré-carré privatif pour reconnaître objectivement l’importance du développement de son prochain ? Par une entité médiatrice : la nation, le commun. Dès l’enfance, afin de concilier réalisation personnelle et souci du commun, je pense qu’il devrait être enseigné la maxime que voici à chacun :
« Tu es l’élément singulier d’un tout qui t’a précédé et qui te survivra, en tant qu’élément tu n’oublieras jamais d’où tu viens, en tant qu’être singulier tu devras toujours t’instruire pour accomplir ta nature. »