@Vla l’Jean
Ce que nous pouvons dire de ce témoignage et de la situation décrite :
-Ce n’est qu’un témoignage. S’il ne doit pas être écarté, on ne saurait non plus prendre l’intégralité du propos pour argent comptant. Pourquoi énoncer un tel truisme ? Un élément en particulier du discours a fait tilt dans mon esprit : des élèves auraient affirmé que "la race juive est maudite par Allah". La formulation est intéressante. Cette position racialiste n’est pas un discours islamiquement correct, du moins islamiquement répandu. D’ailleurs, les jeunes que je côtoie qui auraient pu être ces élèves doivent sûrement piocher leurs informations dans la sphère antisioniste et affirment plus généralement qu’ils condamnent le sionisme, une idéologie politique, et non les juifs dans leur essence, forme de racisme proscrit par l’islam. N’est-ce qu’un détail ? Cela me permet de répondre sur l’accusation d’antisémitisme à l’encontre des banlieusards réislamisés.
-Qu’il y ait en France, une pénétration de positions salafistes (oui au pluriel, car ce milieu comporte diverses chapelles, s’opposant sur certains points doctrinaux) ou ikhwanistes (frères musulmans), c’est avéré. Le discours de la dissidence a tendance à rappeler que quand on pointe le problème posé par une certaine pratique de l’islam, on se garde de désigner le communautarisme juif qui tient en partie l’état et que cela fait le jeu du choc des civilisations qui profitera essentiellement à ce dernier. La position qui me paraît la plus droite et fédératrice est la suivante : par pétition de principe, je refuse de tolérer une forme de communautarisme plutôt qu’une autre. Il faut réaffirmer notre exigence d’une laïcité non-dévoyée (son dévoiement au sens d’un laïcisme du style Peillon) et quant aux pratiques religieuses qui posent de fait un problème parce qu’elles enfreignent nos lois et nos moeurs, il faut alors poser une alternative par le discours et l’incitation (pas par la force) : conformez-vous à l’humus français ou partez en des terres qui correspondent à vos critères ! La question n’est pas de combattre l’islamisme en particulier, mais d’affirmer qu’en France, on respecte le cadre législatif et le socle culturel et commun de la nation. Si la chose est faite (et une proportion conséquente de juifs et de musulmans le fait), eh bien, les juifs, musulmans et autres minorités religieuses ont leur place dans la communauté nationale. Chez moi, cet approche ne se découple pas d’un projet de remigration (qui n’est pas une mince affaire, j’en conviens) : puisque beaucoup resteront, faisons en sorte que cela se fasse dans les meilleures conditions de vie commune possible !
-Enfin, une partie de l’argumentaire de ce professeur semble reposer sur l’obligation morale d’être Charlie et de respecter la minute de silence. Je ne veux pas surcharger mon post et je dirais donc succinctement que les valeurs représentées par Charlie Hebdo sont loin, très loin de faire consensus, et que la défense de la liberté d’expression n’était pas leur préoccupation première (vous connaissez l’allusion).