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Joe Chip

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  • 4 votes
    Joe Chip Joe Chip 13 novembre 13:38

    @maQiavel

    Il faut distinguer trois choses :

    le fait,d’être une victime, qui peut se définir de manière précise
    le fait de se ressentir comme victime, qui est déjà plus problématique (on sait très bien que la plus facile des choses est de s’éprouver comme une victime des autres ou du jeu social)
    — le fait d’appréhender d’être une victime

    Autant le premier état est regrettable et doit être dans la mesure du possible corriger par la société, autant le second peut également se comprendre en tenant compte de certains éléments contextuels ou historiques, autant la crainte de devenir une victime ne peut pas être objectivé sur le plan politique car elle relève d’un mécanisme de projection à caractère paranoïaque. C’est une forme de crainte qui indexe l’avenir sur des éléments purement subjectifs et irrationnels qui peuvent par ailleurs être facilement repris et exploités par les extrémistes de tout bord.
    On pourrait même parler de prophéthie auto-réalisatrice, un peu comme un chômeur qui justifierait le fait de ne ne pas chercher de travail parce qu’il craindrait de ne pas pouvoir en trouver, ou d’une personne qui renoncerait à trouver un partenaire par crainte d’être à nouveau rejeté. Même si ces craintes sont intimement fondées, elles ne sont pas objectives, car bien entendu l’avenir n’est pas écrit à l’avance.

    A un moment la société ne peut pas accepter que certains discours politiques soient basés ou construits sur des "ressentis" solipsistes, non confrontés à la réalité, et c’est valable pour tout le monde. Un pays où chaque groupe social minoritaire plus ou moins identifié pourrait soupçonner le groupe majoritaire de vouloir se livrer à des pogroms ne peut pas connaître la paix. N’importe quel psy pourra t’expliquer qu’un paranoïaque qui se dit victime des autres finira toujours par voir ses craintes se réaliser dans la mesure où son attitude finira irrémédiablement par susciter l’hostilité des autres, validant ainsi à priori son "ressenti" et justifiant le fait de se défendre contre des attaques imaginaires ou des injures mineures.

    On ne peut pas se montrer complaisant et accepter que des musulmans tombent dans la paranoïa en se vivant de manière plus ou moins sincère comme des victimes potentielles.

     
    On vit tout de même une période de radicalisation du discours antimusulman qui assimile ces derniers à des envahisseurs, à des colons, à des troupes d’occupation nazies et j’en passe et le tout ponctué d’appel à la lutte et au combat.


    On vit une période de tension liée à une situation sociale difficile, que l’on retrouve partiellement dans d’autres pays, à la gestion idéologique de la politique migratoire, à l’antiracisme institutionne et à une série d’attentats islamiques qui ont éprouvé l’opinion. Dans ce contexte, il y a des démagogues qui agitent les peurs collectives et se répondent de tous les côtés.
    Je conteste au passage l’utilisation abusive du terme "radicalisation" qui est désormais appliqué à tout et n’importe quoi suite au dévoiement lexical opéré notamment par Oliver Roy, qui postule une "radicalité" pure et politiquement indéterminé qui trouverait de multiples exutoires en fonction du contexte : islamisation, contestation sociale, etc... Les médias accolent ce terme de "radicalisation" à des réalités sociales qui sont souvent en interaction dialectique mais qui ont des ressorts très différents (ex : la pauvreté peut expliquer en partie des parcours sans pour autant les justifier), donnant ainsi l’impression d’une montée généralisée et irrésistible aux extrêmes tout en relativisant les vrais cas de radicalisation (hypothèse par défaut du "déséquilibré").

    Pour ma part, j’y vois clairement un discours normatif porté par la bourgeoisie centriste et macronienne. Toute contestation de l’ordre établi ou de la réalité équivaut à radicalisation : le djihadiste, le gilet jaune, le chômeur, l’écolo, l’étudiant précaire se voient ainsi tous renvoyés à des degrés divers de "radicalité". Je renvoie à l’hystérie de certains commentateurs manquant d’épithètes ridicules pour qualifier Greta Thunberg. Au milieu de tout ça, seule peut prévaloir l’interprétation des gens au pouvoir, réputée sage et rationnelle.



  • 31 votes
    Joe Chip Joe Chip 13 novembre 11:57

    La graphie à l’intérieur de l’étoile est rigoureusement calquée sur celle de l’étoile jaune historique portée par les juifs durant la guerre. Pourquoi cette graphie en particulier s’il n’existe aucune intention d’établir un rapprochement entre ces deux étoiles ? Ce serait une coïncidence extraordinaire si elle n’était pas signifiante.

