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Joe Chip

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    Joe Chip Joe Chip 5 janvier 22:04

    @Sentero

    Philippot incarne la déchéance du souverainisme en France, passé en 20 ans d’alternative politique sérieuse à "l’Europe de Maastricht ", représentée par des personnages comme Chevènement et Séguin, à niche politique pour affiliés sectaires (Rougeyron) et désaffiliés en tout genre (losers de la politique française, dissidents, soraliens, etc.). C’est vrai qu’il est tombé assez bas dans un registre digne d’un tabloïd, mais n’ayant plus de mandat électoral européen ou national il n’a plus vraiment le choix à part râcler les vieux fonds de pot sur le net en tapant sur les "boches".

    Au-delà il incarne aussi la décrépitude des élites administratives françaises. Voilà un type qui est passé par l’ENA et dont l’expérience professionnelle se résume à un passage par un institut de sondage (d’où son obsession pour les sondages bidons) et par l’inspection générale de l’administration. D’ailleurs c’est sa seule proposition politique, remettre de l’Etat et de l’administration partout.

    Comme tous les hauts-fonctionnaires, sans trop oser le dire, Philippot a une vision paternaliste et condescendante des Français, considérés au mieux comme des grands enfants qui seraient incapable de s’organiser ou de se conduire. Cela se reflète dans sa vision démagogique et ringarde de la politique. 

    Et comme tout haut-fonctionnaire qui se respecte, Philippot visiblement se surestime. Son passage par le FN a fait un temps illusion mais on voit qu’en dehors d’une structure politique historique conduite par une vraie personnalité dotée d’un charisme (MLP, quelque soit ses défauts, est une femme politique) il n’est arrivé à rien. 



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    Joe Chip Joe Chip 2 janvier 23:54

    Je voulais dire que tout ce qui se passe de l’autre côté de l’atlantique arrive ici, en léger différé... 



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    Joe Chip Joe Chip 2 janvier 23:51

    @Qaspard Delanuit

    Le ’marxisme culturel’ n’est pas un concept politique mais une théorie du complot issue de la droite conservatrice américaine qui n’a absolument rien à voir avec ce dont je parle. 

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Marxisme_culturel

    Les gens qui dénoncent le soi-disant "marxisme culturel" ne "déplorent" aucunement la substitution d’un paradigme essentiellement économico-social par un paradigme subjectiviste axé sur les questions d’identité. Au contraire, ils insistent pour dire qu’il s’agit de la simple continuation d’un courant de pensée d’origine européenne visant à détruire la culture occidentale, enfin américano-centrée, wasp, chrétienne, etc. 

    Pas la peine de préciser que je ne souscris à rien de tel et que pour moi il n’existe aucune conjuration de gauchistes multiculturalistes ayant juré la perte de l’Occident. D’ailleurs, de mon point de vue, la gauche identitaire américaine et la droite conservatrice américaine sont les deux faces de la même pièce. Le fait que ce paradigme soit en train de s’imposer en France, aussi bien à gauche qu’à droite montre à quel point nous sommes en voie d’américanisation accélérée ; tout ce qui se passe ici arrive de l’autre côté de l’atlantique, en léger différé. Après tout, on pourrait s’attendre à ce que des réacs authentiques cultivent des références "nationales" (Bernanos, Maurras, Joseph de Maistre, voire Charles Baudelaire ou Chateaubriand) au lieu de recycler et de ressasser toutes les lubies de la droite libertarienne américaine (pro-trumpisme, Qanon, critique du "marxisme culturel"...).

    Ce que vous faites s’appelle un biais de projection ou de faux consensus 
    (sous la forme du syllogisme : "Jean-Marie Le Pen dit que le soleil se lève, vous venez de dire que le soleil se lève, par conséquent vous devez être lepéniste"). Je vous laisse libre de vos pensées et de vos convictions, merci de me laisser libre des miennes sans y voir une confirmation ou une corroboration de vos propres idées.



