@Gaspard Delanuit
D’accord, vous m’aviez déjà parlé de cette pratique et je comprends mieux avec le coup de projecteur
d’arthes. Ce sont des états de pensées,
ou états d’âmes différents. Mais cet "état
contemplatif" (j’ignore comment appeler ça, cela intéressait déjà
Parménide, Aristote, est-ce le non-être, bref…) est-il possible sans schémas de
pensées préalables ?
Cela concerne l’umwelt, le monde intérieur propre en miroir de celui extérieur en fonction de
nos sens. Certains peintres arrivent à faire entrevoir le leur en art brut (et
les mondes intérieurs sont très divers). Il faut une perception intelligible
(avoir "cueilli parmi") préalable pour être capable de pensée "contemplative". Après, c’est la poule et l’œuf, entre le
contemplatif et l’intelligible, mais (en tout cas il me semble) l’un nourrit l’autre.*
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Dans Rain man, la scène de l’autiste qui "voit" d’un coup qu’il y a 246 cure-dents tombés par terre, décrit une réalité :
certains autistes ont cette capacité particulière, absente, ou en tout cas peu
accessible, pour le commun des mortels (Oliver Sachs, par exemple, les a bien décrits
dans Un anthropologue sur Mars). Mais cela veut dire aussi que cet autiste,
pour "voir" ça, connait au moins les nombres. Sinon, c’est du
simple chaos de celui qui est non éveillé.
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* Carnaval d’Arlequin, de Miro, est pas mal pour ça. C’est
la première chambre de notre enfance, le premier univers. Il y a toutes sortes
d’objets dont on devine mal les fonctions, mais on pressent qu’elles en ont
une. On a la liberté de chercher ou inventer des fonctions et comme ce n’est
pas encore nommé, les objets ont une intensité, un relief, un charme, un anima
particuliers.
Il y a une étape cognitive de l’enfance, où quand il joue avec une petite voiture ou une poupée, il sait être dans pour la conduire ou être une femme. Peut-être est-ce cela que vous avez récupéré.