maQiavel
"C’est incroyable je trouve, qu’une
série faites pour un marché de masse révèle ce grand secret de la politique au
public (que la grande majorité n’a pas
du comprendre m’est avis), admirablement décrit par Max weber lorsqu’ il évoque
la question de la légitimité et par d’ autres avant lui depuis l’ antiquité : le pouvoir est un artifice."
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Dans ce cas, je reviens une fois de plus avec le travail de Lordon, sur Spinoza, précisément parce que son travail de recherche s’efforce particulièrement de déplier les mécanismes de valorisation (processus de légitimation, valeur boursières, valeur artistique...).
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Il démontre notamment dans "L’intérêt souverain" qu’il n’y a pas de légitimité en soi, que le "légitime" n’est que ce qui gagne le rapport de force dans la lutte pour la valorisation de sa position de pouvoir, une légitimité qui ne dure que le temps de sa victoire dans le cadre de ce rapport de force, ni plus, ni moins.
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Le travail de Lordon est essentiellement de chercher à comprendre comment se font et se défont les institutions et comment, entre autres, à un moment donné, une configuration institutionnelle (un régime quelconque) apparemment stable bascule dans "l’illégitimité" (la soudaineté suggérée par le "basculement" n’est évidemment elle-même qu’apparente, les rapports de force ne cessant jamais, les équilibres ne sont en réalité que toujours précaires, aussi aucun basculement ne devrait être étonnant - je suppose que c’est là tout le principe dynamique de GOT).
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Pour achever de tenter de vous convaincre que s’il y a un auteur contemporain qui prend à bras le corps la question qui vous taraude depuis que je vous lis sur AV c’est bien Frédéric Lordon explorant Spinoza, voici un morceau choisi de "La légitimité n’existe pas" (publié dans le Cahier d’économie politique, 2, 2007) http://www.u-picardie.fr/labo/curapp/IMG/pdf/lordon_la_legitmite_n_existe_pas.pdf) :
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"Ce droit auquel je renonce, c’est mon "droit naturel" dit Spinoza. Or on se doute que l’anti-humanisme théorique spinoziste est peu susceptible de déboucher sur un prolongement juridique qui prendrait la forme des "droits de l’homme"...
De fait, le droit naturel selon Spinoza, proche en cela de celui de Hobbes, est parfaitement étranger à la pensée du jusnaturalisme et des droits subjectifs. Le droit naturel n’est pas autre chose que l’expression brute du conatus. Mon droit, c’est moi. C’est le droit de faire tout ce que j’estime requis par les nécessités de ma persévérance : "le droit naturel des hommes doit être défini non par la raison mais par tout appétit qui les détermine à agir et par lequel ils s’efforcent de se conserver" (TP, II, 5). Ainsi, "le droit de nature n’interdit rien sinon ce que nul n’a le désir ou le pouvoir de faire"
(TP, II, 8).
Par conséquent, "le droit naturel de chaque individu s’étend jusqu’où va sa puissance" (TP, II, 4). Il suffit de ces quelques indications pour faire comprendre que ce droit naturel, aux antipodes d’un concept juridique, est en fait un concept fondamentalement anthropologique." (page 12 du PDF)
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Lordon/Spinoza n’est pas le premier et ne sera pas le dernier à chercher sur les mécanismes sociaux de valorisation et de pouvoir, mais il est le seul à ma connaissance à articuler "les émotions des hommes et le poids de détermination des structures" dans son travail de démontage.
Aussi ne puis-je que vous conseiller de l’implémenter dans votre corpus principal. (Ses écris n’ont bien sûr pas la puissance opératoire de ceux d’un Sun Tzu ou d’un Maquiavel, mais ils se complètent... complètement).
Amicalement.
(et désolé pour le HS)