  • 1 vote
    Joe Chip Joe Chip 2 janvier 22:28

    Déjà, de quoi on parle quand on dit "la gauche" aujourd’hui... il est pratiquement devenu impossible de définir ce terme sur le plan économique ou même social : il n’y a plus de prolétariat au sens marxiste du terme, il n’y a même plus de classe moyenne ou de salariat vraiment homogène mais une "atomisation" des conditions qui rend toute lecture de classe difficile, raison pour laquelle d’ailleurs une partie de "la gauche" s’investit maintenant dans les luttes identitaires, là où les lignes de fracture sont claires et visibles, même lorsqu’elles sont en grande partie subjectives : résultat, alors que "la gauche" marxisante n’avait que le mot "réel" à la bouche il y a 40 ou 50 ans, aujourd’hui c’est la subjectivité qui prime dans l’analyse de la société et des rapports de force, et pas n’importe laquelle, la subjectivité revendiquée, assumée comme parti pris légitime. C’est déjà une énorme différence par rapport à la gauche historique qui faisait du dépassement jusqu’au refoulement parfois excessif de la subjectivité (associée à l’idéalisme bourgeois trompeur) la condition même du combat politique. Ca peut d’ailleurs aller très loin, certains militants de gauche américains défendent ouvertement l’idée de déconstruire une partie de la réalité historique en d’en livrer une version délibérément mensongère 
    pour correspondre à leur vision idéologique de la réalité, en protestant, par exemple, contre tel jeu vidéo se déroulant dans la Bohême médiévale dans lequel on ne verrait aucun noir (ce n’est pas un délire de ma part, ça a existé), ou en demandant le remplacement systématique de tel ou tel personnage associé au canon du récit héroïque occidental par un personnage issu d’une minorité visible, et ce en dehors de tout contexte ou cohérence historique. 
    Et quand la question sociale est posée, elle est presque systématiquement mise à côté de la question de "l’origine" au sens identitaire du terme qui est même devenue la question première pour une partie de "la gauche". Aux USA certains sociologues s’alarment par exemple que l’augmentation exponentielle de la consommation de drogues dures ou de l’illettrisme au sein du "prolétariat blanc" soient quasiment devenues des tabous pour une partie de la gauche américaine. Les socialistes américains sont d’ailleurs assez critiques aujourd’hui envers les tenants des "identity politics" auxquels ils reprochent d’avoir bradé la question sociale au profit de luttes faisant parfois le jeu des capitalistes.
    Et en France, plus personne à gauche (à part peut-être un Piketty de manière assez abstraite et théorique et un Lordon dans un registre confidentiel et un peu sectaire) ne parle réellement d’économie, du niveau des salaires, de la généralisation de la précarité... en revanche il est chaque jour question dans les médias (et bien sûr sur les réseaux sociaux) de religion, de race et d’identité, Macron d’ailleurs prenant bien soin de brosser les uns et les autres dans le sens du poil avec son "en même temps". Car autant il était difficile de confondre défense du capital et défense du prolétariat sans se compromettre intellectuellement ou idéologiquement, autant l’identité est un critère beaucoup plus fluide et subjectif qui permet de balancer d’un côté ou de l’autre en fonction de l’actualité ou du public visé, rendant ainsi possible toutes les manipulations. Un coup je dénonce ces gauchistes adeptes du chaos reprenant les thèses indigénistes et coloniales, un coup je te balance en interview une petite périphrase sur le "crime de l’humanité" de la colonisation et le privilège blanc. Le pire c’est que cette incohérence marche sur le plan politique, un peu comme si les gens avaient acté le fait que la politique ne pouvait plus consister qu’à dire aux uns et aux autres ce qu’ils avaient envie ou besoin d’entendre. Ainsi se côtoient dans l’espace publique des discours opposés que tout le monde finit par tenir pour un peu vrai, chacun reconnaissant dans la subjectivité de l’autre le reflet inversé de sa propre subjectivité. Un Macron peut ainsi dénoncer simultanément la culture de la victimisation tout en affirmant l’existence du privilège blanc, sans que cela ne dérange personne. C’est un peu comme si je disais que les gens qui croient aux extraterrestres sont des mythomanes délirants, tout en concédant qu’il y a sans doute une part de vérité dans les histoires d’ovnis et de petits hommes verts (ou gris, pas d’essentialisme...). 
    Donc aujourd’hui, c’est difficile de dire ce qu’est un pauvre, un prolétaire, ou un homme (ou une femme, pas de sexisme) de gauche en se contentant de citer des indicateurs économiques objectifs. En revanche tout le monde voit ou croit savoir ce qu’est un "musulman", un "français de souche", voire un "bobo" qui est devenu un terme identitaire fustigeant des habitus culturels identifiés à une partie de la classe moyenne urbaine. 



  • 4 votes
    Joe Chip Joe Chip 21 décembre 2020 17:07

    @ZardoZ

    Par ailleurs les économies réalisées par la réforme des systèmes existants permettraient sans doute de financer une bonne partie de ce revenu.
    Mais le vrai verrou est psychologique. L’homme est tellement conditionné par le travail depuis l’existence des sociétés organisées que la seule idée de ne plus devoir travailler pour vivre constitue aux yeux de certains une proposition anthropologique impossible à accepter. On présume donc que l’homme, délié de cette obligation du travail se mettrait à dégénérer, à ne plus rien faire, à sombrer dans une oisiveté abrutissante. 

    En réalité un nombre grandissant d’économistes constate qu’une part de plus en plus faible du revenu des ménages est consacrée à la consommation utilitaire. Par conséquent, on ne pourra pas continuer à baser l’organisation sociale sur ce mode de production révolue où le travail permet la consommation et inversement. 
    L’automatisation et l’Intelligence Artificielle vont également supprimer la plupart des fonctions exécutrices, manuelle ou intellectuelles, libérant de l’obligation du travail une part grandissant d’individus qui ne pourront pas tous êtres reclassés ou reformés.
    Ensuite, beaucoup d’économistes dénoncent aussi le remplacement du travail d’autrefois (qui apportait un salaire mais aussi un statut dans la société) par les "bullshit jobs" ou boulots précaires qui n’ont parfois aucune utilité sociale sinon de maintenir superficiellement des gens dans l’emploi. 
    Comme il n’y a plus assez de travail pour tout le monde, on parle désormais de maintenir les gens dans l’employabilité, et donc en gros, on entraîne les gens à être de "bons" chômeurs, qui remplissent docilement leur fiche à la fin du mois, enregistrent leurs démarches, suivent des formations et des ateliers bidons qui coûtent en réalité beaucoup plus qu’ils ne rapportent. Plus rien ne justifie ce paternalisme institutionnel.
    La vérité c’est qu’on ne sait pas ce que feront les gens avec ce revenu universel. Certains en profiteront pour vivoter dans leur coin, c’est certain, et après tout, cela existait déjà avant que le principe du salariat s’impose. Des tas de gens, riches et pauvres, vivaient sans occupation statutaire ou suivie. 
    Mais beaucoup en profiteront sans doute pour reprendre des études, se consacrer à des activités peu lucratives mais socialement utiles sans avoir besoin de recourir à des administrations complexes (et coûteuses). Les plus ambitieux continueront de s’investir dans une carrière ou à vouloir gagner de l’argent ou acquérir un statut plus élevé. 
     Donc oui je pense qu’on y viendra naturellement, et que ce revenu universel accompagnera d’autres évolutions, notamment sur le plan démographique et environnemental. 

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