Pardon Gaspard, mais l’Union européenne n’a jamais été conçue comme un "pouvoir politique". Jamais. Elle a été mise en place dans le grand élan délirant qui consiste depuis deux cent ans à rêver de la fin de l’histoire, donc de la politique, de sa dissolution dans les eaux glacées du calcul égoïste.
Seulement - et c’est là que je vous rejoins tous - le pouvoir est quelque chose d’inévitable au sein des communautés humaines, et le désir de le voir disparaître, fût-ce dans la profusion marchande, ne pouvait que conduire à l’émergence d’un autre genre de pouvoir. Certains l’appellent soft-power, d’autres "gouvernance" ou intégration parfaite. Pipeau ! Il est plus insidieux car il ne dit pas son nom. Et refusant de se considérer lui-même comme un pouvoir, comment pourrait-il admettre la mise en place de remèdes à ce qui n’existe pas ? D’autant plus que les contre-pouvoirs seraient inévitablement politiques.
Toujours la politique se rappellera à notre bon souvenir, car c’est notre condition naturelle.