    Si l’évidence n’est pas suffisante, on a donc une série d’éléments probants qui démontrent le rapprochement symbolique effectués entre les deux étoiles :

    une étoile identifiée à un symbole d’exclusion raciale dans une manif de protestation contre une soi-disant discrimination à caractère raciale de croyants
    la couleur jaune (merci à SOS racisme)
    — la graphie identique
    — les messages véhiculés dans la manifestation ou autour de la manifestation, faisant allègrement et explicitement le rapport entre la persécution des juifs sous le régime nazi et la soi-disant persécution des musulmans en France en raison de leur religion (pour rappel, les actes antimusulmans sont en diminution nette et globale depuis plusieurs années)

    https://www.gouvernement.fr/bilan-2018-des-actes-racistes-antisemites-antimusulmans-et-antichretiens

    — les dénégations de certains organisateurs de la manif qui ont critiqué cette assimilation en expliquant qu’il s’agissait d’initiatives individuelles ou minoritaires

    En gros, le seul élément qui va à l’encontre de cette interprétation est le nombre de branches qui différencie la forme de l’étoile de David de celle de l’étoile marocaine ou "islamique". Mais précisément, c’est ce qui motive le rapprochement que seules des personnes de mauvaise foi ou des partisans du littéralisme le plus obtus ne veulent pas voir, et je dis ça de manière totalement dépassionnée.

    Le but est bien de suggérer qu’il y a une substitution victimaire à opérer dans l’imaginaire antiraciste entre la figure du juif en tant que victime innocente de la France ou des autorités françaises et la figure du musulman, pas une identification.
    Le bourreau est bien identifié essentialisé et toujours le même l’odieuse France majoritaire au passé raciste, colonial, réduite à Vichy et à la collaboration mais sa victime a changé : les musulmans sont les nouveaux juifs, courant le risque de la stigmatisation quotidienne et de la déportation. On retrouve aussi la même thématique d’assignation identitaire paradoxale, le musulman étant à la fois bafoué dans son identité et renvoyé exclusivement à celle-ci, ne pouvant donc entrevoir aucune forme de reconnaissance dans la République française. Le rapprochement est encore plus évident avec l’image de la petite fille arborant l’étoile jaune fortement connotée dans l’inconscient collectif.



  • 1 vote
    Joe Chip Joe Chip 3 août 00:02

    @tobor

    Quand on ne vit pas près du littoral en France, et que l’on se fait régulièrement piqué, c’est soit que l’on vit dans une zone marécageuse ou avec de l’eau stagnante à proximité. Pas d’eau stagnante, peu de moustiques.

    Si les épidémies progressaient aussi vite dans les pays du sud, ce n’est pas la faute du "vecteur" mais une conséquence de la croissance de la population, des implantations humaines mal pensées et de l’absence de politique ou de réflexion hygiéniste qui suffisent souvent à réduire le problème.

    Il y a des dizaines de sites sans compter les associations et les émissions de radio qui expliquent comment en amont supprimer ou réduire les points d’eau stagnants autour de chez soi et ainsi réduire les risques des piqûres de moustique.

    Le problème c’est que les gens ne veulent jamais sortir de la posture de consommateur individualiste. On écrase le moustique au besoin comme on se laisse aller à une envie de coca ou autre en pleine chaleur (ce qui est une très mauvaise idée) sans réfléchir à la raison de la présence du moustique. Au point que dans certaines communes du sud, les maires doivent prendre des arrêtés pour obliger les habitants à éradiquer leurs eaux stagnantes.





  • 4 votes
    Joe Chip Joe Chip 2 août 23:22

    Ce n’est même pas de l’antispécisme mais de l’anthropomorphisme puéril ("madame moustique et ses enfants") qui consiste justement à comparer les animaux aux hommes, contresens malheureusement fréquent chez les idéologues antispécistes. L’homme est un animal comme les autres mais l’animal n’est pas et ne sera jamais un homme quel que soit son degré d’intelligence ou de "sensibilité". C’est sur ce point que les antispécistes s’égarent totalement. Il aurait pu faire passer sensiblement le même message sans avoir recours à ce genre d’image maladroite et en expliquant que les insectes avaient leur place dans l’écosystème, au même titre que nous, ce qui n’est pas forcément le cas de certaines espèces de moustique invasives en France... 

    A titre perso, je m’abstiens tant que faire se peut de tuer les insectes qui ne sont pas des "nuisibles". Et j’avoue ressentir toujours une forme de dégoût quand je vois un beauf en sueur s’acharner à coups de tongs sur une pauvre bestiole attirée par le sucre que nous absorbons (alcool), la chaleur émise par nos corps ou des composés chimiques présents dans notre transpiration.

    Comme l’a dit un jour Choron, "l’homme est un fasciste envers tout ce qui vit"...

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