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Commentaire de Éric Guéguen

sur Critique de la démocratie athénienne


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Éric Guéguen Éric Guéguen 19 juin 2014 14:55

@ Machiavel :
 
Comme souvent sur ce sujet, vos réponses ne me conviennent pas.
Pour aller à l’essentiel :
 
1. "On a donc les deux critères qui définissent l’aristocratie réunis : a. Le pouvoir politique doit être officiellement exercé par une minorité d’individus dans la collectivité. b. Ce sont les meilleurs dans l’ordre des valeurs qui fondent la collectivité qui exercent le pouvoir politique."

 

C’est faux. Le nombre ne définit pas l’aristocratie, mais l’oligarchie. Il se trouve que les meilleurs sont généralement peu nombreux, mais on pourrait imaginer un grand nombre de personnes - une majorité - sensiblement au même niveau. Aristoi, les meilleurs, oligoi, le petit nombre.

Je pinaille sur les termes mais c’est vous qui demandez constamment à être rigoureux sur les définitions, ne l’oubliez pas... Et vous avez parfaitement raison d’ailleurs.

 

2. Sur les valeurs...

Vous êtes drôle car vous prétendez ne pas vous placer sur le champ des valeurs. Mais vous êtes l’intervenant des contre-pouvoirs par excellence. Or, comment définir le "contre-pouvoir" autrement qu’en se référant à la "valeur" de liberté ? Vous n’y couperez pas. Les valeurs sont intrinsèques à tout débat politique. Même votre illustre modèle avait des valeurs en tête en prônant le divorce entre morale et politique. Ce qu’il voulait, c’était l’unité italienne, qui passait par la fin de l’emprise de l’Église, et quelle était-elle, cette emprise ? Morale.

Par ailleurs, le fait de vouloir que le peuple soit au pouvoir, n’est-ce pas, en soi, porteur de certaines valeurs ?

 

3. Pour finir, il faudra un jour se rendre à l’évidence : le régime représentatif n’a absolument pas été conçu comme un régime cohérent, cela faisait déjà longtemps que le débat sur le meilleur régime avait été rendu caduc. Non. C’est un régime qui a été conçu de bric et de broc, pour contenter à peu près tout le monde : le peuple à ses affaires, les élus à leur carrière. Suffrage universel d’un côté (contre-pouvoir, et non pouvoir), professionnalisation de l’autre, soit la dégénérescence aristocratique (les oligoi) associé au vice démocratique (le relativisme).

 

Au finale, ceci explique que le régime représentatif actuel est, comme vous le dites vous-même, non pas un mélange d’aristocratie et de démocratie, mais bel et bien d’oligarchie et d’ochlocratie. Comble du malheur : l’ochlocratie s’imagine quelle est la seule alternative à l’oligarchie, alors qu’elle en est l’aliment depuis deux cent ans.


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