@un primate
C’est marrant, j’ai l’impression que vous me tendez le micro. 
En quelques mots, je pense que notre époque se paie de mots, que plus nous insistons lourdement sur la promotion de la "démocratie", de la "liberté", de l’égalité", de la "laïcité", moins nous y croyons, et surtout plus nos "élites" ont des doutes quant à leurs capacités à nous en convaincre.
Il y a des constantes dans l’histoire. L’homme moderne n’est pas plus intelligent que l’homme médiéval ou que l’homme antique. Les nécessités sociales demeurent. De tous temps il s’est agi de maintenir un certain ordre social, soit verticalement par les religions, soit horizontalement par le marché. Nous nous croyons plus malins parce que nous avons mis au jour cette seconde forme d’"ingénierie sociale" et que nous avons l’illusion de liberté dans des choix totalement futiles au regard de ce dont est capable l’être humain générique. Mais nous sommes en train de déchanter parce qu’en définitive, l’horizontalité marchande sous-tend sa part de verticalité : hommes d’affaires, agioteurs, spéculateurs sans vergogne, etc., toute cette frange qui se sert sur la bête.
Toute société a besoin de verticalité, et en entretenant au sein des masses l’aversion pour elle, on les empêche de s’interroger sur la verticalité légitime au profit d’oligarques œuvrant pour leur compte personnel sous couvert de droits de l’homme ou d’autres conneries de ce genre.