Je trouve que vous n’évoquez pas ce qui est le plus important et ce qui ne passera pas avec la grande majorité de la population française : la religion et qui plus est dans sa forme sinon intégriste du moins très ringarde. Quand Marion Sigaud nous fait l’éloge du jésuitisme au XVIIe siècle en même temps qu’elle nous montre (à juste titre) les excès du jansénisme, on franchit la limite du ridicule.
A cet égard, je trouve que la position de Jean Bricmont est pleine de bon sens (voir son entretien avec Tepa de Meta-TV) et je partage sa position : je n’ai pas du tout envie de subir un Etat qui aurait des prétentions théocratiques. Or, je crois que beaucoup de gens dans l’entourage de Soral ne sont pas hostiles à cette idée d’un "monarche religieux", qui est pour moi grotesque ou qui serait abominable si elle n’était pas juste stupide. C’est aussi cette dimension là que les gens sentent très mal et qu’ils appellent "fascisme" un peu maladroitement. Ce n’est peut-être pas "fasciste", mais c’est sans doute liberticide et profondément antidémocratique. Et c’est aussi ce qui plaît à certains musulmans parce que c’est une notion qui n’est pas contradictoire avec leur culture (se souvenir que Guénon s’est converti à l’Islam) alors qu’elle l’est beaucoup plus avec un christianisme évolué. Car le christianisme porte en lui-même dès son origine le germe de la disqualification de toute institution prétendant le représenter, ce qui explique pourquoi tout chrétien "traditionaliste" a une allure de momie ou d’impasse évolutive, parfois même physiquement.