@maQiavel
La société canadienne est souvent montrée en exemple pour sa cohabitation relativement pacifique entre communautés, et à juste titre d’ailleurs. Ce que l’on met en revanche moins en avant, c’est que le Canada applique une politique migratoire à la fois ouverte et extrêmement rigoureuse, tant au niveau des critères de sélection (définis comme "objectifs") que des mesures appliquées contre l’immigration illégale et clandestine. Il y a des quotas par nationalités, par secteurs d’activité... un système à points qui avantagent les candidats avec le meilleur potentiel. Les Canadiens privilégient les immigrés de la zone asie-pacifique (Chine, Inde, Philippines) et les couples diplômés avec enfants (ingénieurs, professeurs, etc.). Autrement dit, un homme seul en provenance du Maghreb a très peu de chances de se voir délivrer un visa, sauf s’il apporte une compétence rare ou exceptionnelle. En outre il y a des charges salariales plus élevées pour les immigrés, une idée qui serait tout simplement assimilée à une odieuse discrimination raciste en Europe. Cette "discrimination" permet pourtant d’éviter l’effet de dépression salariale que l’on observe en Europe, et qui est le terreau du racisme au sein des classes populaires "autochtones". Au final le Canada fait venir des gens qui vont rapidement trouver un emploi et qui s’intégreront sans difficulté, souvent en quelques mois. Il est ensuite beaucoup plus facile pour les Canadiens blancs de se montrer "libéral" au sens propre du terme en accordant des concessions culturelles à des immigrés qui n’ont aucune raison objective de basculer dans le ressentiment ou la haine envers leur société d’accueil, d’autant plus qu’il n’existe aucun contentieux colonial ou historique.
Tout l’inverse de l’immigration de masse pratiquée par les pays européens.
D’où ce paradoxe : il vaut mieux discriminer les gens à l’entrée sur le territoire sur des critères objectifs, tangibles et universels (niveau d’études, formation, validité du projet, etc.) plutôt que se montrer faussement généreux (allocs, soins gratuits, etc.) en laissant ensuite le marché de l’emploi "trier" les trop nombreux candidats selon des critères impossibles à évaluer (et qui incluent évidemment des discriminations raciales, religieuses, etc.).