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Commentaire de ffi sur Marion Sigaut sur l'extrême-droite - Agoravox TV

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Commentaire de ffi

sur Marion Sigaut sur l'extrême-droite


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ffi 14 mai 2014 17:06

[la lutte sociale permettrait chaque fois d’obtenir des droits] Non ce n’est pas ce que j’ai dit, je n’ ai pas utilisé le terme « chaque fois ».
Vous admettez donc qu’on ne peut en faire un système d’action politique.
 
Il n’ ya pas de règles stricte , le rapport de force permet aussi de gagner en force.
Ce n’est pas le cas quand il aboutit à la débandade...
Ce n’est pas non plus le cas quand cette quête de rapport de force semble incongrue aux yeux des autres : cela ajoute des ennemis à ceux qui le recherchent sans raison. Prenez par exemple les avis populaires sur certaines grèves à répétition dans certains secteurs (SNCF, EN,...).
 
Moi , j’ y crois [les lois de nécessités historique] et c’ est la raison pour laquelle , un homme d’ Etat doit beaucoup lire l’ histoire.
 
L’histoire, ça ne se lit pas. On peut lire des récits sur l’histoire, ou enquêter dans les archives, mais pas plus. L’histoire est toujours reconstruite à postériori, et ces reconstruction peuvent varier beaucoup selon les auteurs. Prenez le simple exemple de l’interprétation du rôle de Robespierre sous la Révolution, qui occasionne périodiquement des débats ici.
 
Par conséquent, lire un récit historiographique, ce n’est pas comme lire les résultats d’une expérience de physique, car contrairement à l’expérience de physique, qui peut être refaite à volonté pour en vérifier les résultats, l’histoire est irrémédiablement passée. On ne saurait donc déjà être certain d’en déterminer les faits avec une grande précision. Dans ce cas, à partir de ces données tellement imprécises, comment clamer être en capacité d’en déduire une loi de nécessité ? C’est très prétentieux à mon avis, et aussi très imprudent.
 
De plus, démontrons par l’absurde.
S’il y avait des lois de nécessité historique, l’histoire serait parfaitement prévisible et déterministe. Par conséquent :
- Vous ne diriez pas qu’il faut s’intéresser à l’histoire, puisque vous en connaissez déjà les lois.
- Il n’y aurait jamais d’évènements inattendus, ce qui est faux. Qui s’attendait à la fin de l’URSS ? Qui s’attendait à la Révolution en Ukraine ? Qui s’attendait au évènements du Rwanda ? ..etc
 
D’ailleurs, historiquement, plutôt que de chercher à "lire le passé", les empereurs romains essayaient surtout de "lire le futur" avant d’agir (le devin devine, les augures décryptes les présages)... La vertu politique est plutôt de voir le présent comme le passé d’un futur, de voir aujourd’hui comme une histoire pour demain. On a toute la série de mot latin en prae*
 
- praesagire (latin : pressentir, qui a donné "présager")
- praeferre (latin : préférer, anticiper, devancer)
- praevenire (latin : prévenir)
- praevidere (latin : prévoir).
- praecipere (latin : anticiper, qui a donné "précepte")
- praedico (latin : prédire)
- praenuntiare (latin : présager, annoncer par avance)
 
S’il y avait des lois de nécessité historique, ce serait formidable, tout serait prévisible et il n’y aurait qu’à anticiper ce que l’on connaît déjà qui va survenir à coup-sûr. Il suffirait de connaître ces lois pour acquérir la vertu parfaite. La Vertu serait donc réduite à la connaissance du passé : c’est une démarche gnostique, où la vertu se réduit à une accumulation de connaissances.
 
Mais s’il n’y a pas de lois de nécessité historique, ceux qui prétendent qu’il y en a se tromperont dès qu’il y a un imprévu, mais prétexteront pourtant la raison nécessaire en laquelle ils croient pour expliquer cet imprévu : le communiste ne marche pas, il faut plus de communisme ; le libéralisme ne marche pas, il faut plus de libéralisme ; l’UE ne marche pas, il faut plus d’UE ; le rapport de force ne marche pas, il faut plus de rapport de force ;...etc
 
Que voici une conception de la vertu à rebours,
et après quel sophistiqué détour !
 
Regarder un passé, dont la connaissance est parcellaire, ne permet au mieux que d’établir des lois approximatives. Ce n’est donc pas une connaissance suffisante pour se passer de prévoir, de prévenir, d’anticiper, de pressentir, ni pour affirmer l’inexistence d’imprévus.
 
Celui qui se fie à une loi de nécessité historique, agit comme un aveugle, c’est un automate, il est donc prévisible et facile à contrer... Il prend sa carte pour le territoire, son schéma de l’histoire pour l’histoire réelle, sa préconception du futur, pour le futur, son sommeil pour un éveil. C’est un homme schématique qui prend ses schémas pour des réalités. C’est un homme qui croit que ses schémas sont des savoirs et qui néglige que ceux-ci puissent être des croyances. Il croit qu’il sait mais ne sait pas qu’il croit, c’est un gnostique.
 
Vous renversez ainsi toute la vertu.
Au lieu de la voir comme un pressentiment vrai, vous en faites un ressentiment approximatif. Au lieu de la voir comme une faculté de voir l’avenir, vous en faites en faculté de voir le passé. Pour marcher vers l’avant, il faut regarder vers l’avant. La vertu n’est pas de connaître à postériori le passé, mais de prévoir promptement le futur. Cela implique une vivacité de l’esprit quant à l’imprévu, et non une inertie de l’esprit à maintenir des préconceptions dépassées...

 

Ainsi, les théories newtonniennes de l’histoire, comme celles de Marx ou d’Adam Smith, sont des "virus" intellectuels poussant à l’inertie des esprits : puisqu’elles s’opposent à la vivacité d’esprit, en proposant un schéma systématique à suivre les yeux fermés, elles sont donc un moyen d’éteindre la Vertu, c’est-à-dire un moyen d’allumer les Vices.

 

[le voleur chez moi] Il défonce votre porte et prend votre carte de crédit par force. Vous vous soumettez ou vous combattez ?
Ca dépend de mon sentiment sur le moment.
Si je sens que le combat est possible avec quelque réussite, je me défends.
Si je sens que le combat est perdu d’avance, je m’enfuis pour organiser ma défense. Je suis courageux, mais pas téméraire. Un bon soldat est un soldat vivant.


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