Je souscris pleinement au commentaire de Qaspard plus haut : Jean Robin est victime de sa "mauvaise réputation" (dont il est le premier responsable) ce qui fait que la plupart des commentateurs lui cognent dessus avant même de prendre le temps de l’écouter. Or il se trouve qu’ici, en effet, l’échange est de qualité, d’un côté comme de l’autre d’ailleurs. Je trouve aussi que la forme du débat, via une pendule d’échec, permet à chacun des contradicteurs de prendre le temps de développer ses arguments sans se faire couper la parole, ce qui est plutôt rare dans les débats, y compris sur le net.
Sur le fond, je rejoins l’avis de Jean Robin qui me semble plutôt bien vu : en France, le système politico-médiatique sur le plan intérieur a toujours hiérarchisé les communautés faisant ainsi de nos compatriotes juifs des "intouchables", via la sacralisation de la shoah alors que sur le plan international, n’en déplaisent à certains, la plupart des journalistes et intellectuels français se trouvent être plutôt pro-palestiniens. Le cas Thierry Ardisson est, à cet égard, assez emblématique de cet état d’esprit fait de mélange de moraline et d’émotionnel : on diabolise certains "mal-pensants" en les traitant de racistes ou d’antisémites (typiquement, c’est ce qu’Ardisson a fait avec Dieudonné) tout en désignant sur le plan international l’état d’Israël comme le "vilain" face aux "gentils" palestiniens. (je me souviens effectivement de la scène, lors de l’émission de ’Tout le monde en parle’, où Finkielkraut avait été accusé d’avoir maltraité l’actrice Juliette Binoche en l’ayant fait pleurer par rapport à la question du conflit israélo-palestinien).
En résumé, le jour où, dans les discussions, l’on arrêtera de désigner des "méchants" et des "gentils" et qu’on acceptera enfin d’appliquer un mode de fonctionnement froid et rationnel en lieu et place de son émotivité toute personnelle, peut-être y aura-t-il moins de problèmes de liberté d’expression...