Ce serait gentil de rester attaché au thème de la discussion de départ, qui est :
"le christianisme qui prône un gouvernement qui suit des lois divines n’est-il pas contradictoire avec l’anarchisme qui prône ni Dieu ni maître ?".
voir ici.
Péché vient du latin peccatum qui signifie "faute, erreur".
Toute infraction à la loi divine, c’est-à-dire à la loi mosaïque, est un péché.
La loi mosaïque proscrit le meurtre, le vol, l’adultère,...etc
Le péché n’est pas la notion fadasse que tu prétends...
Il correspond aujourd’hui à ce qu’on désigne par crime ou délit.
Faut-il punir un meurtrier de ses crimes de sang ? Oui.
Exemple :
Rois 14:6 « Mais il ne fit pas mourir les
fils des meurtriers, selon ce qui est écrit dans le livre de la loi de
Moïse, où l’Éternel donne ce commandement : on ne fera point mourir les
pères pour les enfants, et l’on ne fera point mourir les enfants pour
les pères ; mais on fera mourir chacun pour son péché. »
Ceci illustre le Roi des juifs (le christianisme admet donc un souverain) qui punit un péché (le meurtre est donc un péché) selon les modalités de la loi divine (la loi mosaïque issue de Dieu, et non des hommes).
Cet extrait montre que sur ces trois points, tu as faux.
Par ailleurs, ce n’est pas chrétien que les lois humaines se substituent aux lois divines. Ça, c’est le positivisme moderne : la loi peut devenir n’importe quoi, selon le fait du prince. Ce fut aussi le problème de Rome, grande législatrice s’il en fut, qui mît un génial système de calcul des lois au point (par le juste), mais dont le défaut fut l’excès de n’importe quoi qui fut permis par l’absence de limite à cette possibilité, ce qui aboutit à la décadence morale puis à l’effondrement de cet empire.
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Les jeux
quinquennaux
XX.
Sous le quatrième consulat de Néron, qui eut pour collègue Cornelius Cassus,
des jeux quinquennaux, institués à Rome à l’imitation des combats de la
Grèce, donnèrent lieu, comme toutes les nouveautés, à des réflexions
diverses. Selon les uns, "Pompée lui-même avait encouru le blâme des
vieillards en établissant un théâtre permanent ; car avant lui la scène et
les gradins, érigés pour le besoin présent, ne duraient pas plus que les jeux
et même, si l’on remontait plus haut, le peuple y assistait debout ; assis, on
eût craint qu’il ne consumât des journées entières dans l’oisiveté du
théâtre. Au moins fallait-il s’en tenir aux spectacles anciens, tels que les
donnaient encore les préteurs, où nul citoyen n’était obligé de disputer le
prix. Les moeurs de la patrie, altérées peu à peu, allaient périr
entièrement par cette licence importée. Ainsi tout ce qui peut au monde
recevoir et donner la corruption serait vu dans Rome ! ainsi dégénérerait,
énervée par des habitudes étrangères, une jeunesse dont les gymnases, le
désoeuvrement et d’infâmes amours se partageraient la vie ;
et cela par la
volonté du prince et du sénat, qui, non contents de tolérer le vice, en
faisaient une loi.
Que les grands de Rome allassent donc, sous le nom de poëtes
et d’orateurs se dégrader sur la scène. Que leur restait-il à faire, sinon de
jeter leurs vêtements, de prendre le ceste, et de renoncer, pour les combats de
l’arène, à la guerre et aux armes ? En seraient-ils des augures plus savants
et les chevaliers en rempliraient-ils mieux les nobles fonctions de juges, pour
avoir entendu en connaisseurs des voix mélodieuses et des chants efféminés ?
Les nuits mêmes étaient ajoutées aux heures du scandale, afin que pas un
instant ne fût laissé à la pudeur, et que, dans ces confus rassemblements ce
que le vice aurait convoité pendant le jour, il l’osât au milieu des
ténèbres."
Tacite, les annales, livre XIII.
Un modèle politique chrétien, qui a existé, quoi qu’imparfaitement, est fondé sur une trinité de législation :
1° (tout en haut) : les lois générales voulues par Dieu (loi mosaïque), qui sont intangibles et que nul ne peut changer.
2° (tout en bas) : les coutumes, issues des accords collectifs dans les diverses communautés, décidée par la population elle-même.
3° (au milieu) : les arbitrages en justice effectué par le souverain en cas de désaccord entre plusieurs communautés et autres décrets qui concernent l’administration de l’état.
Le souverain est ainsi limité par en haut (les lois divines) et par en bas (les coutumes). Il a à la fois un rôle d’arbitre pour trancher les désaccords politiques éventuels entre communautés, et il est aussi responsable d’organiser un état fonctionnel qui puisse :
- rechercher les coupables d’un crime (police)
- leur appliquer des peines proportionnées (justice)
- faire exécuter ces peines (système pénitentiaire)
- se défendre face à l’étranger (armée)
- discuter avec l’étranger (diplomatie)
Non mais c’ est une blague
, c’ est toi qui raconte n’importe quoi
, quel anarchiste a dit qu’ il ne
fallait pas punir le meurtre ou le vol ?
Et si aucun anarchiste ne
l’a dit, de quoi tu parles au juste ?
Les bonnes intentions, c’est bien beau.
Mais il y a aussi la pratique.
Comment fais-tu pour découvrir qui a fait un crime ou un vol ?
Si tu le retrouves, comment fais-tu pour le punir ?
S’il n’y a pas un État fonctionnel qui soit en mesure de mandater des gens pour ces actions, ce n’est tout simplement pas possible. C’est la raison pour laquelle il faut un gouvernement. C’est la raison pour laquelle l’anarchisme prône l’impuissance. C’est la raison pour laquelle l’anarchisme est voué à sombrer dans la barbarie et l’explosion du crime.
L’anarchisme ne peut que se greffer sur une société fonctionnelle, et survivre par parasitisme, il est une anti-civilisation.