@Jean Keim
Je suis assez d’accord c’est pourquoi j’essaie de résister à la tentation d’une ironie tellement facile qu’elle en devient complaisante, surtout sur ce forum où l’on sait très bien que l’on est plus proche du fond du panier que de la voute céleste.
Une partie des gens qui se moquent de Jean sont bien plus barrés tout en n’ayant jamais eu le courage de faire autre chose que de commenter des trucs sur internet. Et sur l’échelle des valeurs, celui qui se trompe en faisant, en assumant sa subjectivité pure, est toujours au-dessus de celui qui sait ou plutôt qui se contente de croire savoir en ne faisant jamais rien, en ne proposant rien sur le plan individuel, se contentant d’attendre (et de croire) à une hypothétique révolution du système qui ramènerait l’ordre, la vérité et la justice sur terre. Il n’y a pas d’attitude plus servile.
A lire sur le sujet l’ouvrage lumineux de William James "Les variétés de l’expérience religieuse" dans lequel celui-ci propose de comprendre et d’analyser l’expérience religieuse en tant que telle, sans chercher à la réduire et et à la définir à travers un matérialisme médical ou empirique.
De plus, le "délire" de Jean reste individuel et spirituel. Je préfère largement cette posture à celle beaucoup plus inquiétante des "quiétiste-collectivistes" qui ne cherchent même plus à persuader les autres et s’emmurent avec leur vérité sectaire dans une attente apocalyptique. On voit très bien ce phénomène s’installer dans une partie de la communauté musulmane mais aussi chez les catholiques les plus réacs qui perdent de plus en plus le contact avec le réel, finissant par le renier pour pouvoir continuer à croire à leurs idées fixes et obsessionnels.
Paradoxalement, ce matérialisme religieux est en train de vider cette religion ou plutôt ce qu’il en reste de sa substance spirituelle et ontologique. Le mysticisme chrétien qui s’épanouissait encore au début du XXème siècle a pratiquement disparu, et pas à cause de la "modernité", de la science ou des franc-maçons sataniques, mais parce que ces croyants dogmatiques se sont paradoxalement laissés bouffer par le marxisme et les discours "économiques", "sociaux" ou "historiques" qu’ils croient avoir mis au service de leur lutte obsidionale. Ces gens n’ont plus la ferveur et l’innocence des croyants authentiques. Comme le Christ l’avait envisagé, ils se renient eux-mêmes en rejetant le blâme sur les autres. Ils ont perdu le contact avec la foi qui peut déplacer les montagnes. Ils le savent. Ils le sentent. C’est pourquoi ils investissent désormais toute leur énergie ou leur rage dans cette lutte "anti-système" qui est devenue à la fois le palliatif et l’exutoire à cette perte de la foi, à cette perte de l’intimité avec Dieu.