Le problème des Grecs, comme celui des Français, est l’absence de souveraineté couplée à l’absence de démocratie. Si les déclarations de guerre ou l’accueil de populations étrangères étaient décidés par les peuples grâce à des procédés effectivement démocratiques (fondés sur l’organisation méthodique de débats publics), de nombreuses disputes stériles seraient évitées. Non pas que la souveraineté et la démocratie suffisent à éviter les erreurs ou à transformer une société en paradis terrestre, mais elles permettent au moins de tirer des leçons de ses erreurs et de savoir pourquoi il est parfois nécessaire de se battre.
Cependant, des théoriciens aux commandes ont cru bon, il y a quelques décennies, d’inventer une Union Européenne de papier qui ne correspond en réalité à aucune conscience politique européenne. Ne sachant pas concrètement en quoi consisterait cette nouvelle Europe unifiée qu’il fallait faire à tout prix "parce que c’était moderne" et "parce que c’est notre projeééééé !!", les technocrates ont eu l’idée très intelligente de commencer par détruire rapidement les nations qui composaient l’ancienne Europe et qui s’étaient constituées sur plusieurs siècles ou plusieurs millénaires. Tout en désespérant la plus grande partie des populations par l’appauvrissement et l’humiliation. Nous nous retrouvons ainsi dans la situation d’équipages de plusieurs navires que leurs capitaines auraient entrepris de tous désosser sur une mer tumultueuse dans l’idée de construire un magnifique bateau commun géant qui pourrait théoriquement résister à tous les orages et toutes les batailles. Le résultat ? Nous voilà tous à la flotte sur des radeaux d’infortune ou accrochés à des planches. Bref, ce sont les anciens peuples européens qui sont les migrants perdus en quête de cette nouvelle Terre promise d’Europe.