Vous ne comprenez pas ce que j’essaie de vous faire comprendre, mais il faut dire que ce n’est pas facile à formuler. Je vais donc essayer comme ceci :
pour les Grecs, la politique, ça n’est pas un simple outil pour imposer telle ou telle chose. Pour eux - et on le ressent aussi bien chez l’historien Thucydide que chez le philosophe Platon ou chez le dramaturge Sophocle - la politique est la manifestation de la vie commune. Elle est donc le soubassement de toutes autres activités : le théâtre a avant tout une vocation politique, la religion a avant tout une vocation politique, la philosophie a avant tout une vocation politique. Cela ne veut pas dire qu’il y règne du "totalitarisme", ça c’est une monstruosité issue d’une époque ayant préalablement rompu avec ce qui constituait durant l’Antiquité l’essence d’un peuple, et ayant relégué dans l’instrumentalisation exclusive la politique. Machiavel a d’ailleurs fait beaucoup pour cela.
Entendons-nous bien, je ne dis pas que la politique n’a pas été de tout temps instrumentalisée, je dis que ce qui passait avant pour un dévoiement est devenue une norme aboutissant au régime représentatif actuel.