• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV Mobile


Commentaire de Éric Guéguen

sur Peut-on penser le monde en 2030 ? Par Jacques Attali


Voir l'intégralité des commentaires de cet article

Éric Guéguen Éric Guéguen 10 juin 2014 20:04

Accordons-nous, pour finir, sur une chose, et je pense que vous verrez où je veux en venir depuis si longtemps...

 

Admettons que, par la raison d’État et dans l’intérêt national, un gouvernant soit amené à trahir ses alliés courants. Vous me diriez alors "Eh oui, c’est ainsi". Ce à quoi je répondrais : "Certes, il y avait son intérêt et la parole donnée en balance, il a opté pour le premier". Mais au finale, nous serions d’accord sur une chose, une chose qui a les traits d’un "absolu" : sur le fait que la trahison va à l’encontre du bon sens, du "droit naturel", de ce qui doit advenir normalement. Le simple fait que vous me disiez que, de temps en temps, la trahison est nécessaire atteste du fait qu’une trahison reste une trahison, fût-elle motivée par des desseins tout à fait recevables, et qu’elle ne peut avoir le caractère d’une norme, d’une habitude.

 

Il y a, bel et bien, un absolu décrit, mais nullement prescrit au sens où l’on pourra toujours trouver des contrevenants au principe consistant à respecter la parole donnée. Je maintiens donc que ce n’est pas parce que des principes universels ne sont pas systématiquement appliqués, et parfois bafoués constamment par tradition en certains endroits, qu’il convient de refuser leur existence. Le relativisme dans les faits de témoigne nullement du même relativisme dans le champ des valeurs.


Voir ce commentaire dans son contexte





Palmarès