Je dirais que la logique du "moins mauvais des régimes" table sur l’uniformité de la nature humaine, toute encline au même degré à l’hybris, au désordre éthique. Plus encore, elle fait du pire bipède un standard pour toute la planète afin, dit-elle, de nous éviter les déconvenues. J’ai eu aussi l’occasion de le dire : le régime représentatif actuel a déjà été fondé d’après cette logique du moindre mal, et Michéa en a même fait un bouquin. Ce principe table sur la politique comme mal nécessaire quand j’y vois pour ma part la plus belle expression de notre nature en partage, malgré tous les désagréments que cela induit.
Mais pour répondre tout de même à votre question, tant bien que mal, je dirais qu’avec une vraie transcendance - un Dieu, pas de menus droits de l’homme éthérés - un tel principe serait déjà plus efficace. Encore une fois, cependant, je ne me place absolument pas dans cette optique. Et ce n’est pas pour autant que j’escompte établir un régime "idéal". Je veux au contraire que l’on appréhende enfin l’humanité à la fois dans son invariance philogénétique et dans sa pluralité ontogénétique, non l’inverse.