@Norman Bates
Un jour j’avais écrit : "Les chansons révolutionnaires révolutionnent tout sauf la musique." (et on dirait presque une vraie citation !)
Disons que j’ai moi-même un parcours musical et que mon jugement est radical parce que la musique est formatée par la gamme tempérée et la formation basse/batterie/guitare qui agissent comme des œillères dans un terrain beaucoup plus vaste et foisonnant. Et cette réduction m’exaspère !
Les émotions que véhiculent les accords de la gamme tempérée sont répertoriées, donc, selon le point-de-vue/l’usage, c’est un potentiel outil de manipulation émotionnel (les messes évangélistes accompagnées de soulmen exploite ça à fond pour appuyer le discours)... En plus, les fréquences en présence sont aussi déterminantes sur nos vibrations et pas forcément les plus optimales (conflit 440 contre 432). Un rigoureux principe mathématique régit l’équilibre général et les rapports entre notes et accords avec différents codes. Les secrets de la gamme ne sont pas accessibles intuitivement et les instruments demandent un apprentissage qui peut mener à se lancer dans un projet avec ses quelques billes ou à travailler sa virtuosité. Tout est canalisé et suit des mouvements, des héros, des tendances voulues par des producteurs, des succès voulus par les merdias... Et une Kate Bush est là qui offre son talent vocal, son originale virtuosité de la gamme pour faire frémir dans les chaumières. Oui, elle n’est pas la soupe industrielle, elle relève le niveau des grands labels (
EMI (depuis 1975),
Columbia Records (1989-2009),
Legacy Recordings (depuis 2010), Fish People (division d’EMI ; depuis 2011) ) mais le méritent-ils ?
Et je ne mets pas du tout l’ensemble aux chiottes, il se sont fait de grandes et belles choses bien sûr, dont sans doute son 1er 45T, mais pratiquement jamais rien en dehors du créneau de cette foutue gamme n’a vraiment droit au chapitre "publique". On crie à l’émerveillement dans son petit carré tracé au sol en guise d’architecture, omettant qu’il y a tout le décor autour potentiellement visitable...
À mon sens, il y a deux recherches intéressantes hors de ce moule : L’aspect convivial/tribal de la musique et l’aspect expérimental. Tout ce qui est expérimental en musique a été fortement connoté "glauque" voir pervers (merci GP Orridge) voir chiant mais ce n’est absolument pas une généralité, il y a des chose fascinantes et mécanismes subtiles et étonnants à observer et qui ouvrent l’esprit ! Mais ces choses sont insignifiantes au grand nombre, n’existent pas car pour tous et toutes, la musique vient du poste, du merdia. Alors je me venge en descendant les grosses prods, quoi de plus normal ?
Non pas que j’envie la place pour voir se pavaner à la place des choses que j’apprécie mieux ! Je préférerais franchement que les gens s’intéressent à ce qui se fait en proximité, les choses accessibles en vrai, les concerts, que les gens s’intéressent aux sons, se laissent fasciner par des choses simples et didactiques plutôt que de flasher sur des clones (ou clowns si venant du mime) édulcorés en mondiavision...