@TchakTchak
Exemple : j’ai toujours aimé la cuisine, ça
me lave la tête, c’est mon truc. Maintenant, c’est ma
prière,
C’est une spiritualité non religieuse, laïque. J’ajoute une spiritualité équilibrée avec la matière puisque la bouffe c’est matériel. Il y a des spiritualités sans "matière" ou on essaie d’oublier le corps le plus possible, ce sont des "spiritualisme", certains spiritualisme sont laïque (la branche spirituelle de l’ufologie par exemple).
Ben l’équilibre matière/esprit, on ne réfléchit
qu’à ca ici, non ? (en tout cas pour moi).
Le problème c’est que cet équilibre ne peut pas s’appeller "spiritualité", puisque spirit / esprit, c’est la même chose. On peut pas appeller "équilibre matière / esprit" la spiritualité, ça serait comme dire l’équilibre froid/chaud est le chauffage.
Ca n’a pas de sens.
Donc j’ai du revoir le sens du mot spiritualité avec sa connotation positive d’équilibre, de sagesse tel qu’on le considère généralement.
Ce faisait, tout d’un coup, m’a sauté à la gueule toutes les dérives de la spiritualité, que je n’avais pas vues avant à cause de cette connotation positive.
C"est comme si je venais de retirer des lunettes rosifiantes et que tout un tas de contrastes m’apparaissent maintenant clairement.
Et en voyant ça, je comprends que certains se tournent vers le matérialisme en réaction, pour ré-équilibrer le bousin.
C’est justement pile poil ce que je dis : notre civilisation est fondée sur des prémices spiritualistes (chrétiennes), nos institutions sont relativement spiritualistes (fondées sur le libre-arbitre en somme), donc on a eu des contre-réactions populaires matérialistes ici et la, et actuellement nous sommes dans une réaction à la réaction avec un retour d’une période plus spiritualiste (avec le wokisme entre autre qui émane des milieux universitaires, et qui gangrène les plus hauts niveaux politiques, c’est pas juste un petit épiphénomène).
pour être plus précis je dirais que ça a commencé équilibré avec un tropisme spiritualiste
Voila mon analyse, elle s’oppose frontalement à celle de Guénon, parce que j’estime que notre civilisation est spiritualiste plutôt que matérialiste, et que Guénon ne l’a pas vu car il était lui même spiritualiste, produit de cette civilisation.
Après il y a la laïcité qu’on enseigne à l’école, qu’on
débatte à la tévé, avec les grands principes éthérés.
les grands principes éthérés c’est presque une définition du spiritualisme. C’est ce que je dis depuis le début, et en plus tu dis toi même que tu te tournes vers la cuisine (une forme de matérialisme) pour compenser parce que le matérialisme mercantile ne te nourrit pas spirituellement. Tu cherches un équilibre donc.
Le mercantilisme matérialiste lui étant le sous-produit du libéralisme (qui, je le redis était plutôt équilibré pour son époque parce que compensé par un sentiment religieux fort qui a disparu entre temps pour être remplacé, mais il y a eu la dérive rationaliste et individualiste).
Du coup, qu’est-ce que je changerais moi ?
Au lieu de fonder une philosophie et des institutions sur le libre-arbitre, je le ferais sur la maximisation des degrés de liberté de penser, parole et action. Je pourrais appeler ça le liberagisme. La liberaction pour marquer la différence avec le libre arbitre rationaliste complemement étheré. Ca peut sembler n’être qu’un rebranding mais je pense qu’on retrouve plus l’équilibre corps-esprit ainsi, et qu’à partir de la, on reconstitue des lois différentes parce qu’on admet dès le départ qu’on est dans un corps animal avec des besoins. Le racialisme ou la xénophobie ne sont plus des pulsions animales à éliminer parce qu’elles sont des déterminismes qui s’opposent à l’esprit libre et aimant, mais ce sont des mécanismes évolutifs qui assurent notre survie et dont il ne faut pas se passer, mais il ne faut pas pour autant nous vautrer dedans car nous avons aussi des esprits qui veulent s’épanouir et se sentir libre.