Sur ce point Éric Guéguen, vous êtes piégés par le modèle Aristotélicien, lequel modélise selon une substance qui se spécifie petit-à-petit par accident.
Tel n’est pas l’homme. L’homme agit par son intelligence.
Si donc un homme est violent, c’est qu’il a des raisons en lui-même, propre à son État d’Âme, qui lui fait penser que la violence est le moyen de parvenir à sa fin.
Ceci n’a rien à voir avec le concept d’idiosyncrasie.
Certes l’État d’Âme actuel, du fait de la mémoire, est relié au vécu passé.
Mais d’une part, l’on est dans l’incapacité en général de déterminer l’importance de la mémoire dans l’État d’Âme actuel d’une personne.
D’autre part, l’homme, par conscience de soi ou par grâce de Dieu, est en capacité de réformer ses États d’Âme.
L’idiosyncrasie est une propriété de la chose.
Or, le propre d’un homme est d’avoir une intelligence qui obéit à des raisons.
Ces raisons sont :
- ou bien claires et formulables (conscientes, la Raison de l’Esprit).
- ou bien confuses et indicibles (instinctives, les raisons du Coeur ou du corps).
L’État d’Âme vient par convolution entre État du Corps et État d’Esprit.
La Raison d’Âme vient par convolution entre Raisons du Corps et Raison d’Esprit.
L’homme emploie des stratégies pour faire cesser les États d’Âmes qui lui sont désagréables. Son Âme va d’État en État et Elle recherche un État de plénitude agréable.
La violence peut sembler moyen de parvenir à un État d’Âme apaisé.
On le voit bien : une Âme agitée et en colère est plus encline à la violence.
Il faut voir l’homme comme dotés d’États internes qui se succèdent, et donc sujet à des mouvements intérieurs, mouvements sur lequel il a de plus pour partie prise, par conscience de soi. L’homme se définit plus par son existence que par son essence.
Le modèle Aristotélicien s’applique mal à cet endroit car il cherche à déterminer des universaux abstraits et s’éloigner autant que possible du particulier, d’où l’usage des statistiques pour chercher des corrélations.
Le recours à la violence n’est pas liée aux conditions d’existences (en général), mais est liée aux nécessités internes en l’Âme d’une existence particulière, elle-même enracinée dans son contexte existentiel particulier.
Il est beaucoup plus instructif de ce fait pour comprendre la violence de lire un bon récit littéraire qu’un rapport égrainant les statistiques qui mélangent tout en un magma indiscernable.