@pegase
Absolument interdit par l’église jusqu’au milieux du 18 ème .. puis plus ou moins toléré sous la pression des instigateurs des lumières, jusqu’au début 19ème où l’interdiction est levée, mais pas encore au Vatican ..
Ca, c’est vous qui le dîtes mais les travaux de Jacques le Goff sur l’économie au Moyen-Age tordent les idées reçues, en démontrant que les chrétiens pratiquaient également l’usure, notamment dans les campagnes. D’où l’intransigeance de l’Eglise qui visait à limiter cette pratique entre chrétiens. Intransigeance mêlée d’esprit pratique : le purgatoire fut inventé pour laisser une possibilité aux commerçants et usuriers de sauver leur âme...
@micnet
J’avoue que je suis allé un peu loin en séparant complètement christianisme et judaïsme mais je réagissais aux propos de Cassia.
Jésus ne part pas de rien de rien lorsqu’il proclame l’amour du prochain. Il s’appuie sur les Écritures existantes qu’il reconnaît clairement comme faisant autorité et, finalement, ne fait que pousser cette logique d’amour de l’autre bien plus loin en proclamant par exemple l’amour des ennemis...
Bien sûr, mais il faut garder à l’esprit que le judaïsme de cette époque est très différent du judaïsme rabbinique qui a subsisté après la chute du Temple. Donc je pense que cet universalisme juif pré-rabbinique débouche effectivement sur la révolution chrétienne (car le christianisme est avant tout une révolution métaphysique, une nouvelle manière de comprendre l’homme et sa finalité) mais n’a pas vraiment eu d’influence sur le développement ultérieur du judaïsme talmudique. L’universalisme juif actuel est selon moi davantage le fruit une prodigieuse faculté d’adaptation muri à travers l’exil plutôt qu’une adhésion à la rupture métaphysique radicale opérée le christianisme. Il me semble que la dialectique des Attali et des BHL, à la fois cosmopolite et tribaliste, est tout à fait caractéristique de cette ambiguïté vis à vis de l’universalisme libéral et chrétien.
@berphi
J’ai parlé de "chamailleries" par euphémisme. Il y a eu des conflits très graves au sein de la communauté chrétienne naissante et je crois que tout le monde admet à peu près aujourd’hui que la religion chrétienne a été fondée par Paul et non par Jésus.