LE LIVRE DE PHILIPPE DE VILLIERS PARU CE 6 MARS 2019 APPORTE DE NOUVELLES RÉVÉLATIONS ACCABLANTES SUR WALTER HALLSTEIN, CONCEPTEUR DE LA "NOUVELLE EUROPE" ET ENSEIGNANT LE NAZISME AUX TROUPES DE LA WEHRMACHT.. ;
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Le livre de Philippe de Villiers qui a paru ce jour aux éditions Fayard est riche de confirmations et de nouvelles informations - sourcées - accablantes sur l’origine nazie de la construction européenne et sur le passé de Walter Hallstein. Il confirme en tout point - et va même bien au-delà - les informations que j’ai données dans mes conférences sur les "origines cachées de la construction européenne".
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Le livre donne notamment confirmation du rôle éminent de Walter Hallstein, un intime de Hans Franck, dans la nazification du droit et l’élaboration du projet de "Nouvelle Europe" à partir de la conférence de Rome de 1938 :
Extrait des pages 194-195 :
Plusieurs documents exhumés des archives fédérales – les Bundesarchiv – de Berlin et Coblence confirment que le professeur Hallstein a, pour le moins, minimisé ses relations avec le national- socialisme.
La Fédération des juristes nationaux-socialistes a été fondée en 1928 par Hans Frank et affiliée au parti hitlérien, le NSDAP, devenue en 1936 le NSRechtswahrerbund, NSRB.
Hans Frank devait devenir ministre et gouverneur – on devrait plutôt dire « bourreau » – de la Pologne. Les membres du NSRB étaient considérés comme « incarnant la pensée juridique nationale-socialiste ».
Afin de l’aider dans sa mission pour la nazification du droit allemand, Frank créa l’Académie de droit allemand. Walter Hallstein y a œuvré comme expert auprès de quelques-uns des quarante-cinq groupes de travail.
L’Académie s’emploie aussi à façonner l’Europe nouvelle par un intense « échange entre les “vérités juridiques” fascistes et nationales-socialistes maintenues par les juristes pratiquant la science et la jurisprudence ».
C’est dans l’auguste décor du Capitole qu’est célébrée cette glaçante « syntonie entre fascisme et national-socialisme ». La première conférence organisée par la Commission pour les relations juridiques italo-germaniques se tient ici, à Rome, du 21 au 25 juin 1938.
Dans son discours inaugural, le ministre du Reich Hans Frank s’enflamme : « Pensez allemand, agissez en allemand, professez votre essence allemande et soyez fier d’être allemand ! Vous préférez mourir allemand plutôt que de nier votre origine allemande ! De ce sentiment profond de votre race découle la plus haute règle de tout votre comportement envers la société ! De cette foi dans le pouvoir de notre peuple découle notre conception du problème de la race : selon notre législation, n’est allemand que celui qui est de sang allemand, c’est-à-dire de sang aryen. »
Au dehors, du haut de sa monture de bronze, la figure de Marc Aurèle affiche une moue sévère tandis que la main du sage empereur semble nous mettre en garde : « N’entrez pas, malheureux ! »
À l’intérieur, un jeune universitaire à l’allure frêle affiche, lui, derrière ses petites lunettes, son visage impassible.
Le professeur Hallstein est assis parmi la délégation des quinze juristes de haut niveau conduite par le ministre du Reich. En écoutant religieusement exalter « le génie législatif incomparable de Mussolini et de Hitler », le jeune universitaire Hallstein ne se doute pas que l’Histoire, dans toute son ironie, le ramènera ici même, au Capitole, dans presque vingt ans, pour signer, au nom de l’Allemagne post-hitlérienne, le traité européen devant amorcer sa rédemption.
Pour l’heure, sa tâche est de contribuer à jeter les bases juridiques de l’unification une fois que les armes auront donné au Reich allemand sa dimension européenne : « Das neue Europa ».
Ces travaux se déroulèrent dans la foulée du fameux voyage du Führer en Italie en mai 1938, accompagné de ses ministres Hess, Goebbels, Himmler, von Ribbentrop et Hans Frank justement. Cinq cents personnes arrivées par trois trains spéciaux y avaient été accueillies par Mussolini et le roi Victor-Emmanuel à Rome dans une gare spécialement construite pour l’événement. Le quotidien La Nazione publiera la liste complète des membres de l’aristocratie et de la bourgeoisie allemande, ainsi que du parti fasciste local qui assistèrent à la représentation d’un opéra de Verdi, au théâtre communal après le dîner de gala.
Nous sommes à la veille du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale par les puissances de l’Axe. Le ministre Hans Frank remercia chaleureusement le jeune professeur Hallstein, de Rostock, en lui disant « son admiration pour ce que la jurisprudence allemande vous doit », avant d’ajouter son espoir qu’en Italie « il soit possible de remplacer l’idée stérile mais pourtant puissante, issue de la conception française d’une unité des familles latines, par le programme plus fécond d’une école allemande ; l’unité et donc la préservation de la culture juridique européenne peuvent, je crois, en sortir très gagnantes ».
Le dignitaire nazi, grand admirateur du professeur Hallstein, sera condamné à Nuremberg pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité, et pendu en 1946.