Le conférencier a quelques positions problématiques :
Déjà, il affirme qu’au passage entre les temps médiévaux et la renaissance, les gens s’apperçoivent que les choses sont changeantes. J’ai un petit doute, étant donné les mutations considérables qui eurent lieux entre la fin de l’antiquité et les temps médiévaux. Il suffit même de penser à la guerre de cent ans ou même à l’âge des ténèbres où 20% de la population en Europe décède.
Ensuite, il semble réduire la "fortuna" au hasard.
Or, dans la pensée médiévale, la "fortuna", c’est la chance, le destin, et donc elle doit être reliée à la grâce divine. Dieu, par sa grâce qui vient par l’intermédiaire du Saint-Esprit, nous assiste intellectuellement pour nous aider à prendre la bonne décision, voire éventuelle réalise directement un miracle pour nous aider.
La fortuna doit donc être conçu comme la grâce divine.
C’est d’ailleurs très proche de la conception de la Vertu chez Platon.
Cette grâce s’obtient lorsque l’homme n’est pas coupé de Dieu, quand il sait l’entendre, sinon, si l’homme est en disgrâce, il n’a plus l’esprit clair et tout s’embrouille en lui : il finira par faire lui-même les erreurs qui vont le perdre.
Bien évidemment, un homme qui agirait contre la Volonté divine irait vers état de disgrâce à terme.
C’est la raison pour laquelle il fut considérés 2 grands volets de la Vertu :
- Les vertus théologales, liées au rapport à Dieu : espérance, foi et charité. Elles permettent de rester en grâce aux yeux de Dieu.
- Les vertus cardinale, liées à l’intelligence de l’homme seul sans Dieu : prudence, tempérance, courage/force, justice.
L’approche morale opérée par Machiavel fait l’impasse sur les Vertus théologales, et c’est donc un retour à la vertu de l’homme sans Dieu, qui croit, par ses petits calculs, pouvoir mener le monde à sa guise.
Machiavel ne dit-il pas qu’il est plus important de faire semblant de croire en Dieu en public que d’y croire réellement en public ?
Mais s’il avait été chrétien, comment n’aurait-il pas conçu qu’un roi apostat et incroyant subisse à coup-sûr une disgrâce divine laquelle ne peut que rejaillir sur son peuple et donc sur le Bien Commun ?
Donc Machiavel était Athée, forcément.
Bien évidemment, l’homme sans Dieu peut croire pouvoir agir en cachette et faire semblant aux yeux de tous, contrairement à l’homme de Dieu qui se sait toujours observé.
Alors, allez savoir ce qui peut déboucher de ce genre de schizophrénie sociale qui se développe chez un homme : agir d’une manière en privé, et faire semblant en public. C’est l’hypocrisie des pharisiens et donc l’assurance de la disgrâce tôt ou tard.