@yoananda2
.
Sur les autres manières de penser, j’ai aussi été le premier
à parler de conscience des plantes : elles interagissent musicalement,
pourvu qu’on leur branche des claviers numériques et autres études. J’ai fait
promotion de la thèse que la Terre est un être vivant, James Lovelock, un OVNI
pas digéré par la science académique, mais qui a ouvert une brèche dans
laquelle se sont engouffrés des centaines de scientifiques, notamment Jane
Simard, pour une découvreuse connue, ou Bruno Latour dont on parle puisque mort
récemment aussi. C’est en ce sens que j’avais parlé « d’enrichissement »
avec l’introduction progressive des espèces dans la biosphère, y compris
microscopiques tout n’a pas été
introduit anarchiquement, mais progressivement, même avec des aléas et des
recommencements, voire disruptions, après les différentes extinctions. Vous m’avez aussi apporté des découvertes, je ne
compare pas la taille des bites ici, j’ai bien aimé la Lyfe.
.
Je n’ai toujours pas envie de revenir sur le christianisme,
j’ai déjà dit qu’il a fait son temps. Même si je considère que l’Islam sera pire pour la France. Je suis d’accord avec Chateaubriand (pas récent…) : « Chassez
le christianisme, vous aurez l’islam ». C’est le paradoxe de la tolérance
de Popper : je suis bien d’accord que le substrat culturel laissé par le christianisme est beaucoup trop
tolérant. Vu où je suis, c’est dans l’animisme que je m’enfonce, donc bon,
le théisme et moi…
.
Pour les humains, ils ont des mains, peuvent déplacer ce qu’ils
prennent et fabriquer, c’est plus difficile avec des nageoires ou des pattes.
Et ils ont développé la conscience d’être conscients. Il y a d’autres formes d’intelligences
chez les autres créatures, qu’on commence enfin à découvrir, les plantes déjà
évoquées et on avance en phénoménologie (comment c’est d’être fourmi, cerf,
poulpe…). Reste qu’il y a un différentiel avec les humains, en tout cas « compétitif »,
qui se sont emparé des ressources et possibilités de la planète. Un
différentiel trop important dans la biosphère, c’est n’est pas forcément bon
non plus, trop destructeur. Sommes-nous une erreur de Gaïa ? Elle seule le
sait.
.
Sur l’artificiel, le culturel, Lucien Malson a repris dans « Les
enfants sauvages » le journal du docteur Itard et continué dans son bouquin
avec un cours sur la différence entre nature et culture. C’est limpide et
magistral. C’est pas mieux ou moins bien, c’est comme ça. Et la culture c’est difficile,
ça fabrique des schémas de pensées qui peuvent être mauvais, piégeant, on croit
que, mais ce n’est pas ça (les trois religions abrahamiques par exemple, qui
ont déclenché entre elles un piège infernal dont les effets sismiques destructeurs
augmentent aujourd’hui en intensité).
.
Si on coince parfois entre nous, je pense que ça vient d’une
différence de tempérament plutôt que du partage ou de la confrontation d’idées.
Corrigez-moi, si je me trompe, vous avez le tempérament du guerrier. Guerrier
militaire, économique, idéologique… Les sociétés en ont besoin, on le sait
depuis Dumézil, même avant. Moi, c’est le tempérament constructeur. Je suis
plus intéressé au fonctionnement des sociétés, comment ça vit, pourquoi ça
marche, ou pas, leurs plus-values, singularités. Ce qui fait, je pense nos
regards différents, on a constaté, sur la science, le pouvoir. Et ce n’est pas
un bien ni un mal, c’est comme ça, question de svabhava.