"On oublie très souvent de parler des rapports de forces
engrangés par des réseaux de travailleurs et d’intellectuels, que sont les
syndicats."
Je trouve au contraire qu’on en entend incessamment parler depuis longtemps, en particulier dans ta bouche... Mais si on y réfléchit bien, il évident que ceux qui considèrent les relations sociales comme des "rapports de force" ne seront jamais disposés à donner des droits aux autres...
Il n’y a pas d’ailleurs tant de différence avec les libéraux, qui s’imaginent qu’il faut placer les gens en "rapport de concurrence".
On a donc les libéraux, qui placent des individus dans des rapports de concurrence, et les socialiste qui placent des classes dans des rapports de force.
Mais mettez-donc les plus faibles dans un rapport de force face aux plus forts tout en légitimant aux plus forts que la concurrence entre individus est l’idéal...
N’est-ce pas l’assurance que les plus faibles soient écrasés par les plus fort au final ?
Marx, fils de bonne famille, marié à une femme de la haute noblesse Germanique et opérant depuis Londres, a-t-il vraiment rendu service au peuple ? Qui l’a mandaté ?
La bonne interprétation est que les libéraux sont de gauche, une gauche qui est sortie de la Révolution, avec diverses nuances, la droite étant à l’époque légitimiste et catholique : Les royalistes étaient d’ailleurs majoritaires après la guerre de 1870. Ces libéraux étaient des bourgeois, des gens de l’élite. Les bourgs étaient des lieux d’administration, organisées en communes, où les élections municipales récurrentes avaient finit par engendrer une oligarchie de juristes, de professeurs, de notaires, d’avocats, de parlementaire provinciaux ...etc, donc des gens généralement très en cheville avec l’administration (décentralisée) de l’état.
C’est d’ailleurs exactement la faune que l’on retrouve à la révolution dans les rangs du tiers-états à l’assemblée constituante : pas des gens du peuple, mais des gens issus des oligarchies communales, des avocats, des parlementaires provinciaux, des juristes, des receveurs, des procureurs, des fonctionnaires royaux. Et c’est toujours la faune dominante de l’assemblée nationale.
Pour conquérir le pouvoir, ces gens ont promis tout et n’importe quoi au peuple, la Lune, l’impossible, sur base de justifications théoriques très approximatives, peut-être contrôlés en sous-mains par certaines corruptions.
Mais le désastre démographique, économique, social et économique qui a suivi la Révolution, qui a roulé dans la farine le petit peuple, a engendré énormément de mécontentement populaire et les libéraux ont perdu la main. Il y a eu une première restauration, puis beaucoup d’instabilité en Europe, au point que la France était très proche d’une restauration de la monarchie après la guerre de 1870.
Il fallait donc allumer un contre-feu : c’est ici qu’apparaît les délires socialistes et Marxistes, dont l’objet est de vendre en substance le discours déjà vendu aux libéraux (il est juste que les individus soit dans un rapport de concurrence), mais adapté au petit peuple (il est juste que les classes soient dans un rapport de force), ce qui profite évidemment aux détenteurs des moyens de production (voire de paiement), étant donné qu’ils sont les plus fortement armés : ils sont sûr de gagner.
En revanche, les idées sociales de la droite royaliste sont fondés sur le binôme christianisme / Aristotélicisme. La droite royaliste, en principe, conçoit les rapports sociaux habituels non comme des rapports de forces, mais comme des rapports de franchise et de justice.
Ainsi, quand on se place dans un rapport de justice avec autrui, alors on se trouve en disposition morale de lui accorder des droits.
Ceci n’arrivera jamais dans une opposition entre une gauche marxiste et une gauche libérale, car chacune de ces parties ne conçoivent les relations sociales que comme une guerre perpétuelle, une lutte à mort entre des entités soient socialisées, soit individualisée.
La gauche libérale fait en sorte que les chefs s’individualisent et croient légitime la concurrence entre individus, afin qu’ils se dispensent de faire face à leur responsabilité sociale qui est de rendre leur dû à leur subalternes (la part du travail fourni)
La gauche marxiste fait en sorte que les subalternes se socialisent et croient légitime une lutte de classes, afin qu’ils se dispensent de faire face à leur responsabilité sociale qui est de rendre leur dû à leurs supérieurs (l’obéissance aux directives).
Ce binôme idéologique infernal libéralisme/socialisme fut servi de manière ciblée aux publics appropriés, pour engendrer une lutte à mort sociale et économique. Cela permet à certains vautours de dépecer les cadavres qui en résultent et ainsi d’en accumuler les dépouilles à moindre frais.
Mais ceci ne fut qu’un ballon d’essai du XIXème siècle, depuis, cette forme idéologique manichéenne de la guerre de tous contre tous a investi quasiment tous les champs de l’idéologie : lutte des sexes / luttes des genres / lutte des partis / lutte des races,..etc
Or la vraie droite, la droite royaliste, catholique, héritière de l’hellénisme, de la latinité et de la chrétienté n’a pas du tout ce genre de conceptions manichéennes, puisque ses principes s’abreuvent à des sources complètement distinctes : le juste n’est pas quelque chose que l’on choisit, il doit s’imposer à nous, quelles que soient les aspirations personnelles que l’on peut avoir. Une telle pensée dispose donc les élites à donner des droits aux gens du peuple dans la mesure où ceux-ci sont objectivement justes. N’oubliez pas que le Christ, le maître, s’abaisse et lave les pieds de ses disciples.
Les idéologies politique modernes :
- Libéralisme, lutte au travail, polémergisme,
- Marxisme, lutte des classes, polémoclaturisme,
- Lutte des pouvoirs, polémopotentisme,
- Lutte des partis, polémopolitisme,
- Lutte des sexes, polémosexisme,
- Lutte des genres, polémogenrisme,
...etc
[polemos : guerre en grec]
sont des idéologies qui partagent cette même forme manichéenne et je les désigne donc du nom générique de polémosophie : croyance que c’est la lutte qui permet d’acquérir des biens durablement.
Mais, évidemment, si la lutte a d’abord l’effet de s’accaparer d’un bien par la force, elle a dans un second temps l’effet fatal d’engendrer de la haine entre ses protagonistes.
D’où l’effet pervers fatal : la finalité de ces polémosophies politiques est une société de haine, ce qui est objectivement l’enfer pour tous.
Mais on peut dire que l’idéologie actuelle est plus efficace à son but :
L’ancien régime voulait produire un ordre social pour cheminer vers un amour universel, ce qu’il n’a réussi qu’imparfaitement à produire.
Le régime actuel veut produire un chaos social pour cheminer vers une haine universelle et y parvient parfaitement...
Au bout, il y a le paradis, ou l’enfer, à nous de choisir.