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Commentaire de ffi sur Critique de la démocratie athénienne - Agoravox TV

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Commentaire de ffi

sur Critique de la démocratie athénienne


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ffi 19 juin 2014 15:22

Je n’ai à peu près rien à redire sur l’excellente mise en perspective, sauf sur un ou deux points, que je veux traiter immédiatement.
 
Une inversion des valeurs traditionnelles qui se traduit par un rejet de toute forme d’essentialisme (car jugée ’facho’).
Nos valeurs traditionnelles ne sont pas essentialistes. Tel était le cas en Grèce antique (les idées de Platon, les catégories d’Aristote). Cependant, avec le christianisme, ceci a changé : la cause première n’est plus l’espèce, mais Dieu, c’est-à-dire un Être qui donne l’existence. La scolastique, relisant Aristote d’une main, et la Bible de l’autre, est parvenu à ce double-modèle : l’essence, l’idée rationnelle de Dieu préalable à la création, puis l’existence, qui découle de l’acte de création divin pour fait exister son idée.
 
Leibniz le reprend dans la monadologie :
"

Cependant il ne faut point s’imaginer avec quelques-uns, que les vérités éternelles, étant dépendantes de Dieu, sont arbitraires et dépendent de sa volonté, comme Descartes paraît l’avoir pris et puis M.Poiret.
Cela n’est véritable que des vérités contingentes, dont le principe est la convenance ou le choix du
meilleur ; au lieu que les vérités nécessaires dépendent uniquement de son entendement, et en sont l’objet interne."
 
-> entendement divin : essence.
-> volonté divine : existence.
Donc l’essentialisme n’est pas une pensée traditionnelle en France. Cette pensée traditionnelle est un entre-deux entre essentialisme et existentialisme, il y a a la fois des lois divines éternelles qui se traduisent en essence, la nécessité, et des choix divins qui se traduisent en existence, la contingence.
 
Deuxième point :
L’aristocratie ou La constitution parfaite, en laquelle tout est commun (femmes, enfants, éducation, moyens de défense)
 
Il faut noter que Platon, après la République, fait un autre ouvrage "Les Lois", où il s’écarte de ce schéma idéaliste. De plus, si je me souviens bien de l’ouvrage la République, la communauté des biens, des femmes et des enfants, se trouve plutôt dans une réflexion de Socrate sur la vie des guerriers en charge de défendre la cité.
 
Je disais au départ que, hormis ces points de détails, la mise en perspective est très bonne.
 
En effet, tout homme, pour survivre, a des besoins.
Par conséquent, il s’en suit, pour tout homme, des nécessités.

On peut le recouper avec la phrase de Bossuet.
La liberté, c’est pouvoir ce qu’on veut et vouloir ce qu’on doit.
 
De fait, si l’homme ne peut faire face aux nécessités qu’il a pour survivre, il meurt, donc perd sa liberté.
 
Il y a ainsi deux possibilité de perte de sa liberté :
Soit qu’on a pas les moyens d’avoir ces nécessités.
Soit que la volonté est déréglé au point qu’on ne veut pas faire face à ces nécessités (on ne veut pas ce qu’on doit)
 
C’est ici que l’on peut recouper avec Tocqueville :
"je vois une foule innombrable d’hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme"
 
L’individualiste est donc quelqu’un dont la volonté est réglée sur la recherche du plaisir. Sa volonté est déréglée. Il ne cherche pas ce qu’il doit, c’est-à-dire ne cherche pas à faire face aux nécessités pour assouvir ses besoins, mais cherche ce qui lui plaît, en toute insouciance. L’individualiste risque donc de perdre sa liberté à terme.
 
Continuons avec Tocqueville :
"Au-dessus de ceux-là s’élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d’assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. Il est absolu, prévoyant, régulier et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l’âge viril ; mais il ne cherche, au contraire, qu’à les fixer irrévocablement dans l’enfance ; il aime que les citoyens se réjouissent pourvu qu’ils ne songent qu’à se réjouir."
 
Ici, on peut faire le lien entre la volonté réglée à la recherche du plaisir, qui est propre à l’âge infantile, l’enfant étant consommateur des ressources apportées par ses parents, et l’âge viril qui consiste en une volonté réglée à l’accomplissement du devoir, le parent étant producteur des ressources qui nourrissent sa famille.
 
Ainsi, la perspective est-elle parfaite :
La démocratie engendre un dérèglement des volontés individuelles, qui penchent alors trop vers la jouissance de la consommation, au lieu de pencher vers le devoir de la production. Il s’en suit l’incapacité des gens à produire ce dont ils ont besoin par eux-mêmes, ce qui est une menace de mort imminente pour eux. Ils chercheront à s’en dépêtrer par tous les moyens, et en particulier en abdiquant leur propre liberté, par exemple en se faisant volontairement esclave envers un maître qui saura les nourrir, ou bien en acceptant n’importe quel tyran qui leur promet de les châtier pour les corriger de leur mauvais penchant.
 
La situation actuelle, avec le développement de la société de consommation, est une parfaite illustration de ce glissement en cours.


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